Rigotte-de-condrieu
« Une production valorisante »

Emmanuelle Perrussel
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Delphine et Patrick Julien sont éleveurs caprins aux Haies et produisent de la rigotte-de-condrieu. Un atout pour leur exploitation.

« Une production valorisante »

Ils font partie des quelques producteurs du petit fromage au lait cru sous appellation d’origine protégée (AOP). Installés depuis 1999 à la suite des parents de Delphine qui élevaient des moutons et des chèvres sur 18 ha depuis 1975, le couple a repris le flambeau en se consacrant exclusivement à l’élevage caprin, avec un atelier de porcs en plein air pour valoriser le petit lait.

Ils sont aujourd’hui à la tête d’un troupeau de 100 chèvres, à 80 % de race saanen et 20 % chamoisées. « Nous élevons également 4 boucs et 25 chevrettes. Notre exploitation s’étend sur 40 ha dont 6 à 7 ha de céréales (orge et méteils), 8 ha de prairies naturelles et le reste en légumineuses (trèfle, luzerne, fétuque…) », indiquent Patrick et Delphine Julien, qui sont labellisés AB depuis 2021.

60 000 l transformés

La quasi-totalité de la production laitière est transformée à la ferme, sauf le lait produit le week-end de temps en temps et pour des absences occasionnelles, qui est livré à la laiterie Jeandin de Saint-Symphorien-sur-Coise. La gamme de fromages est composée en grande partie de rigotte-de-condrieu mais compte aussi des briques, des fromages de format saint-félicien, des fromages blancs, des tommes daubées, des fromages apéritifs plus des yaourts, des faisselles, etc. Ces produits sont commercialisés en circuits courts : vente à la ferme depuis les confinements, sur le marché de Vienne (38), depuis 2 magasins de producteurs (La Croisée des fermes à Solaize et La ferme courtoise (38), via quelques restaurants des environs et des magasins de produits frais (Le jardin de la côte-rôtie à Ampuis et la Vie claire de Sainte Colombe).

« La rigotte ? Mes parents en faisaient déjà, André Satre, mon père est l’un des fondateurs de ce fromage et parmi ceux qui se sont démenés pour obtenir l’AOC en 2009 puis l’AOP en 2013. L’AOP n’a pas changé nos pratiques, la principale contrainte liée au cahier des charges est quand nous devons acheter du fourrage à l’extérieur en années sèches, mais nous avons des dérogations. Pour nous producteurs, cette appellation est un atout car notre lait est correctement valorisé. Ce produit est connu et apprécié des consommateurs, d’autant plus dans un contexte où le lait de chèvre fait désormais partie des habitudes de consommation de nombreuses personnes ! Quand c’est possible, nous sommes présents au Salon international de l’agriculture aux côtés des producteurs de picodon et de chevrotin », détaille Delphine.

Les producteurs de rigottes sont peu nombreux et soudés. Ils aiment se retrouver notamment à l’occasion de la foire de Condrieu, quand la situation sanitaire le permet. « En revanche, il y a peu d’installations dans notre filière. C’est dommage car c’est une production valorisante… », conclut Patrick.