EXCLU WEB
Ça s’emballe pour le travail du sol

David Duvernay
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Dans un contexte environnemental et réglementaire changeant, de plus en plus de domaines viticoles travaillent les sols de leurs parcelles. Et la dynamique est telle que fournisseurs et concessionnaires ont parfois du mal à livrer rapidement. 

Ça s’emballe pour le travail du sol

Le travail du sol est en plein boom au sein de la filière viticole. Alors que le glyphosate reste toujours sur la sellette, Maisons et domaines doivent repenser l’entretien de leurs sols viticoles. Ils s’équipent progressivement et autrement, selon leur stratégie, la configuration de leur vignoble et leur capacité financière. 
Du côté des vendeurs et des concessionnaires, on confirme une dynamique attrayante pour ces outils présents sur le marché. "Le travail du sol, c’est le sujet à la mode, lance Frédéric Sornin, vigneron à Régnié Durette et créateur de Belhomme Grande Bourgogne, qui fournit chaque année une vingtaine de domaines du Beaujolais et du Mâconnais. Nous avons fait le choix de ne pas tout avaler d’un coup. On ne court pas après les clients. Nous sommes déjà bien sollicités".

"Un intérêt à long terme"

"Un intérêt à long terme"

Fabien Pinguet, commercial pour l’entreprise Colinet Agri Beaujolais, concessionnaire basée à Saint Joseph, sur les hauteurs de la commune de Villié Morgon, confirme un afflux des commandes de la part des viticulteurs et viticultrices, soucieux de s’adapter à un contexte environnemental changeant. "Ils regardent aussi leur portefeuille et constatent que les prix des herbicides ont augmenté. Ils comprennent qu’ils ont tout intérêt, à long terme, à investir dans du matériel de travail du sol, comme des doigts Kress par exemple." Dans le Beaujolais, les domaines ont pu bénéficier d’un coup de pouce financier, grâce au Plan Beaujolais de la Région Auvergne – Rhône-Alpes (Département et EPCI aussi), ce qui a incité des viticulteurs à sauter le pas. "On peut en faire l’éloge de ce plan, confie Frédéric Sornin. Ce sont des matériels qui peuvent coûter cher. Sans ces subventions, ça aurait été compliqué pour certains de les financer. Il faut espérer qu’il soit reconduit. Sinon, les viticulteurs pourront toujours aller au Crédit Agricole, mais il faudra rembourser le prêt quoi qu’il arrive. Mais la situation dans le Beaujolais s’améliore, ce qui nous permettra de gagner une marge d’investissement".

Des délais de livraison importants parfois

Des délais de livraison importants parfois

La demande pour du matériel de travail du sol est au beau fixe donc. Mais l’offre suit elle cette dynamique ? Si la palette des produits proposés sur le marché est assez exhaustive (doigts Kress, disques émotteurs, etc.) et peut répondre à des besoins très précis et des profils de parcelles diverses et variés, comme dans le Beaujolais (gobelet, vignes larges, vignes étroites, etc.), fournisseurs et concessionnaires doivent néanmoins composer avec des délais de livraison très longs. "En raison de l’augmentation du prix du fer de 30 %, lié à la crise du covid, nos fournisseurs ont du mal à se réapprovisionner et donc à nous livrer dans les temps., On a quelques stocks d’avance, notamment pour les doigts Kress. Mais ce matériel part vite. On aimerait satisfaire tout le monde mais les demandes varient d’un vigneron à un autre et on ne peut pas tout avoir en stock non plus" reconnaît Fabien Pinguet. Le commercial de Colinet confie également que le secteur du machinisme agricole souffre d'un manque de main-d'oeuvre dans ses ateliers.