Section grivette
Une race dynamique

Emmanuelle Perrussel
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Des éleveurs de cette race ovine des massifs se sont retrouvés jeudi 29 avril en assemblée générale à sainte Consorce.

Une race dynamique

Après une année 2020 où les occasions de se réunir ont été rares, les éleveurs des départements concernés par la race grivette ont apprécié de se retrouver en amont de la traditionnelle vente de béliers de printemps au centre d’élevage de Sainte Consorce (exploitation de Philippe Poix).

Certains avaient fait le déplacement depuis plusieurs départements : Loire, Rhône, Ardèche, Saône-et-Loire, Côte-d’Or… Marc Touplin, éleveur dans la Loire et président de la section grivette depuis près de vingt ans, s’est réjoui de « voir de nouvelles têtes chaque année parmi les effectifs. Chapeau bas à la grivette qui a le don d’assurer le renouvellement des générations ! ». L’éleveur a par ailleurs souligné « la volonté collective et l’esprit de famille qui règnent encore et qui avaient été impulsés par ceux qui ont sauvé la grivette il y a quarante ans ».

Le déroulé du rapport d’activités a été assuré par Michel Pocachard, conseiller spécialisé ovin à la chambre d’agriculture du Rhône et animateur de la section grivette. Les effectifs en 2020 restent stables avec 28 élevages adhérents, issus de 11 départements dont la Loire, le Rhône, l’Isère, l’Ardèche. La Loire étant le département où se trouvent le plus de brebis grivettes avec 41 % des brebis et 43 % des adhérents. La taille moyenne des troupeaux est de 249 brebis par élevages, avec une répartition de 50 à 800 brebis. La base de sélection 2020 se répartit comme suit : 25 sélectionneurs (élevages fournisseurs de mâles et de femelles : 6482 brebis soit 93 %) et 3 multiplicateurs (élevages fournisseurs de femelles : 480 brebis, soit 7 %). « La race grivette est 11e au niveau de l’Upra, on peut souligner l’importance de son schéma de sélection au regard de ses effectifs », précise Michel Pocachard.

Éleveurs performants

Au niveau des performances techniques, la race affiche un taux de prolificité de 195 %, un taux de productivité numérique de 225 %, un taux de mortalité inférieur à 20 jours de 14,2 %, un poids âge type (PAT) 30 jours de 11,7 kg et un nombre d’agneaux élevés sous la mère par mise bas de 1,51. Des données qui demeurent globalement stables sur ces cinq dernières années. « Les résultats des 5 meilleurs troupeaux mettent cependant en évidence le potentiel élevé de la race notamment en termes de PAT 30 j. Comme chaque année, des écarts importants existent entre les élevages sur l’ensemble des critères. Ces écarts peuvent être liés à des niveaux génétiques différents selon les élevages mais aussi et surtout à des conditions d’élevage qui ne permettent pas toujours l’expression du potentiel génétique », ajoute le conseiller spécialisé.

Concernant l’actualité, une nouvelle grille de qualification de la race a été mise en application en février dernier, sous l’impulsion de l’Institut de l’élevage. Les principaux changements sont un index de prolificité considérablement revu à la baisse, de ce fait, les seuils de productivité brute ont été retravaillés. Enfin, pour être classées mères à béliers, la mère de cet animal doit elle-même avoir été inscrite.

La présentation des résultats des génotypages d’hyper-ovulation a montré que la tendance à la baisse du nombre de béliers porteurs du gène d’hyper-prolificité ces dernières années n’a pas été confirmée en 2020.  « La section grivette a fait le choix de maintenir ce gène en optant pour une utilisation alternée des béliers porteurs et non porteurs, de façon à produire un maximum de femelles hétérozygotes. Il est donc indispensable que le taux de béliers porteurs se situent aux alentours des 50 %. Si cela ne peut être respecté, la sélection de la prolificité, sur le principe qui a été choisi, est complètement remise en cause. Assez rapidement, cela se traduirait par une baisse significative de prolificité de la race, comme c’est déjà le cas dans certains élevages.

Zoom / Les bonne pratiques pour de bons résultats techniques

Éloïse Perreaut, du lycée Étienne-Gautier (42) a suivi un stage aux côtés de Michel Pocachard en 2020 et a notamment réalisé une enquête sanitaire auprès de 25 éleveurs sélectionneurs de la race grivette (8194 brebis). Elle s’est penchée sur divers aspects : hivernage, reproduction, alimentation, conduite du troupeau, litière, case d’agnelage… Cette étude lui a permis d’arriver à la conclusion suivante : les pratiques favorables à l’obtention de bons résultats techniques concernent le passage en case d’agnelage et le paillage. « Le passage en case d’agnelage doit être compris entre 24 et 48 heures, le paillage doit être de bonne qualité et en quantité suffisante, de petits lots doivent être constitués à la sortie de la case d’agnelage et l’éleveur doit rendre visite régulièrement à ses animaux. »