GEL
La Métropole de Lyon au chevet de ses arboriculteurs

Simon Alves
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Bruno Bernard a visité vendredi 7 mai plusieurs vergers de l'agglomération lyonnaise touchés par le gel. Le président de la Métropole de Lyon a annoncé la mise en place d'une aide pour les arboriculteurs sinistrés.

La Métropole de Lyon au chevet de ses arboriculteurs
Le président de la Métropole de Lyon Bruno Bernard a annoncé une aide de 400 euros par hectare pour les agriculteurs touchés par le gel.

Sur l'exploitation les Pommières, à Irigny, le constat demeure terrible, même plusieurs semaines après. Aucun fruit ou presque ne sortira des arbres fruitiers du verger qu'a visité Bruno Bernard vendredi dernier. Le président de la Métropole de Lyon avait fait le déplacement dans l'ouest lyonnais pour venir constater les dégâts causés par les épisodes successifs de gel. "Les pêchers, les pruniers et les cerisiers présentent des pertes jusqu'à 100 %, les abricotiers 90 % et les pommiers entre 70 et 80 %", ont déploré, amèrement, les producteurs locaux d'Irigny. Sur le territoire de la Métropole lyonnaise, c'est une trentaine d'exploitations arboricoles et viticoles qui est concernée par les impacts de ces épisodes de gel, soit 300 hectares de cultures. C'est pour répondre à cette situation inédite que Bruno Bernard a tout d'abord souhaité apporter son soutien aux producteurs locaux. "Les arboriculteurs et les viticulteurs de notre métropole sont précieux pour notre territoire et contribuent à une production et une consommation de produits de qualité, au plus près des habitants, a-t-il soutenu. La Métropole se doit d'être à leurs côtés et de les soutenir à hauteur des richesses locales qu'ils peuvent nous apporter."

400 euros par hectare cultivé

Une aide financière a par conséquent été décidée après concertation avec la Chambre d'agriculture du Rhône. Celle-ci s'élèvera à 400 euros par hectare cultivé. Une aide qui sera versée aux 27 exploitations arboricoles et 5 exploitations viticoles présentes sur le territoire métropolitain. Ce soutien sera voté lors du prochain conseil du mois de juin avec une volonté d'effet le plus immédiat possible. "Nous voulons mettre en place un dispositif à la fois rapide à mettre en œuvre, avec de l'argent pouvant arriver vite aux personnes qui en ont besoin, et aussi simple, pour en finir avec les dossiers à remplir", a précisé Jérémy Camus, vice-président métropolitain délégué à l'agriculture, à l'alimentation et à la résilience du territoire. Au ratio des 300 hectares de cultures de la Métropole, cela représente une aide moyenne de 4000 euros par exploitation. Cet appui s'ajoutera aux 15 millions d'euros débloqués par la Région. Le Fonds des calamités agricoles devrait générer une indemnisation d'ici 10 mois, en plus d'une aide exceptionnelle d'un milliard d'euros et des reports de cotisations.

"Un geste de reconnaissance"

La nouvelle a évidemment été plutôt bien accueillie par le monde agricole. Présent lors de cette visite, le président de la chambre d'agriculture du Rhône Gérard Bazin a salué "un geste de reconnaissance sur la difficulté de nos métiers et aussi l'intérêt d'être présent sur nos territoires." Le producteur laitier a aussi noté que "tous les acteurs politiques sont aux chevet de l'agriculture". Un élan de solidarité et une mise à disposition de moyens qui ne laisse pas insensible les producteurs du plateau d'Irigny. C'est le cas d'Adrien Jacquet, jeune agriculteur de 31 ans, et qui n'a pas été épargné par le gel. "Sur mes 14 hectares en arboriculture, j'en ai 12,5 qui ont gelé, a-t-il expliqué. On avait mis des chaufferettes et des bougies mais sans succès." Il faut dire que le gel aura été particulièrement intense dans le secteur. "Cette année ça s'est suivi sur trois nuits d'affilée, avec un début à 22h et une fin à 8h du matin, raconte Blandine Freyer, maire d'Irigny. Et puis il a aussi la problématique du changement climatique avec des fruits qui ont 15 jours à 3 semaines d'avance à cause du redoux. C'est pour ça qu'il y a eu autant de dégâts." Malgré les aides, Adrien Jacquet ne se fait pas trop d'illusions. "Ça nous fait plaisir, on sent qu'on va être soutenus mais ça ne suffira pas à compenser, regrette-t-il. Il faudrait travailler sur un aménagement plus collectif de lutte." Pour ce faire, les agriculteurs pourront en partie compter sur un soutien métropolitain croissant. Bruno Bernard a annoncé un budget d'investissement pour l'agriculture de 10 millions d'euros jusqu'en 2026. Un montant multiplié par quatre par rapport à la précédente mandature.