Gel
Dans les vergers, verdict en suspens

Simon Alves
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Pour les arboriculteurs, difficile encore d'évaluer les dégâts causés par le gel. La plupart attendaient cette semaine les premières estimations.

Des dégâts bien inégaux. Dans la production de Jérôme Rozier, à Bibost, tous les plants n'ont pas été touchés de la même façon par le gel qui s'est abattu début avril sur les cultures françaises. Celui qui est aussi président de la fédération des producteurs de fruits du Rhône possède aussi bien des arbres fruitiers que des vignes. Pour ces dernières, l'agriculteur avait pris des mesures. "J'ai chauffé mes chardonnay à l'aide de chaufferettes de minuit à 8h30, explique-t-il. Ça m'a permis de limiter les dégâts." Une méthode plus difficile à appliquer pour ses arbres fruitiers. N'étant pas équipé, Jérôme Rozier n'a pu que déplorer les conséquences de ce froid inhabituel. "Au départ on pensait que c'étaient surtout les vergers à basse altitude qui étaient tous gelés, mais maintenant on constate que ceux qui étaient en hauteur le sont également", constate le producteur. La faute à un mercure qui aura frôlé les -5 degrés au plus bas des mesures effectuées par le cultivateur. 

Les arboriculteurs plaident pour une année blanche

A combien s'élèvent les pertes pour les arboriculteurs du Rhône ? Pour l'heure, difficile de répondre. Au niveau régional, le président de la Région Auvergne-Rhône-Alpes Laurent Wauquiez donnait des estimations allant de 80 à 100 % pour certains agriculteurs. Mais pour le président de FDPF, c'est mère nature, et elle seule, qui dictera les données. "Pour le moment, nous avons encore des variétés à la floraison plus tardive, détaille Jérôme Rozier. On sait par expérience avec 2003 que des fruits peuvent encore tomber plusieurs semaines après." Pour pallier le manque à gagner, les arboriculteurs peuvent déjà compter sur l'aide de la Région. Laurent Wauquiez espérait fin avril engager les départements et communautés de communes dans un plan à 35 ou 40 millions d'euros. De leur côté, les arboriculteurs espéraient aussi obtenir une année blanche pour les salaires et les cotisations sociales.