Grandes cultures
Équipé pour le triage des semences

Emmanuelle Perrussel
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Le triage des semences à la ferme est une pratique répandue en grandes cultures ou en élevage. En agriculture biologique, cette pratique revêt plusieurs intérêts. Témoignage de Jean-Charles Jocteur céréalier bio et associé de la SARL Menajoc à Corbas.

 Équipé pour le triage des semences

Malgré une production de semences biologiques de grandes cultures en hausse, la difficulté d’approvisionnement en variétés adaptées et des prix trop élevés sont constatés. C’est ce qu’a révélé une étude menée il y a quelques années par l’Agence bio.

Dans ce contexte, de plus en plus d’agriculteurs, notamment en agriculture biologique, font le choix de produire eux-mêmes leurs semences. C’est le cas des associés de la SARL Menajoc à Corbas : Jean-Charles Jocteur et Sébastien Maldera. En AB depuis onze ans, la SARL Menajoc est spécialisée dans la production de blé, orge, triticale, soja, colza, sorgho avec de petites surfaces de pois chiches et de lentilles. Elle compte aussi des prairies de luzerne et de trèfle. Les productions céréalières sont vendues au Moulin Marion et à Bio-Agri. Une partie du blé est également transformé à la ferme en pain par Sébastien Maldera pour être écoulé en vente directe sur les marchés et en Amap.

Plus d’autonomie

« Le triage des semences à la ferme a démarré lors du passage à l’AB. Nos objectifs sont d’avoir un joli grain, propre (sans mauvaises herbes, cailloux, insectes…). Économiquement, c’est intéressant car acheter des semences bio est onéreux. Par exemple, sur 100 € la tonne de blé, on gagne environ la moitié. Je tends donc vers une certaine autonomie au niveau des semences et je peux faire facilement mes propres mélanges variétaux. Pour toutes ces raisons, nous avons investi dès 2009 dans un trieur », explique Jean-Charles Jocteur.

Depuis l’an dernier, il a investi dans un outil beaucoup plus moderne que son vieux trieur à plans. Moyennant 25 000 € (monté et installé), le nouveau nettoyeur séparateur permet d’effectuer un triage plus précis, calibré et plus rapide des céréales à paille et du soja et un pré-triage des lentilles et pois chiches. « Sa puissance d’aspiration est plus élevée et la surface de grille plus importante, je trie environ 10 t par heure. Il faut compter une grille par espèce », poursuit l’agriculteur.

Le nettoyeur séparateur va reprendre du service au moment de la récolte des céréales. Une partie de la parcelle est sélectionnée pour la semence à trier. Une fois dans la remorque, ce grain est acheminé jusqu’au plan de grilles supérieurs de la machine qui se déplacent dans un mouvement doux et horizontal, tandis que le plan de grilles inférieur a un mouvement plus oblique. Une fois l’émottage et le triage effectués, les semences propres et dépoussiérées sont stockées dans des silos entre juillet et octobre. « Pour le blé par exemple, cela représente entre 5 et 6 t de semences. Les déchets du triage notamment les petits grains sont valorisés auprès d’éleveurs de volailles », complète Jean-Charles Jocteur.

Il met volontiers son nouvel équipement à disposition de voisins agriculteurs bio car les prestataires qui proposent ce service le font surtout pour les agriculteurs conventionnels.