L'info' en bref
Future Pac, céréales, ZNT, moissons...

David Duvernay
-

L'essentiel de l'information agricole nationale et régionale de ces dernières heures, à lire chaque lundi, mercredi et vendredi dès 9 h.

Future Pac, céréales, ZNT, moissons...

Déclinaison française de la future Pac : Julien Denormandie précise sa copie

Après avoir présenté fin mai ses orientations générales pour le Plan stratégique national (PSN), la déclinaison française de la future Pac, Julien Denormandie en a présenté ce 13 juillet une version plus détaillée à l'occasion d'un conseil supérieur d'orientation (CSO). Il a tout d'abord annoncé les montants unitaires des écorégimes: 54 euros par hectare pour leur niveau de base, et 76 euros pour le niveau supérieur, rapportait son cabinet en fin de journée. Julien Denormandie a apporté des précisions concernant la nouvelle certification environnementale de niveau 2+ (CE2+) qui permettra d'accéder au niveau de base des écorégimes par la voie de la certification ; pour obtenir cette CE2+, il faudra répondre aux exigences de la CE2, ainsi qu'à un parmi cinq critères proposés. Parmi ces critères, quatre permettent actuellement l'accès à la voie A de la HVE (niveau 3 de la CE) et un supplémentaire a été créé pour l'occasion, intitulé "sobriété", qui porte sur l'usage de matériels d'agriculture de précision et le recyclage des déchets. Le ministre a par ailleurs confirmé le lancement d'un chantier de révision de la HVE, qui doit aboutir avant la mise en œuvre de la prochaine Pac, et qui aura des conséquences en ricochet sur le contenu de la CE2+. Enfin toujours concernant les écorégimes, le ministre a précisé la nature du bonus (ou top-up) cumulable avec les voies Certification et Pratiques ; ce bonus sera accessible à partir de 6% de haies présentes sur les terres arables, et sera doté d'une enveloppe de 40M€ par an. Son montant unitaire n'a pas été précisé.

... une première version complète attendue d'ici la fin du mois

Lors de ce conseil d'orientation, Julien Denormandie a également apporté des précisions concernant les futures mesures agroenvironnementales (MAEC) et les aides bovines. Selon son cabinet, "tous les agriculteurs qui disposent actuellement d'une MAEC bénéficieront d'une nouvelle dans la prochaine Pac", à l'exception, précise-t-il, de ceux d'entre eux qui bénéficient d'un dispositif actuellement "souscrit par moins de trois personnes". Il a par ailleurs confirmé la création de MAEC portant sur le bien-être animal, les pollinisateurs, et le zones intermédiaires. Un autre volet d'annonces a porté sur les aides bovines. Le cabinet confirme le choix de recourir à la 4e méthode présentée aux parties prenantes, mêlant le type racial et le genre (sexe et âge). Et il a annoncé les montants unitaires des primes allouées à l'UGB : 104 euros de base pour les bovins allaitants et 57 euros pour les non-allaitants. Le calendrier d'application des programmes opérationnels - ouverts à de nouvelles filières dans la future Pac - a aussi été précisé ; ils seront mis en œuvre à partir de 2024, au moins pour la filière protéagineux - l'horticulture et l'élevage ont été aussi cités comme intéressées. Une première version de l'ensemble du PSN doit être soumise à une autorité environnementale d'ici la fin du mois, puis à consultation publique, en vue d'un envoi à la Commission européenne avant le 31 décembre.

PSN : la FNO (ovins) revoit sa copie de peur de perdre de voir son enveloppe diminuée

"Nous avons mis notre projet pour la Pac 2023-2027 à la poubelle", peste Michèle Boudoin, présidente de la FNO (éleveur ovins, FNSEA) interrogée par Agra Presse le 9 juillet. En cause explique le syndicat : les derniers arbitrages financiers du plan stratégique national (PSN) français et le contrôle annuel des performances de la Commission européenne qui affecteraient "sérieusement l’avenir de la feuille de route de la FNO relative à l’aide ovine post 2020". La FNO souhaitait jusque-là la mise en place d’une aide couplée à laquelle s’ajoutait des «top-up» pour les signes de qualité, la productivité – c’est-à-dire "plus d’agneaux par an et par brebis" –, les jeunes installés ou encore la prévision de mise sur le marché, etc. "Nous sommes dans l’incapacité d’activer les tops up sans perdre de l’argent", déplore l’éleveuse. "Nous avions trouvé quelque chose d’équilibré. Nous sommes anéantis, c’est un encouragement à la médiocrité", déplore la présidente de la FNO qui souhaite malgré tout conserver l’aide pour les jeunes agriculteurs. Interrogés par Agra Presse, le cabinet du ministre de l’Agriculture indique que les différents scénarios du PSN ne sont pas encore validés. Sa présentation devrait intervenir d’ici la fin du mois.

Céréales : les exportations françaises avantagées par le coût du fret (FranceAgriMer)

FranceAgriMer a souligné le 13 juillet la compétitivité accrue des céréales françaises sur les marchés export de proximité, le fret étant devenu plus cher. "Le coût du fret devient un élément de plus en plus significatif de la compétitivité export", a déclaré Marc Zribi, chef de l’unité Grains et sucre. Dans le sillage du pétrole, il connaît une forte hausse que reflète le Baltic dry index (BDI), référence du transport maritime, à 3 300 points (+79 % sur un an), un "niveau pas observé depuis 2010". Cette évolution "devrait être beaucoup plus pénalisante pour les destinations lointaines", d’après lui, et s’avérer "favorable à nos exportations vers les marchés traditionnels de proximité: l’UE et le bassin méditerranéen". Le bilan 2021-22 pour le blé dur le montre: FranceAgriMer situe l’export à 850 000 t vers l’UE (+220 000 t par rapport à 2020-21), 250 000 t vers les pays tiers (+65 000 t). Deux postes qui grimpent à la faveur d’une meilleure collecte (1,528 Mt contre 1,264 Mt l’an dernier), mais aussi d’un «fret français moins cher» et d’une concurrence canadienne affaiblie par les dégâts consécutifs à la récente vague de chaleur, a pointé Marc Zribi.

Moisson 2021 : rebond des productions de céréales à paille et de protéagineux (Agreste)

La moisson 2021 est marquée en France par un fort rebond de la production de céréales à paille et de protéagineux, sous l’effet d’une hausse des surfaces et des rendements, a indiqué le 12 juillet le service statistique du ministère de l’Agriculture (Agreste). "La récolte de céréales à paille dépasserait 53 Mt, soit près de 10 Mt de plus qu’en 2020", selon une note. En blé tendre, 37,1 Mt sont prévues (+27,1 % sur un an), avec un rendement de 75,1 q/ha (contre 68,5 q/ha en 2020). Arvalis – Institut du Végétal a lui publié le 9 juillet une estimation de 74q/ha. Le blé dur atteindrait 1,62 Mt (+24 %), avec 56,3 q/ha (contre 51,9 q/ha), d'après Agreste. Cela reste un niveau de production inférieur de 4,5% à la moyenne quinquennale. Les surfaces, bien qu’en hausse à 288 000 ha (+14,4% par rapport à 2020), montrent encore un décrochage par rapport aux 322 000 ha de moyenne 2016-20. Côté orges, la progression est moins soutenue, à 11,3 Mt (+8,4%), malgré une hausse des rendements, y compris pour l’orge de printemps à 62,2 q/ha (contre 49,1 q/ha). Les protéagineux seraient au "plus haut niveau depuis 2010", proches de 1,2 Mt (+46,7%), avec 38 q/ha en pois (contre 27,5 q/ha). Enfin Agreste révise à la hausse ses estimations de récolte en orge d’hiver, à 66,8 q/ha, et colza, à 30,7 q/ha.

ZNT : au Conseil d'Etat, la rapporteure publique veut les renforcer (associations)

À l’occasion d’une audience tenue au Conseil d’Etat le 12 juillet rassemblant plusieurs procédures dénonçant les textes d’application des Zones de non-traitement (ZNT), la rapporteure publique a recommandé de prendre des mesures supplémentaires, notamment pour protéger les travailleurs, rapportent les ONG requérantes. Une disposition qui pourrait aboutir, selon les associations, à l’application des zones de traitement non seulement à distance des habitations comme précédemment mais également des bureaux, zones commerciales ou entrepôts, ainsi que des parcelles agricoles voisines. "Tout le monde s’était préoccupé des habitants, mais personne n’avait pensé aux travailleurs", souligne Daniel Ibanez chez les Amis de la Terre, dont l’association faisait partie des requérantes aux côtés de Générations Futures, Agir pour l’Environnement ou du collectif des maires antipesticides. Autre suggestion de la rapporteure: inclure dans les produits concernés par les zones strictes de 20 m "les produits classés comme suspectés d’être cancérogènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction de catégorie 2" (H341, H351, et H361). La rapporteure, rejetant les requêtes de la chambre d’agriculture de la Vienne et de la Coordination rurale, propose au Conseil d’État d’enjoindre le gouvernement à prendre les mesures réglementaires nécessaire sous six mois. Décision finale attendue fin juillet.

Vin : le conseil spécialisé de FranceAgriMer achoppe sur les aides à l’investissement

Le conseil spécialisé «vin» de FranceAgriMer du 6 juillet s’est terminé au bout d’une dizaine de minutes. Les professionnels ont quitté le conseil, manifestant leur mécontentement face à un refus du ministère de l’Agriculture de modifier en faveur de l’investissement la répartition de l’enveloppe du Plan national d’aides (PNA) européennes destinées à la filière viticole française (269 M€ par an). Les dossiers d’investissements dans les chais sont particulièrement élevés cette année. Les professionnels ont réaffirmé que modifier la répartition de l’enveloppe ne changerait rien à la somme totale. À ce motif d’impatience, s’en est ajouté un autre : de nouveaux critères environnementaux ayant été introduits, de nombreux viticulteurs ont mal rempli leurs dossiers d’aides cette année. Les professionnels ont demandé qu’un rattrapage soit possible. Mais le ministère a fait part aux professionnels de son absence d’arbitrage. "On ne peut pas laisser au bord de la route ceux qui ont investi parce qu’ils ont oublié de cocher une case dans le dossier", a fustigé Jérôme Despey, président du CS «vin» de FranceAgriMer. Ce dernier sera reçu le 23 juillet par Julien Denormandie sur cette question spécifiquement, a-t-il annoncé.