Parole d'interco
"Nous avons une vision collective"

Simon Alves
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Tous les quinze jours, un(e) vice-président(e) à l'agriculture d'intercommunalité du Rhône nous présente la politique agricole de son territoire. Ce jeudi, rencontre avec Colette Darphin, vice-présidente à l'agriculture de la Communauté d'agglomération de l'ouest rhodanien.

"Nous avons une vision collective"

Pouvez-vous dresser les enjeux agricoles de la Communauté d'agglomération de l'ouest rhodanien (COR) ?

Nous avons une vraie volonté d'aider le monde agricole. Lorsque Patrice Verchère (ndlr : président de la COR) est venu me chercher pour gérer cette question, il savait que j'apporterais une vision transversale du fait de mon statut de vice-président à l'agriculture au conseil départemental. Nous avons un beau territoire avec beaucoup de représentativité, entre le maraîchage, l'arboriculture, un peu de viticulture, le lait ou la production de viande. Cette diversité vaut le coup que l'on mette de l'argent pour accompagner notre agriculture.

Quelles ont été les priorités fixées depuis le début de votre mandat ?

On souhaite accompagner l'installation le plus possible. On a quand même une moyenne d'âge de nos agriculteurs sur laquelle il faut rester attentif. On propose une aide symbolique de 500 euros pour chaque nouveau jeune qui s'installe. Nous voulons être facilitateurs. Nous avons la convention avec la chambre d'agriculture par exemple, mais aussi avec la SAFER pour les questions de foncier. Il y a peut-être des jeunes qui veulent devenir agriculteurs et qui n'ont pas les moyens car les budgets sont hors-normes. On essaye de trouver des solutions pour préserver l'agriculture.

Avez-vous des exemples concrets ?

On s'est engagés sur une exploitation à Saint-Romain-de-Popey. Le propriétaire, qui n'est pas agriculteur, veut vendre la ferme, et la SAFER n'a pas les moyens d'acheter. La COR a donc pris sur elle ce coût le temps que ça se fasse car nous avons un réel souhait que cette exploitation reste agricole. C'est aussi le rôle d'une EPCI d'apporter ce type de soutien.

Craignez-vous de perdre une trop grande partie des éleveurs ?

On est loin d'avoir des territoires désertés par l'élevage. Nous avons une population très ancrée dans la ruralité et attachés à la terre.  Il faut surtout faire attention à garder un équilibre car nous avons beaucoup de demandes de maraîchage. Nous faisons confiance au monde agricole qui sait très bien s'organiser. Les présidents des Jeunes agriculteurs et de la FDSEA sont sur notre territoire. C'est aussi pour ça que nous avons une convention avec la chambre d'agriculture (ndlr : voir notre article). Cela nous permet de bénéficier de compétences techniques que nous n'avons pas nous-même à notre disposition.

Quels sont les autres axes de travail de la COR ?

Nous avons le climat comme cheval de bataille. Nous avons eu des années avec des étés rudes et les agriculteurs en patissent. C'est pour cela qu'on tente de trouver des solutions avec le plan ressource en eau. C'est pareil avec les systèmes paragrêle que l'on cofinance. Nous allons cotinuer la phase d'expérimentation de trois ans. Pour l'environnement, nous avons aussi reçu l'accord de l'Etat dernièrement de continuer le PAEC (Projet Agro Environnemental et Climatique) ce qui est une bonne nouvelle. On regarde aussi tout ce qui concerne le photovoltaïque qui intéresse des agriculteurs sur certains bâtiments d'élevage. Il faudra aussi s'occuper du dossier de l'abattoir de Saint-Romain-de-Popey. Cela va occuper une grosse partie du mandat, mais c'est un outil primordial pour notre secteur.

Vous prévoyez aussi une action de collecte de déchets unique...

Nous souhaitons collecter les pneus que les agriculteurs ont dû acheter il y a quelques dizaines d'années pour maintenir leurs bâches. S'en débarrasser coûte cher pour les agriculteurs. Nous allons donc lancer cette année une étude pour quantifier les besoins et nous mettre en relation avec le service déchets pour savoir comment les reprendre. Une troisième phase sera enclenchée d'ici 2022 ou 2023 pour collecter les pneus. Le train ne passera pas deux fois, les agriculteurs devront donc être attentifs.

Quelle est votre relation avec le monde agricole ?

Nous avons une vision collective des solutions à apporter plutôt que de faire au cas par cas. On entend aussi le discours agricole qui pense qu'on pourrait toujours donner ou faire plus. On a nos limites. Mais il faut continuer à être dans le dialogue. Même si nous n'avons pas de solution à un instant T, cela ne veut pas dire que nous n'en aurons pas une plus tard. L'agriculture chez nous, c'est 570 exploitations. C'est aussi un acteur de l'économie du territoire dont nous voulons être les partenaires.