Elevage
Sensibilisés à l’aromathérapie et à la nutrition

Emmanuelle Perrussel
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Des étudiants en filière agricole du lycée agricole Chervé de Roanne dans la Loire ont participé à une journée consacrée à des techniques complémentaires de conduite du troupeau, sur l’exploitation caprine de Rodolphe Pontet à Amplepuis, le 4 mars.

Sensibilisés à l’aromathérapie et à la nutrition

C’est à Amplepuis, sur l’EARL Lobiquett que quatre jeunes étudiantes en BTS Acse au lycée Chervé dans la Loire ont convié leurs camarades (une classe de BPREA et une classe de 1re année de BTS Acse) pour un temps d’échanges instructifs. Dans le cadre de leur projet initiative communication (Pic), elles ont organisé la journée de A à Z et ont proposé deux ateliers : l’un animé par le docteur Alexandre Fauriat, vétérinaire à Boen (42) et l’autre par Clara Fernandez, de la société Dietamix Nutrition de Boen aussi. Les sujets d’intervention choisis, à savoir l’aromathérapie et la nutrition, sont en rapport avec leurs projets professionnels. Deux d’entre elles projettent un jour de s’installer en agriculture et les deux autres aimeraient devenir soit ostéopathe animale, soit vétérinaire.

Invitation à la réflexion

L’atelier animé par le docteur Alexandre Fauriat a porté sur l’aromathérapie. Lui-même dans le cadre de l’exercice de son métier de vétérinaire rural utilise des médecines complémentaires telles que l’aromathérapie, en plus des médicaments allopathiques classiques. « J’appartiens à un groupe vétérinaire conventionné et l’on mise beaucoup sur la prévention. On a affaire à une quinzaine d’éleveurs très intéressés par ces techniques complémentaires. J’insiste sur le fait qu’elles ne représentent pas des alternatives aux traitements allopathique classiques mais bien des compléments », a présenté le vétérinaire, avant d’introduire quelques notions sur l’aromathérapie qui consiste en l'utilisation de composés aromatiques extraits de plantes, les huiles essentielles. « Dans la législation actuelle, les huiles essentielles sont considérées comme des médicaments vétérinaires donc ne peuvent être utilisées que sur prescriptions médicales. Il existe en revanche certains produits à base d’huiles essentielles en vente libre qui peuvent permettre d’améliorer le confort de l’animal : au niveau digestif, respiratoire… », a prévenu le spécialiste.

Celui-ci en a profité pour réexpliquer ce qu’est une huile essentielle : « un extrait hyperconcentré d’une partie de la plante obtenu avec un alambic. Ce qui implique une hyperefficacité mais aussi une hypertoxicité en cas de mauvais usage. Les éleveurs doivent ainsi être formés à leur utilisation ». Et de les inviter à réfléchir sur plusieurs aspects : « une huile essentielle ne doit jamais être utilisée pure mais en général diluée à au moins 10 % dans un corps gras (huile végétale) pour la voie cutanée et dans un substrat pour la voie orale. La voie cutanée étant plus intéressante pour les animaux polygastriques et la voie orale est possible pour les monogastriques. La voie aérienne peut se révéler efficace pour solutionner par exemple un problème respiratoire. Ces huiles essentielles doivent être issues de l’agriculture biologique et normées. Un délai d’attente doit être respecté en cas d’utilisation d’huiles essentielles : sept jours pour le lait et vingt-huit jours pour la viande ».

Les participants ont ensuite été invités à sentir plusieurs huiles essentielles dans le cadre d’un petit exercice de reconnaissance olfactive : cannelle, clou de girofle, eucalyptus citronné, menthe poivrée, thym à thymol, basilic… Ils ont aussi découvert qu’il était possible de fabriquer soi-même ou de se procurer divers produits à base d’huiles essentielles tels que mélanges liquides, baumes, pommades, etc.

Une diversité essentielle

L’autre atelier a mis en avant l’aspect nutrition pour les animaux d’élevage. Clara Fernandez, technico-commercial pour la société Dietamix Nutrition, une entreprise familiale ligérienne, spécialisée dans la nutrition des bovins, le soin par les plantes, la minéralisation et l’apport en oligo-éléments, est intervenue. Elle a donné quelques notions de phytothérapie aux présents : certaines plantes peuvent être séchées, broyées et il devient alors possible de récupérer la partie intéressante. » Après avoir listé quelques plantes aux propriétés vermifuges, expectorantes, détoxifiantes, recalcifiantes, etc. elle a abordé les principes de micronisation, d’assimilation des macroéléments et microéléments et l’importance de la diversité de l’alimentation chez l’animal.

Les élèves ont eu aussi l’occasion de visiter l’exploitation de Rodolphe Pontet qui abrite un élevage caprin de 230 chèvres laitières et 20 mères aubracs sur 58 ha.