Machinisme
Ted, le robot viticole en test dans le Beaujolais

David Duvernay
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Naïo Technologies a annoncé la mise en marché de son robot Ted, destiné à la viticulture et doté de nouvelles améliorations technologiques et mécaniques. La filiale d’Oxyane, Écovigne, a organisé des démonstrations dans deux domaines du Beaujolais.

Ted, le robot viticole en test dans le Beaujolais

Un robot dans les vignes. La scène est toujours impressionnante à regarder. Va-t-elle s’amplifier dans les vignobles du Beaujolais et du Mâconnais dans 10, 20 ou 30 ans ? À force d’avancées technologiques, on est forcément en droit de le penser. Dans ce domaine-là, l’entreprise Naïo Technologies, créée en 2011 par Gaëtan Séverac et Aymeric Barthes, deux ingénieurs en robotique, tient la corde, au point d’être considérée comme un des principaux leaders actuellement. En viticulture, le robot Ted s’apprête à prendre sa pleine envolée puisqu’il est désormais opérationnel pour l’industrialisation, consécutivement aux retours d’expériences de partenaires de Naïo Technologies. La Sicarex Beaujolais, l’institut technique du vignoble, avait d’ailleurs testé un prototype en 2020, des tests qui vont se prolonger cette année encore.

Des distributeurs sont déjà sur le coup pour commercialiser Ted auprès des opérateurs de la filière. C’est notamment le cas d’Écovigne. Mercredi 1er avril, la SAS du groupe coopérative Oxyane, organisait une démonstration au château de Pizay à Belleville-en-Beaujolais, avant une seconde session l’après-midi au château de La Chaize à Odenas. « Nous avons la volonté de développer le robot autonome électrique de Naïo Technologies pour pallier au manque de personnel et développer le travail du sol. Des domaines peuvent être intéressés par ce robot. On réfléchit à le proposer aux clients sous deux formes différentes : soit à l’achat, soit en location. Car ça reste un investissement conséquent, entre 120 000 et 140 000 euros », conçoit Olivier Delorme, responsable grands comptes de la SAS Écovigne. « Notre groupe coopératif est toujours à la recherche de l’innovation. Et aujourd’hui, ce robot avec son porte outils pour le travail du sol constitue une réponse à l’arrêt progressif du glyphosate », surenchérit Damien Ferrand, responsable du pôle Développement agricole au sein d’Oxyane.

« Un travail de cartographie long mais essentiel »

Faisant référence à l’innovation, en septembre 2020, les créateurs de Ted annonçaient justement une nouvelle version du robot. Outre son changement de look, celui-ci est désormais doté de nouvelles fonctionnalités, « améliorant considérablement l’expérience mécanique des vignes ». Son porte outils est situé au centre avec relevage parallélogramme. « Une large gamme d’outils mécaniques peut être attelée sur une perche universelle, et deux outils peuvent être combinés. La robustesse de son châssis, l’augmentation de la puissance des moteurs ainsi que sa vitesse allant jusqu’à 5 km/h lui permettent d’augmenter sa capacité de traction dans les vignobles en pente (jusqu’à 30 %), tout en conservant un poids très léger comparé aux tracteurs et enjambeurs classiques. Les nouveaux arceaux modulaires de Ted lui permettent de s’adapter aux différentes typologies de vignobles », détaillait Naïo Technologies.

Le robot Ted testé à Pizay a vocation à être utilisé sur des vignes étroites. Et sur un terrain plus sableux que la précédente parcelle du domaine viticole, il a démontré sa parfaite autonomie, en effectuant seul ses demi-tours en bout de rang, sans quelconque intervention. « Ted est doté du système GPS RTK. En amont, il faut donc réaliser un travail de cartographie de la parcelle, via une application sur smartphone. Tous les points et les éléments sur la parcelle, comme un poteau électrique, sont enregistrés et envoyés à Naïo qui dispose d’un logiciel de gestion des cartes. Ce travail de cartographie est long mais essentiel », commente Philibert Champeaux du groupe Oxyane.

Disposant de batteries d’une durée de six à huit heures d’autonomie selon le travail effectué, la pente ou encore le type de sol – « il faut compter entre huit et dix heures pour la recharge » - le robot Ted est équipé de divers organes de sécurité pour stopper automatiquement sa marche (bumper, caméra). Pour l’instant, pour des raisons de sécurité et de législation, « un opérateur doit rester sur la parcelle. Quand Ted s’arrête, c’est à l’opérateur, averti par une alerte sur son smartphone, de le remettre en route. Mais Naïo met au point au nouveau système de sécurité qui permettra au robot d’identifier les obstacles », annonce Philibert Champeaux. La robotique n’a pas fini de se perfectionner… 

La démonstration en images