L'info' en bref
Loi Climat, taxe américaine, glyphosate...

David Duvernay
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L'essentiel de l'information agricole nationale et régionale de ces dernières heures, à lire chaque lundi, mercredi et vendredi dès 9 h.

Loi Climat, taxe américaine, glyphosate...

Loi Climat : le ministère de la Transition écologique sera ferme sur le volet agricole

Le cabinet de la ministre de la Transition écologique a indiqué le 14 juin à la presse que les principales dispositions du volet agricole feront partie de ses «points durs» sur la loi Climat, alors que les sénateurs démarrent l’examen en séance publique. Sur le menu végétarien, "nous n’allons pas expérimenter de deux ans en deux ans jusqu’au bout", affirme le cabinet, regrettant la proposition des sénateurs de rallonger le dispositif prévu par Egalim de deux années supplémentaires. En matière d’engrais, "le Sénat propose une trajectoire bien moins ambitieuse que l’équilibre que nous avions trouvé", déplore l’entourage de Barbara Pompili. Un amendement déposé par le gouvernement rétablit donc la rédaction initiale de l’article, en supprimant le plan Eco’Azote proposé par les sénateurs sur le modèle d’Ecophyto. Dernier point "bloquant" : la lutte contre l’artificialisation. Pour le gouvernement, la suppression des objectifs régionaux contraignants "met en danger l’ensemble du dispositif et les objectifs nationaux". Le ministère indique en revanche accueillir avec "beaucoup de bienveillance" la proposition du sénateur écologiste Joël Labbé d’interdire les utilisations d’engrais dans les espaces verts, hors usages agricoles.

Réchauffement : risque accru de gel tardif en arboriculture et viticulture (chercheurs)

Le réchauffement climatique accentue le risque de gel tardif en arboriculture et viticulture, ont indiqué le 14 juin deux chercheurs du World weather attribution (programme d’étude sur les effets possibles du changement climatique). Leurs conclusions: la probabilité que des événements comme le gel d’avril, qui a dévasté les vergers et les vignobles, se reproduisent s’accentuera si la température globale continue de monter. Et cela non pas parce que le gel sera plus intense, mais parce que la végétation aura démarré plus tôt. Les deux chercheurs, Robert Vautard (CNRS) et Nicolas Viovy (CEA), publient le 14 juin un rapport liant le gel d’avril dernier au réchauffement global. Leur étude "montre qu’une élévation de deux degrés de la température globale entraînerait une hausse de 40% de la probabilité de voir ce genre d’événement se reproduire", a dévoilé Robert Vautard.

Airbus/Boeing : UE et États-Unis prolongent de cinq ans la suspension des sanctions commerciales

Dans le cadre du sommet UE/États-Unis à Bruxelles, les deux parties ont réussi à s’entendre le 15 juin, pour prolonger de cinq ans la suspension des droits de douane décidée début mars afin de résoudre le conflit Airbus/Boeing. Pour le commissaire au Commerce, Valdis Dombrovskis, cela permettra d’avoir "le temps et l’espace pour trouver une solution durable grâce à notre nouveau groupe de travail sur les aéronefs, tout en économisant des milliards d’euros de droits pour les importateurs des deux côtés de l’Atlantique". À travers cette décision, Washington va suspendre les droits de douanes additionnels de 25% ad valorem sur 7,5 Mrds $ de produits européens (dont 3 Mrds $ environ de produits français, notamment des vins et spiritueux) en vigueur depuis octobre 2019 alors que de son côté, Bruxelles suspendra aussi ses droits de rétorsion sur 4 Mrds $ de produits américains imposés depuis le 10 novembre dernier. Proche du dossier, le président de la Commission de l’Agriculture du Parlement européen, Norbert Lins a indiqué que "cette étape doit être suivie d’autres: nous avons notamment besoin de beaucoup plus d’accords transatlantiques, notamment sur les questions commerciales, mais aussi sur l’agriculture". De leur côté, les exportateurs de vins et spiritueux français (FEVS), durement touchés par la taxe Trump (tous les vins tranquilles depuis le 12 janvier dernier), préviennent que "le dossier n’est pas encore réglé définitivement". À cette fin, ils appellent les deux parties "à profiter de cet élan et de cette coopération retrouvée pour poursuivre les efforts et clore définitivement ce conflit".

Glyphosate : l'évaluation européenne préliminaire ne conclut pas à la cancérogénicité

La France, la Hongrie, les Pays-Bas et la Suède, les quatre États membres du l'UE de groupe d'évaluation du glyphosate, ont rendu le 15 juin leur rapport qui ne propose aucune nouvelle classification pour l’herbicide dont l’autorisation de mise sur le marché expire le 15 décembre 2022. Le glyphosate a actuellement classé dans l’UE responsable de lésions oculaires graves et comme toxique pour la vie aquatique avec des effets durables. Les quatre États membres concluent qu’aucune classification supplémentaire pour la mutagénicité des cellules germinales, la cancérogénicité ou la toxicité pour la reproduction n'est justifiée. Ce travail, de 11 000 pages (contre en moyenne 5 000 pages pour ce type de dossier), est désormais entre les mains de l’autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) et à l’agence européenne des produits chimiques (ECHA) qui vont devoir finaliser l’évaluation des risques du glyphosate. Leurs conclusions sont attendues fin 2022 et serviront de base à la Commission européenne pour proposer, ou non, le renouvellement de l’herbicide aux États membres de l’UE qui devront alors se prononcer. L'ONG Générations futures a qualifié ces conclusions préliminaires de "scandale" alors que les effets cancérogènes du glyphosate sont "pourtant reconnus par la communauté scientifique mondiale".

Egalim 2 : le rapporteur favorable à une alternative à la transparence dans les CGV

Grégory Besson-Moreau, auteur et rapporteur de la proposition de loi (PPL) visant à protéger la rémunération des agriculteurs dite Egalim 2, a annoncé, en préambule de l’examen en première lecture du texte en commission des affaires économiques le 15 juin, qu'il était favorable à une alternative à la transparence dans les conditions générales de ventes (CGV) des fournisseurs de la grande distribution. En effet, telle qu’initialement écrite la ppl prévoit que les "matières premières agricoles utilisées et leur prix d’achat devront figurer dans les CGV". "Je comprends les réticences des transformateurs qui ne souhaitent pas devoir inscrire noir sur blanc dans leurs CGV ces informations", a expliqué le député de l’Aube. L’alternative qu’il a évoqué consisterait à recourir à un "tiers indépendant" (également appelé tiers de confiance). De nombreux amendements restant à examiner ont été déposés sur cette partie du texte. Lors de cette session, les députés ont également adopté un amendement du rapporteur visant à "prendre les indicateurs de coûts de production comme socle de la négociation" entre le producteur agricole et leur premier acheteur. La loi Egalim prévoyait jusque-là leur prise en compte uniquement. "Les indicateurs de coûts de production sont la clé de voûte pour protéger la rémunération des agriculteurs", défend Grégory Besson-Moreau.

Le marché du biocontrôle a augmenté de 9 % en 2020 (syndicat)

IBMA France (entreprises du biocontrôle) a annoncé le 15 juin une croissance de 9% du marché du biocontrôle (en valeur) l’an dernier. "En hausse de près de 9%, le chiffre d’affaires 2020 des produits de biocontrôle en France s’élève à 236 M€", d’après le syndicat dont le baromètre est constamment dans le vert depuis sa création en 2014. Ce type de solutions, qui regroupe substances naturelles, médiateurs chimiques, macro et micro-organismes, représente "plus de 12% du marché de la protection des plantes", soit un point de plus par rapport à 2019, ajoute le communiqué. Fort de cette évolution, IBMA confirme son objectif de porter le biocontrôle à 30% de parts de marché d’ici 2030. Le syndicat compte sur la stratégie nationale de déploiement du biocontrôle, publiée le 10 novembre par le ministère de l’Agriculture. Sa mise en œuvre "devrait répondre aux grands enjeux" que sont le déploiement des solutions existantes, une accélération de la mise en marché des innovations, une simplification de la réglementation en France et dans l’UE. A ce propos, «il est essentiel que les nouvelles substances actives de biocontrôle puissent être examinées prioritairement", déclare la présidente d’IBMA Céline Barthet.

Logement des salariés : la FNSEA lance un site web pour faciliter les démarches

La FNSEA lance un site internet pour aider les salariés agricoles dans leur recherche de logement, annonce un communiqué le 15 juin. Baptisé Mieux vivre votre quotidien et créé avec l’entreprise prestataire du même nom (groupe Muter Loger), le site centralise diverses applications qui permettent de trouver un logement à acheter ou à louer pour une période courte ou longue. Il informe aussi sur les aides financières que les salariés agricoles peuvent mobiliser, et renvoie à des applications relatives à d’autres services utiles au quotidien : covoiturage, bus, garde d’enfants, soutien scolaire, aides ménagères, fournisseurs de téléphonie… Il propose également une boîte à idées pour que les salariés puissent faire part leurs besoins. Ce site internet vient compléter le dispositif d’accompagnement téléphonique Mieux loger vos salariés (MLVS) initié par la FNSEA et son partenaire en 2019. Interrogée par Agra Presse, la FNSEA a indiqué que l’accompagnement téléphonique n’est pour le moment disponible qu’en Français, et que la question de le rendre disponible dans une autre langue -pour le rendre accessible aux non-francophones- n’est pas encore statuée.