Eau
Abreuvement et maintien des berges, un chantier vitrine à Cublize

David Duvernay
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Devant une trentaine d'éleveurs du territoire de la communauté d'agglomération de l'Ouest Rhodanien, Luc Tissot de la Roannaise de l'eau a présenté les travaux d'aménagements réalisés autour d'un tronçon de la rivière le Reins, à l'entrée de Cublize.

Abreuvement et maintien des berges, un chantier vitrine à Cublize

La chambre d'agriculture du Rhône et la communauté d’agglomération de l'Ouest Rhodanien (Cor), avaient convié les éleveurs du territoire, le 5 juillet à Cublize, pour une demi-journée consacrée à l'abreuvement et qui s’est conclue par la visite d’un chantier d’aménagement sur le Reins, à l’entrée de Cublize, à proximité du pont.

Ce vaste chantier réalisé à l’automne dernier a été conduit par la Roannaise des eaux, qui gère l’ensemble du cycle de l’eau et des milieux aquatiques sur un vaste territoire comprenant les bassins versants du Rhins, du Rhodon et du Trambouzan, sur les départements du Rhône et de la Loire. "Ici, nous étions confrontés à plusieurs problématiques, notamment des zones d’érosion. Il a fallu conforter les berges", exposait Luc Tissot, technicien rivières à la Roannaise des eaux. Premier travail, le génie végétal, c’est à dire la mise en œuvre des techniques utilisant les végétaux et leurs propriétés mécaniques et/ou biologiques. "On fait en sorte que la végétation redémarre. On a mis en place des fascines, avec des pieux d’acacias morts, disposés en quinconce et des fagots au milieu. À l’arrière, on a procédé à un terrassement afin de canaliser l’énergie de la rivière. Le tressage réalisé avec des branches de saules vivants va protéger la berge de l’érosion", a-t-il détaillé aux éleveurs.

Parmi les espèces replantées le long des berges, on retrouve des saules mais aussi des aulnes. "On pioche et on plante ces espèces arbustives qui au début mesurent entre 50 et 80 cm. Ils sont munis de tuteurs et des filets de protection contre les castors. Le système racinaire se développera et par conséquent va maintenir la berge. Les feuilles qui tomberont dans l’eau se décomposeront et participeront à la vie de la rivière", a ajouté Luc Tissot, heureux de voir que les travaux ont résisté à deux crues ces derniers mois. En retrait de ces espèces plantées et de la berge, le propriétaire avait aussi décidé de poser une clôture avec du fil électrique. "Ça ne le dérangeait de perdre un peu de surface… En complément, on a réalisé des chicanes pour que les pêcheurs puissent avoir accès à la rivière".

Un chantier modèle

Un chantier modèle

La Roannaise de l’eau a également aménagé un passage à gué, la rivière se situant entre deux prés. Là aussi, il est nécessaire de choisir le meilleur endroit pour créer un passage qui résistera au piétinement des animaux. "Le terrain doit être plat où l’eau s’écoule doucement, sur un substrat dur et où il n’y a pas de vase. Lorsqu’on veut faire un abreuvoir en descente aménagée, on suit le même procédé, en damant et en ajoutant des graves pour une plateforme bien rigide. Et on installe une rampe, de manière à ce que les animaux puissent boire l’eau de la rivière également."

Avec un budget total de 20 000 euros, la Roannaise de l’eau a ainsi mis le paquet pour ce chantier modèle. "On retrouve toutes les types de travaux ici : un passage à gué qui sert d’abreuvement, du génie végétal, du tressage, la création d’un épi pour séparer le courant en deux et ne pas impacter qu’une seule berge, des clôtures, etc.", a conclu le technicien.