Vins et spiritueux
Les exportations ont plongé au premier semestre

David Duvernay
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Les effets cumulés de l’épidémie de Covid-19 et des taxes américaines ont lourdement affecté les ventes sur les marchés américains, britanniques ou chinois. Le secteur a perdu 1,6 milliard d’euros de chiffre d’affaires en six mois.

Les exportations ont plongé au premier semestre

Les exportations françaises de vins et spiritueux ont connu un premier semestre 2020 calamiteux du point de vue commercial, rapporte la Fédération des exportateurs de vins et spiritueux (FEVS). Les ventes, tous produits et destinations confondus, se sont effondrés de 25 % en valeur (5 milliards d’euros /Mds€) et de 13 % en volume (83 millions d’hectolitres/ Mhl), indique la fédération. Le plongeon représente une perte de 1,6 milliard d’euros de chiffre d’affaires, le secteur retrouvant ses niveaux de 2012. Si la dégringolade n’a épargné aucune production, ce sont les ventes de spiritueux et les vins mousseux qui ont payé le plus lourd tribut à la crise, avec un recul de chiffre d’affaires de 29 % pour les premiers (à 1,5 Mds€) et de 29 % également pour les mousseux comme le champagne (1 Md€). Les vins tranquilles, à - 19 % (pour 2,4 Mds€), ne s’en sortent cependant guère mieux.

Tous les marchés sont orientés à la baisse, avec des records pour les deux premiers débouchés de la filière à l’export que sont les Etats-Unis (-40 %) et le Royaume-Uni (-24 %), mais aussi pour la Chine (-40 %). Les exportateurs français ont cumulé ces derniers mois les conséquences de la pandémie de Covid-19 sur le commerce international et celles des taxes américaines appliquées aux vins français depuis le mois d’octobre 2019. "Les Etats-Unis représentent à eux seuls près d’un tiers" de la baisse des ventes enregistrées au premier semestre, remarquent les exportateurs dans un communiqué dans lequel ils exhortent une nouvelle fois le gouvernement à prendre "des mesures concrètes" face aux sanctions américaines.

"Pas d’escalade avec les Etats-Unis"

Lors d’une rencontre avec Franck Riester début septembre, le président de la FEVS, César Giron, a cependant demandé au ministre délégué au Commerce extérieur et à l’Attractivité "d’éviter toute escalade des sanctions commerciales avec les Etats-Unis, qui ne viendrait quaggraver une situation déjà particulièrement difficile pour les entreprises". La priorité de la France et de l’Union européenne doit être selon lui "de résoudre rapidement ce contentieux et normaliser la relation commerciale transatlantique".

La perspective d’un « No Deal » avec le Royaume-Uni inquiète également vivement les exportateurs qui ont pointé au ministre la nécessité "de préparer dès à présent une solution permettant de maintenir la fluidité des échanges de vins et spiritueux avec le Royaume-Uni".

La bonne récolte 2020 se confirme

Les estimations établies au 1er septembre par le service de la statistique et de la prospective (SSP) du ministère de l’Agriculture confirment celles du mois dernier. La vendange s’établirait, en 2020, à 45 millions d'hectolitres, soit un niveau supérieur de 6 % à celle de 2019 et de 1 % à celui de la moyenne des récoltes des cinq dernières années. Bien qu’en légère augmentation sur un an (+ 2 %), les volumes en AOP seraient inférieurs à leur niveau moyen sur cinq ans (- 2 %). Certaines interprofessions de bassins ont en effet décidé de fixer leur niveau de vins en appellation plus bas que ceux de 2019, en raison d’un marché économique dégradé par la crise du Covid-19. La production globale est orientée à la hausse sur un an dans tous les bassins viticoles, à l’exception du Sud-Est.