Au pied de chez soi

Cédric Perrier
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Au départ de Lyon, c’est une randonnée de quatre jours dans les monts du Lyonnais, jusqu’au nord du département, qui permet de s’évader en toute simplicité.

Au pied de chez soi
Quatre jours à travers les monts du Lyonnais jusqu'au nord du département du Rhône, entre prairies et forets.

Pas indispensable de parcourir la terre entière. Nul besoin d’ailleurs à l’autre bout du monde. Parce que le voyage commence une fois les habitudes laissées à la maison.

Marcher. Ce n’est pas compliqué. Dès les premiers pas l’air n’est plus le même. On respire. Très vite c’est différent. Alors quelques jours dans les monts du Lyonnais, jusqu’au nord du département, en suivant un chemin vallonné entre prairies et forêts, en toute simplicité. Et tout débute au cœur de Lyon, à Gorge de Loup, dans le 9e arrondissement.

C’est l’un des avantages de Lyon : la campagne se gagne très vite. On prendra un bus, en direction de Vaugneray, pour sortir de l’urbanisation, arrêt à Grézieu-la-Varenne. Le chemin est assez bien balisé pour rejoindre Yzeron, perché au plus haut à 900 mètres d’altitude.

Le chemin de grande randonnée GR7

Pour une première journée de marche, le dénivelé positif avoisine les 400 mètres. Là-haut, le lac de Ronzey, une place de village garnie de bons restaurants et cafés, de nombreuses randonnées ; Yzeron est devenu un site plébiscité par de nombreux lyonnais. La première nuit se fera au camping, pas de doute, on est en voyage. Et c’est ici qu’on récupère le chemin de grande randonnée GR7.

Ce grand itinéraire à la trop modeste réputation, parcourt la France en une diagonale du Ballon d’Alsace jusqu’en Andorre, en traversant quatre régions et dix-huit départements. Des Vosges aux Pyrénées, ce sentier de grande randonnée de 1 537 kilomètres emmène les marcheurs à la découverte de plusieurs parcs naturels et d'une multitude de sites remarquables. On ne le quittera plus, ou presque, jusqu’à notre point d’arrivée, Meaux-la-Montagne.

On connait pourtant bien la région, mais à pied on la regarde différemment. Des montées, puis des descentes et des dénivelés pas négligeables. Il y aura Brussieu, Brullioles, la région des cerises, des courbes incessantes et des paysages qui méritent d’être observés. L’arrivée à Montrottier signe la fin de cette deuxième journée de marche. Pas d’épicerie d’ouverte ce jour-là, il nous faudra donc rejoindre Longessaigne pour se ravitailler.

La forêt prend le pas sur les prairies

Dans ce petit village de 600 habitants, on trouvera notre bonheur pour la soirée. Et même un abri en dur pour nous protéger de l’orage que la tente n’aura pas supporté. On passera le lendemain par Villechenève, sans oublier de faire une pause chez Ginette, au Central qui a depuis tiré les rideaux.

Point de chute du jour Affoux, où une connaissance pourra nous abriter de l’orage qui gronde toujours. Au réveil, toujours sous un ciel menaçant, la montée à travers bois en direction de La Tour Matagrin est un bonheur pour les yeux tant les rayons de lumière réussissent à percer la forêt.  Cette étape entre Affoux et Les Sauvages sera la plus longue, près de 25km.

De l’autre côté du Pin-Bouchain, après quelques pas sur la route Napoléon, on dormira à l’Hôtel Saint-Pierre. On a quitté les prairies des monts du Lyonnais au profit d’un espace boisé qui semble ne pas s’arrêter. 

Un dernier col, celui du Pilon avant de basculer à Meaux-la-Montagne, dernier village étape de notre randonnée. Le bien nommé bar restaurant La montagne sera alors apprécié à sa juste valeur.

Elle est ici cette campagne dont on parle tant, ces coins reculés de France qu’on souhaite ne pas voir disparaitre. Pourquoi ne pas commencer par y mettre les pieds.