L'info' en bref
PSN, blé tendre, agrofourniture...

Emmanuelle Perrussel
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L'essentiel de l'information agricole nationale et régionale de ces dernières heures, à lire chaque lundi, mercredi et vendredi dès 9 h.

PSN, blé tendre, agrofourniture...

PSN : les scénarios détaillés de DGPE pour les écorégimes et les aides couplées

Depuis que Julien Denormandie a dévoilé fin mai ses grandes orientations pour la déclinaison française de la future Pac (PSN), la DGPE (ministère de l'Agriculture) a poursuivi ses travaux de consultation pour en finaliser les détails. Elle a présenté aux parties prenantes (syndicats, ONG...), le 9 juillet, des scénarios détaillés de fonctionnement des écorégimes et des aides couplées. Pour la voie d’accès aux écorégimes par les «pratiques agroécologiques», un non-labour de 80% des surfaces de prairies permanentes permettrait d’accéder au premier niveau (90% au niveau 2). En cultures pérennes, les producteurs devraient couvrir 75 % des inter-rangs pour prétendre au niveau 1 (95% pour le niveau 2). Est aussi détaillé un système à points portant sur la diversification des cultures. Concernant la voie d'accès par les «infrastructures écologiques», des seuils de 7 et 10% des surfaces permettraient d’atteindre respectivement le premier et le second niveau. Concernant les aides couplées animales, la DGPE a détaillé une méthode de calcul des UGB (unités gros bovin) dont la complexité laisse perplexe de nombreux acteurs. Enfin, à propos des aides couplées végétales, les légumineuses semées en mélange pourraient être éligibles à la nouvelle aide couplée aux légumes secs, sous réserve qu'elles demeurent majoritaires. «Les scénarios mis sur la table par la DGPE ne correspondent pas aux arbitrages finaux», rappelle le cabinet du ministre, soulignant que ces décisions seront prises d’ici les vacances estivales du ministre. D'ici là, un CSO (comité supérieur d'orientation) est attendu par les professionnels le mardi 13 juillet au ministère.

PSN : « pas à la hauteur des enjeux » environnementaux, selon l'Agence bio

À l’occasion de la publication des chiffres annuels de l’Agence bio le 9 juillet, son président Philippe Henry s’est dit «inquiet» quant aux dispositions concernant l’agriculture biologique dans le projet de déclinaison national de la Pac du gouvernement, le Plan stratégique national (PSN). «Nous sommes devant une politique qui n’est franchement pas à la hauteur des enjeux» en matière de climat et de biodiversité, s’est agacé Philippe Henry, sortant de sa réserve habituelle. Son agence, a-t-il rappelé, avait envoyé une contribution au ministère dans le cadre de l’élaboration du PSN en recommandant de créer un paiement pour services environnementaux (PSE) réservé à l’agriculture biologique, et de permettre aux agriculteurs bio de cumuler les différentes voies des écoschemes. Autant de propositions qui n’ont pas été retenues par le ministère, qui a cependant répondu à la troisième suggestion de l’agence: augmenter l’enveloppe dédiée aux conversions. En comprenant les exploitations en conversion, la SAU en bio a atteint 2,5 Mha en 2020, soit une augmentation de 12% par rapport à 2019. Près de 670000 ha de grandes cultures sont désormais certifiés. «Beaucoup de ces producteurs se tournent vers le bio par intérêt pour l’agronomie, parce qu’ils souhaitent tester des cultures comme le pois chiche», souligne Philippe Henry, rappelant que près de 46 % des surfaces de légumes secs en France sont certifiés bio. Les consommateurs continuent de suivre la progression des surfaces, avec un marché bio estimé à 13,2 milliards d’euros, en hausse de 10,4 % sur un an.

Blé tendre : vers un rendement et un taux de protéines corrects (Arvalis)

L’institut technique Arvalis publie pour la première fois, avec Intercéréales (interprofession), une estimation avant récolte pour le blé tendre, montrant un rendement au-dessus de la moyenne et un taux de protéines correct, a-t-il annoncé le 9 juillet. Il s’élèverait à 74 q/ha, soit «une hausse de 8% par rapport à 2020 et 4% par rapport à la moyenne des 10 dernières années», selon un communiqué. Sur le plan qualitatif, le taux de protéines atteindrait 11,6%, «une valeur équivalente à celle de 2020 et à la moyenne décennale». «Ces niveaux de rendement et de protéines devraient nous permettre d’approvisionner l’ensemble de nos clients en France et à l’international», souligne le président d’Intercéréales Jean-François Loiseau. Le rendement montre «des hétérogénéités régionales et des effets liés à la profondeur des sols, notamment dans le sud du pays», précise le communiqué. La moitié nord a bénéficié d’«une pluviométrie convenable et de températures relativement fraîches au cours du printemps, favorisant l’expression du potentiel des cultures», explique le directeur R&D d’Arvalis François Laurent. «Dans le sud, l’hiver humide suivi de sécheresses parfois très intenses de fin février à fin avril ont pu en revanche entamer partiellement ce potentiel.»

Varenne : les contributions des filières sur l’adaptation attendues d'ici fin septembre

Dans le cadre de la deuxième thématique du Varenne de l’eau sur l’adaptation au changement climatique, les interprofessions et les sept conseils spécialisés de FranceAgriMer sont invités à remettre leurs contributions pour la fin septembre, a indiqué François Champahnet, rapporteur des travaux et membre du CGAAER lors du lancement des travaux de cette thématique le 9 juillet. «Il s’agit de prendre en compte les scénarios disponibles à l’horizon 2050, avec si possible une situation intermédiaire à 2035», a expliqué François Champahnet. Les producteurs devront résumer en dix pages les effets du changement climatique dans leurs filières, et notamment de la raréfaction de l’eau, tout en définissant les moyens nécessaires pour s’adapter, et en assurant les complémentarités avec les autres filières. Autant de synthèses qui alimenteront ensuite des ateliers thématiques prévus pour l’automne «autour de trois thématiques clé: l’irrigation efficiente, la sélection génétique et l’agriculture résiliente», prévoit Anne-Claire Vial, présidente de l’Acta. En parallèle, les chambres mèneront des études territoriales en vue d’aboutir à des plans d’adaptations régionaux pour 2022.

Agrofourniture : construction d’une usine de recyclage des filets plastiques

RecyOuest démarre la construction d’une usine à Argentan (Orne) pour le recyclage des ficelles et filets agricoles dans le cadre d’Adivalor, filière de gestion des déchets de l’agrofourniture, ont-ils annoncé le 9 juillet. Ce projet «inédit dans le monde» sera opérationnel «début 2022», selon un communiqué. Objectif: produire «en 2023 plus de 6 000 t de plastique recyclé» à partir des ficelles et filets utilisés pour le fourrage. les premières balles de filets à recycler doivent être livrées dès ce mois-ci. «Sept ans de travaux de recherche et d’expérimentation ont été nécessaires pour mettre au point, pour la première fois au monde, un procédé de recyclage des filets plastiques», soulignent Marcela Moisson, présidente fondatrice, et Arnaud Trohel, directeur de RecyOuest. Leur technique de nettoyage à sec, sans eau ni substances chimiques, permet de créer une matière plastique recyclée de très haute qualité, comparable à la qualité de la matière vierge de départ, selon le communiqué. RecyOuest a levé 1,95 M€ pour ce projet, qui bénéficie du notamment du Plan de relance. L’entreprise a pour ambition de «recycler l’ensemble des filets agricoles collectés en Europe».