L'info' en bref
Affichage environnemental, climat, écorégimes...

David Duvernay
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L'essentiel de l'information agricole nationale et régionale de ces dernières heures, à lire chaque lundi, mercredi et vendredi dès 9 h.

Affichage environnemental, climat, écorégimes...

Affichage environnemental : la filière laitière livre ses propositions

Dans le cadre de la loi relative à la lutte contre le gaspillage et à l'économie circulaire, l’interprofession laitière (Cniel) a remis son projet d’expérimentation d’un affichage environnemental sur les produits alimentaires au ministère de la Transition écologique et à l’Ademe, fait savoir l’organisation dans un communiqué le 15 juillet. Elle préconise, afin de pallier les "lacunes actuelles" de l’analyse du cycle de vie (ACV), "une méthode qui permette de regrouper dans un score agrégé à la fois les indicateurs ACV existants ainsi que le stockage carbone et la présence d’infrastructures agroécologiques sur les exploitations laitières en tant que contribution au maintien de la biodiversité". L’objectif: "mieux capter les externalités spécifiques aux produits issus de l’agriculture et de l’élevage". Elle recommande également de "dématérialiser l’affichage environnemental grâce au QR code afin de dépasser (…) la contrainte de taille de l’étiquetage sur les emballages" ainsi que la mise en place d’un système "unique" et "adapté à tous les modèles et tailles d’entreprises, aux PME comme aux plus grandes (…) en laissant la possibilité d’alimenter le système d‘affichage avec des données génériques, semi spécifiques ou spécifiques".

Coûts de production : fabricants de lait et de céréales du petit déjeuner s'alarment

Les alertes des industriels se poursuivent face à la flambée des coûts de fabrication. Le 15 juillet, c’est au tour des fabricants de lait (syndilait) de consommation et de céréales du petit-déjeuner de tirer la sonnette d’alarme dans des communiqués de presse distincts. Outre la forte hausse des cours des céréales, de l’huile et du sucre, les deux industries alertent sur les fortes tensions que connaissent les marchés du carton, de l’aluminium et du plastique nécessaires aux emballages. "Représentant un poste de dépense important pour nos entreprises, ces hausses ont donc un impact majeur sur le coût final des produits", assure le syndicat des céréales du petit-déjeuner. De leur côté, les laiteries estiment la hausse de leurs coûts de production jusqu'à + 8% en un an. Pour faire face, les industriels demandent la prise en compte de ces hausses par leurs acheteurs dans un contexte de stagnation ou de déflation des prix. Si la demande est plus timide du côté des fabricants de céréales du petit-déjeuner, le Syndilait demandent clairement aux "distributeurs de prendre en compte la réalité des coûts de production dans leurs prix d'achat aux laiteries ». "Les consommateurs sont prêts à payer le lait français à sa juste valeur", assure-t-il.

Climat : Bruxelles dévoile son vaste plan fixant des objectifs ambitieux à l'agriculture

La Commission européenne a présenté le 14 juillet son paquet législatif d’ajustement au nouvel objectif climatique de l’UE (-55% d’émission en 2030) constitué de douze textes législatifs qui prévoit entre autres de nouvelles exigences pour l’agriculture et les transports ainsi qu’une taxe carbone. L’agriculture continuera à faire partie jusqu’en 2030 du règlement sur le partage de l’effort (avec les secteurs du bâtiment et des transports). Dans ce cadre, les objectifs nationaux seront réévalués en vue d'une réduction à l'échelle de l'UE de 40% par rapport à 2005 d'ici 2030 contre un objectif de -30% aujourd'hui. Puis à partir de 2030, les émissions hors CO2 de l’agriculture intègreront le secteur de l’utilisation des sols et de la foresterie avec, pour le nouvel ensemble, un objectif de neutralité climatique à l’horizon 2035. Pour aider l’agriculture à s’adapter la Commission européenne présentera d’ici la fin de l’année une communication sur l’agriculture décarbonnée avec de nouveaux modèles de soutien aux agriculteurs fondés sur des incitations à l’exploitation du carbone et sur la certification des absorptions.

… et 40% d’énergies renouvelables dans les transports en 2030

Dans le cadre de la nouvelle révision de la directive Energies renouvelables, l’objectif dans les transports est porté à 40% en 2030 contre 32% actuellement. Bruxelles propose aussi de réduire à zéro les émissions de CO2 des voitures neuves dans l'UE à partir de 2035, ce qui entraînerait l'arrêt des ventes de véhicules essence et diesel à cette date. De plus, un nouveau système d'échange de quotas d'émission distinct de l'actuel serait mis en place pour la distribution de carburant pour le transport routier et les bâtiments. La limitation d’utilisation des biocarburants issus de cultures alimentaires est, elle, maintenue à 7% mais un nouvel objectif de 2,2% de biocarburants dits avancés est fixé pour 2030. Enfin, la Commission propose la mise en place progressive d’un mécanisme d’ajustement carbone aux frontière de l’UE applicable aux secteurs couverts par le système d’échanges de quotas carbone qui exclut donc l'agriculture mais inclut les engrais. L'ensemble des douze propositions mises sur la table sera discuté dans les mois à venir au Parlement européen et entre les États membres et pourrait être assez largement remanié.

Ecorégimes: la FNSEA et la Conf' réservent un accueil mitigé aux derniers arbitrages

Réagissant à la suite du Conseil supérieur d'orientation (CSO) de l'agriculture, le 13 juillet, au cours duquel Julien Denormandie a présenté de plus amples détails de sa déclinaison nationale de la future Pac (PSN), la FNSEA et la Confédération paysanne (Conf') ont réservé un accueil mitigé aux principaux arbitrages qui portaient sur les futurs écorégimes. Certes, dans un communiqué, la FNSEA "salue la décision du ministre de retenir plusieurs voies d'accès pour l'écorégime, fondées sur un nombre limité de mesures, qui permettent de rémunérer les services rendus par le maintien ou la mise en place de pratiques agronomiques favorables par les agriculteurs français". Mais le syndicat majoritaire "regrette toutefois le choix de deux niveaux d'éco-régime, conduisant à moins accompagner financièrement les agriculteurs en phase d'adaptation de leurs exploitations." De même, la Plateforme pour une autre Pac (Conf, Fnab, ONG...) estime dans un communiqué que "certains vont plutôt dans le bon sens, comme le bonus pour les haies qui sera attribué dans le cadre de l’éco-régime." Mais dans un autre communiqué propre à la Conf', le syndicat agricole minoritaire regrette que "l’agriculture de précision, dont nous avions obtenu l’exclusion des éco-régimes, (revienne) par la petite porte, via la certification, alors qu’elle n’a rien d’une "agriculture de la sobriété"".

PSN : les chambres soulignent des "avancées" dans les derniers arbitrages

Réagissant aux derniers détails du projet de déclinaison nationale de future Pac que Julien Denormandie a présentés le 13 juillet en Conseil supérieur d'orientation agricole (CSO), les chambres d'agriculture (APCA) font part de leur satisfaction dans un communiqué paru le 13 juillet. Globalement, "les annonces du Ministre vont en faveur d'une Pac d'équilibre, une Pac qui donne un signal positif à l'engraissement, au secteur laitier, et aux zones défavorisées, une Pac qui encourage la production de protéines via des aides couplées et des programmes opérationnels, une Pac qui soutient les zones de handicap et défavorisées", se félicite l'APCA. Concernant plus particulièrement les futurs écorégimes, les chambres saluent des décisions qui ont permis "d'adapter aux territoires" la voie d'accès par les pratiques agronomiques en grandes cultures (système à points de diversité des assolements). Elles accueillent également favorablement la création d'un certification environnementale de niveau 2 renforcé (CE2+), qui permettra l'accès au niveau de base des écorégimes par la voie de la certification. Cité dans le communiqué, le président de l'APCA Sébastien Windsor promet que son réseau "mobiliser(a ses) équipes afin que chaque agriculteur comprenne et anticipe cette nouvelle Pac, notamment pour que chacun puisse accéder dès 2023 au paiement de l’éco(régime)."