L'info en bref
Plan «France 2030», Sommet de l'élevage, agroéquipements, récoltes céréales...

David Duvernay
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L'essentiel de l'information agricole nationale et régionale de ces dernières heures, à lire chaque lundi, mercredi et vendredi dès 9 h.

Plan «France 2030», Sommet de l'élevage, agroéquipements, récoltes céréales...

Plan «France 2030» : 2 Md€ pour l'innovation dans l'agriculture et l'alimentation 

Présentant un plan d'investissement public quinquennal dans l'innovation intitulé «France 2030», le président de la République a annoncé, le 12 octobre, que 2 Md€ y seraient consacrés à l'agriculture et l'agroalimentaire dans les cinq ans, sur un total de 30 Md€ - dont «3 à 4» Md€ débloqués dès 2022. L'agriculture et l'agroalimentaire ont été désignées au travers du concept de "mieux manger", qui figure parmi les dix objectifs du plan aux cotés de la relance du nucléaire et de l'hydrogène vert ; il vise à atteindre "une alimentation saine, durable et traçable" d'ici 2030. Le ministre de l'Agriculture a précisé que cette enveloppe de 2 milliards d'euros sera associée, dans son fléchage, à 800 M€ issus du 4ème programme d'investissements d'avenir (PIA 4), qui s'étale également sur la période 2021-2025. Julien Denormandie a détaillé les quatre volets de ce nouveau plan: 1 Md€ (dont 400 M€ du PIA 4) seront consacrés à la "troisième révolution agricole", en particulier aux technologies du numérique, de la robotique et de la génétique - mais le ministère a également évoqué la question du  méthane en élevage. 850 M€ (dont 450 M€ du PIA) vont être dédiés "au renforcement des chaines de valeur locales au service de la santé nutritionnelle" - et d'évoquer des travaux sur les «ferments ou le microbiote». 500 M€ seront dédiés à des investissements en fonds propres - et non en subventions ou avances - dans des exploitations agricoles pour favoriser l'installation (ex. projet de portage de foncier), ou dans des entreprises innovantes. Enfin 500 M€ seront consacrés à la filière bois.

France 2030 : FNSEA et Coop de France satisfaites, la Conf' en plein "cauchemar" 

Après avoir elle-même assisté à la présentation de France 2030 par Emmanuel Macron, la présidente de la FNSEA a été satisfaite de la place confiée au secteur agricole et de la façon dont il a été évoqué par le chef de l'Etat, confie-t-elle à Agra presse. "L'agriculture a été citée comme un des secteurs stratégiques, notamment au titre de l'export, c'est une bonne nouvelle. Nous sommes loin de la décroissance prônée chez certains", se félicite Christiane Lambert. "L'agriculture s'inscrivait vraiment dans une vision globale, celle de créer davantage de richesses pour préserver le modèle social". De même, le président de Coop de France Dominique Chargé est satisfait de voir l'agriculture et l'agroalimentaire intégrés aux «secteurs où les innovations de ruptures sont prioritaires. Il se félicite par ailleurs de "l'ambition" annoncée et des défis mis en avant, au rang desquels la démographie. L'administrateur de Terrena se dit particulièrement "attentif" à la question du "transfert de l'innovation" notamment l'accompagnement des agriculteurs. A la Confédération paysanne, le ton est tout autre. "C'est un cauchemar", estime son porte-parole national Nicolas Girod : "Entre les lignes cela veut dire : on développe les OGM, on garde les pesticides, on robotise, on méthanise... et on fait disparaître les paysans et paysannes!" Selon l'éleveur, "les paysans vont donc continuer à perdre leur autonomie décisionnelle, technique et financière, devenir de plus en plus dépendants aux différentes firmes amont et aval".

Sommet de l'élevage : avec 93 000 visiteurs, le salon de retour à son niveau pré-Covid

Dans un communiqué du 8 octobre, le Sommet de l'élevage affirme avoir accueilli 93 000 visiteurs, soit quasiment son niveau de 2019, avant la pandémie de Covid-19 (96 000 visiteurs). Le salon s'est tenu à Cournon-d'Auvergne (Puy-de-Dôme) du 5 au 8 octobre, avec deux nouveautés de taille : un quatrième jour d'ouverture et un nouveau hall d'exposition. Un "double pari (…) gagné", se félicite le président du Sommet de l'élevage, Jacques Chazalet, cité dans la communiqué. Malgré les restrictions de déplacement liées à la pandémie, le Sommet a reçu "2400 visiteurs étrangers provenant d’une soixantaine de pays". Sur le plan politique, l'édition 2021 a été marquée par la visite du ministre de l'Agriculture le 5 octobre, ainsi que celles de six candidats à l'élection présidentielle. Le prochain Sommet de l'élevage se tiendra du 4 au 7 octobre 2022 et "accueillera le concours national de la race charolaise".

Récoltes : la pluie rabaisse les estimations en blé, orges, rehausse celle en maïs 

Le service statistique du ministère de l’Agriculture (Agreste) a corrigé le 12 octobre ses prévisions de récolte à la baisse en céréales d’hiver, à la hausse en maïs, tournesol et betteraves, sous l’effet des pluies estivales. "Au 1er octobre, les productions de blé tendre, blé dur, orges et protéagineux sont revues à la baisse, sous l’effet des pluies estivales qui ont pénalisé leurs rendements dans certaines régions, selon une note. Au contraire, ces conditions climatiques sont favorables au maïs, tournesol et betteraves industrielles, dont les estimations de production sont révisées à la hausse." Dans le détail, la récolte est chiffrée en blé tendre à 35,2 Mt (contre 36,1 Mt en septembre), en orges à 11,4 Mt (contre 11,7 Mt), en protéagineux à 0,9 Mt (contre 1 Mt). Elle s’annonce "prometteuse" en maïs à 14,2 Mt (contre 13,3 Mt), avec une "météo pluvieuse et des prix élevés [qui] ont favorisé un transfert de surfaces" du maïs ensilage vers le maïs grain (67 000 ha), d’après Agreste. Le tournesol, à 1,9 Mt (contre 1,7 Mt), voit sa "plus forte récolte depuis 2000". Autre bénéficiaire des pluies estivales, la betterave est affichée à 34 Mt (contre 33,1 Mt), un niveau toutefois bien inférieur à la moyenne quinquennale (-8,3%).   

Agroéquipements : une bonne année 2021, mais des inquiétudes pour 2022 

Les ventes de matériels agricoles neufs ont connu une hausse de 8 à 11% en France en 2021, estime Axema (industriels), qui s'inquiète de problèmes d'approvisionnement en 2022. Au total, les ventes d'agroéquipements neufs en France devraient s'élever entre 6,56 et 6,74 milliards d'euros (Mrd€) en 2021, contre 6,07 Mrd€ en 2020, selon une note diffusée le 12 octobre. "Les cours des productions agricoles et le plan de relance ont boosté les carnets de commandes des industriels, et la demande d'agroéquipements reste soutenue en cette fin d'année", souligne Axema. Parmi les industriels et importateurs de matériels agricoles, 90% déclarent avoir un carnet de commandes "bon, voire très bon pour la fin d'année 2021 et le premier semestre 2022", selon une enquête. Mais les professionnels disent s'attendre à un "ralentissement de la conjoncture dans le courant du deuxième semestre 2022". "Dans un premier temps, la fin de l'effet "plan de relance", qui a accéléré les prises de commandes à partir de mai 2021, marquera un contrecoup mécanique", estiment les constructeurs, et 2022 "pourrait ainsi marquer la fin d'un cycle haussier d'investissement qui dure depuis mi-2017". Le syndicat s'inquiète en particulier des difficultés d'approvisionnement, de la pénurie de composants et de la hausse du prix des matières premières.

Nitrates : "peu de progrès accomplis", déplore la Commission européenne 

Peu de progrès ont été accomplis ces dix dernières années en matière de réduction de la pollution des eaux de l’UE par les nitrates, constate la Commission européenne dans un nouveau rapport sur la mise en œuvre de la directive nitrate, publié le 11 octobre. Principal secteur incriminé: l’agriculture et en particulier l’élevage, "responsable de 81% des apports d'azote agricole dans les systèmes aquatiques et de 87% des émissions d'ammoniac de l'agriculture dans l'atmosphère". Au cours de la période 2016-2019, 14,1% des stations d’eaux souterraines dépassaient encore en moyenne annuelle les 50 mg de nitrates par litre, une situation comparable à la période précédente au cours de laquelle 13,2% des stations dépassaient ce seuil de 50 mg/L. "Les fruits mûrs ont déjà été cueillis et des mesures plus ambitieuses sont donc maintenant nécessaires pour améliorer la situation", analyse la Commission, qui compte sur le Pacte vert européen pour "accélérer les mesures afin de parvenir à une agriculture durable". Certains États membres sont particulièrement visés: la Belgique, la Tchéquie, le Danemark, l'Allemagne, la Finlande, la Hongrie, la Lettonie, le Luxembourg, Malte, les Pays-Bas, la Pologne et l'Espagne. Ces pays doivent, selon Bruxelles, prendre d’urgence des mesures supplémentaires pour atteindre les objectifs de la directive sur les nitrates.

Les ménages agricoles particulièrement touchés par la "pauvreté monétaire" (Insee) 

Les ménages agricoles (comprenant au moins un individu exerçant le métier d'agriculteur) ont un niveau de vie médian de 22 000 euros par unité de consommation, soit un montant "comparable à celui de l'ensemble des ménages ayant des revenus d'activités", constate l'Insee dans une note parue le 11 octobre. Ces chiffres de 2018 masquent de fortes disparités: les écarts de revenus entre ménages agricoles sont plus importants que dans l'ensemble de la population, avec un ratio de 4,7 entre les 10 % les plus aisés et les 10 % les moins aisés (contre 3,3 pour l'ensemble des ménages à revenus d'activités). Et les ménages agricoles sont "plus souvent touchés par la pauvreté monétaire", avec 18% de leurs membres vivant sous le seuil de pauvreté en 2018 (13 000 euros par an pour une personne seule). Les écarts s'expliquent en grande partie par l'orientation technico-économique: le niveau de vie des ménages agricoles est en moyenne 1,9 fois supérieur dans les territoires viticoles que ceux d'élevage bovin. Plus souvent propriétaires de leur habitation, ils sont en revanche moins exposés aux difficultés de logements et aux "restrictions de consommation courante" (p.ex. repas complet, température de chauffage, vacances, vie sociale...). En moyenne, l'activité agricole ne représente qu'un tiers de leurs revenus; la première source de revenu provient des salaires, le plus souvent ceux du conjoint. La troisième source de revenu provient des revenus du patrimoine, essentiellement des fermages.

Fruits et légumes : le ministère publie les exemptions à la fin de l’emballage plastique 

Paru au JO le 12 octobre, le décret dispensant temporairement certains fruits et légumes de l’interdiction d’emballages plastique comporte plusieurs modifications, par rapport à la version soumise à consultation publique en mars 2021. Désormais, l’exemption jusqu’au 30 juin 2026 pour les fruits mûrs à point concerne «les fruits vendus au consommateur final à pleine maturité», et non les fruits cueillis à pleine maturité comme prévu initialement. Le cassis, la surelle, la surette et la groseille de pays ont été ajoutés à la liste de petits fruits bénéficiant d’une exemption jusqu’au 30 juin 2026. De même, la tomate cocktail et toutes les "variétés miniatures" de tomate ont été incorporées à la liste des fruits et légumes dispensés de l’interdiction de matières plastiques dans les emballages jusqu’au 30 juin 2023. D’autre part, le décret prévoit un délai pour écouler les stocks d’emballages. Ce délai est de six mois pour les fruits et légumes sans dispense qui sont "produits ou importés avant le 1er janvier 2022". Il est de quatre mois pour les fruits et légumes exemptés de l’interdiction jusqu’au 30 juin 2023 (tomates, certains légumes primeurs, raisin, pêches…).

Circuits courts : Bienvenue à la Ferme lance son réseau de magasins «franchisés» 

Les chambres d’agriculture (APCA) ont annoncé, le 12 octobre le lancement d'un réseau de magasins «franchisés» sous l’enseigne Bienvenue à la Ferme, marque jusque-là positionnée sur la labellisation de magasins de vente à la ferme ou de producteurs, de marchés de producteurs ou encore de drives fermiers. Le projet est porté par la société Fermes and Co détenue par l’APCA, Normandie Seine Participation, Crédit Agricole Bretagne Participations, Banque Populaire Grand Ouest, Banque Populaire Val de France et la fondation Avril (9,3%). Le concept : "rendre accessible les produits fermiers aux consommateurs avec un offre globale», explique M. Jean Marie Lenfant, président délégué Bienvenue à la ferme et président de Fermes and Co. Et pour les producteurs : "apporter des débouchés durables en s’appuyant sur la marque connue et reconnue Bienvenue à la ferme". Concrètement, le cahier des charges de ces nouveaux magasins «franchisés» s'articule autour de quatre axes: une offre variée et complète qui favorise les circuits courts, le respect de la saisonnalité des produits, la préférence pour la proximité et au moins la moitié de produits de producteurs du réseau Bienvenue à la ferme.