L'info' en bref
Biodiversité, bien-être animal, manifestation virtuelle, congé paternité...

Simon Alves
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L'essentiel de l'information agricole nationale et régionale de ces dernières heures, à lire chaque lundi, mercredi et vendredi dès 9 h.

Biodiversité, bien-être animal, manifestation virtuelle, congé paternité...

Stratégie Biodiversité: le Parlement européen demande plus d'ambition à Bruxelles

Le Parlement européen a adopté le 8 juin une résolution plus ambitieuse que ce qu’a prévu il y a un an la Commission européenne pour la stratégie de l’UE «en faveur de la biodiversité à l’horizon 2030». Cette position, non contraignante, confirme notamment l’objectif de 25% de surfaces en agriculture biologique et d’au moins 10% terres à haute biodiversité. Le Parlement demande que les futurs plans stratégiques de la Pac soient alignés avec les objectifs du Green deal et que la Commission européenne exige, si besoin, des États membres qu’ils modifient leurs plans à mi-parcours. Les eurodéputés se prononcent également pour une interdiction stricte de l'utilisation du glyphosate après décembre 2022. Enfin, ils souhaitent l’adoption d’une législation pour la protection et l’utilisation durable des sols ainsi qu’une révision de la stratégie européenne sur les pollinisateurs avec, là encore, des objectifs et des indicateurs clairs, afin de mettre un terme au déclin de ces insectes.

Grains : des stocks de maïs français « historiquement bas » (FranceAgriMer)

FranceAgriMer a revu à la baisse, le 9 juin, son estimation des stocks de maïs fin 2020-21 à un niveau «historiquement bas», sous l’effet de la demande en alimentation animale et à l’export. «C’est extrêmement tendu», a souligné en visioconférence Marion Duval, adjointe au chef de l’unité Grains et sucre: 1,8 Mt de maïs (contre 1,9 Mt annoncées en mai) sont prévues au terme de la campagne en cours. Les disponibilités au 1er mai chez les OS (organismes stockeurs) sont «au plus bas depuis le début des années 2000», d’après elle. Entre les stocks détenus par les collecteurs (2,77 Mt) et ceux en dépôt (573 000 t), il reste 3,35 Mt pour tenir jusqu’à la prochaine récolte en septembre/octobre. Des chiffres qui constituent «un vrai marqueur de la forte tension sur le bilan du maïs», a insisté la spécialiste. La demande des fabricants d’aliment du bétail reste élevée, à 3,2 Mt (+50 000 t par rapport à mai), dans un contexte de faibles disponibilités en céréales à paille et malgré une compétitivité amoindrie par la flambée des prix. Autre poste d’utilisation, l’export vers l’UE est encore rehaussé, à 4,1 Mt de maïs (+160 000 t) sur 2020-21.

Les produits de l'élevage alliés de la lutte contre la sous-nutrition (rapport)

Les produits de l'élevage peuvent fournir des aliments riches en nutriments pour lutter contre la sous-alimentation responsable du retard de croissance d'environ 22% des jeunes enfants dans le monde, fait valoir un rapport d'experts publié le 9 juin par la plateforme de l'ONU sur la nutrition. Ce rapport soupèse «les risques et les avantages» de ces produits (viande, oeufs, produits laitiers). Il reconnaît qu'une trop forte consommation pose des problèmes pour la santé et que l'empreinte carbone de l'élevage est élevée, selon un communiqué paru le 9 juin. Mais «si nous voulons procurer des régimes alimentaires sains aux enfants vulnérables et aux mères enceintes ou qui allaitent (...), les preuves scientifiques sont claires: les aliments issus de l'élevage offrent des avantages qui sont très difficiles et parfois impossibles à reproduire uniquement avec des aliments d'origine végétale», assure Lora Iannotti, autrice principale du rapport, citée dans le communiqué. «Les enfants souffrant d'un retard de croissance - soit environ 144 millions dans le monde -, manquent de certains nutriments tels que le zinc, le fer, la vitamine A, la vitamine B12 et la choline, poursuit-elle. Ces nutriments se trouvent plus largement dans les aliments d'origine animale».

Bien-être animal: les eurodéputés pour l’abandon des cages après étude d’impact

Le Parlement européen a adopté le 10 juin à une large majorité une résolution en réponse à l’initiative citoyenne européenne End the Cage Age en faveur de l’interdiction progressive, d’ici 2027, de l’élevage en cage d’animaux, après la publication par la Commission européenne d’une évaluation d’impact. Les eurodéputés souhaitent que cette interdiction soit mise en place après une période de transition et sur la base d’une approche espèce par espèce en tenant compte des caractéristiques des différents animaux. Ils demandent également, pour aider les agriculteurs à atteindre cet objectif, des soutiens appropriés et insistent sur la nécessité d’imposer des normes équivalentes aux produits importés. Une résolution globalement saluée par les organisations et coopératives agricoles de l’UE (Copa-Cogeca) car elle «ramène les réalités économiques agricoles dans le débat sur l'utilisation des cages». Le Copa-Cogeca insiste, dans un communiqué, sur la nécessité d'une évaluation d'impact complète avant de fixer une date d'abandon progressif.

Ruralité: «manifestation virtuelle» de la FNSEA et de la FNC (chasseurs) le 12 juin

La FNSEA et la FNC (fédération des chasseurs) appellent à une «manifestation virtuelle» le 12 juin pour «faire entendre la voix des ruraux». «Aujourd'hui, seule l'écologie dogmatique et punitive semble avoir de l'écho alors que nos activités sont une chance pour nos terroirs», peut-on lire sur le site www.liberteruralite.fr, qui hébergera la mobilisation. «Accuser les ruraux, considérés par les "élites" auto-proclamées comme des Français rétrogrades et réfractaires à la transition écologique ou agro-écologique, est devenu une ritournelle verte», dénoncent les présidents de la FNC Willy Schraen et de la FNSEA Christiane Lambert, dans une tribune parue le 9 juin sur le site du Journal du dimanche. «Cette stigmatisation doit cesser, exigent-ils. Le rôle des agriculteurs et des chasseurs doit être reconnu comme source de solutions face aux enjeux de demain, qu'ils soient climatiques, écologiques ou sociétaux.» La manifestation virtuelle débutera le 12 juin à 9h. Dès 7h, les participants pourront «envoyer une revendication qui s’affichera sur la plateforme en temps réel». Sont aussi prévues des prises de parole des responsables syndicaux et des témoignages des manifestants.

Allongement du congé paternité: top départ pour les bébés de juillet

L’allongement de la durée du congé paternité pour les non-salariés agricoles entrera en vigueur le 1er juillet, comme le prévoit la loi de financement de la sécurité sociale (LFSS) pour 2021. A partir de cette date, la durée du congé paternité passera de 11 à 25 jours pour la naissance d’un enfant, et de 18 à 32 jours pour une naissance multiple. Durant ce congé, les agriculteurs doivent cesser toute activité sur leur exploitation et être remplacés dans leurs travaux par le Service de remplacement (SR). «Le remplacement est financé intégralement (hors prélèvements sociaux) par une allocation versée par la MSA», rappelle le SR dans un communiqué le 10 juin.