À Lancié, les responsables professionnels viticoles du Beaujolais ont accueilli les élus du Département du Rhône et de la Région Aura, en présence également des arboriculteurs de Bessenay. S'il est encore trop tôt pour évaluer définitivement les pertes causées par le gel, les élus ont promis des aides.

Premier regard sur les dégâts

Ce vendredi soir, sur la commune de Lancié, où trône l'imposant panneau de la marque territoriale Très Beaujolais, Laurent Wauquiez, président de la Région Auvergne - Rhône-Alpes, Christophe Guilloteau, président du Département du Rhône, et d'autres élus locaux et parlementaires ont rencontré les responsables de la filière viticole du Beaujolais, afin de constater avec eux les dégâts liés à l'épisode de gel, en trois étapes : "un gel modéré le mardi, une gelée noir sur les hauteurs le mercredi et violente dans les bas-fonds le jeudi, sans vent" selon Daniel Bulliat.

"Désolant en raison de la dynamique positive sur les marchés"

Pour le président d'Inter Beaujolais, 48 heures après, il est encore difficile d'évaluer précisemment les dégâts et surtout les pertes de volume engendrées par ce gel qui a touché l'ensemble du pays. "C'est très hétérogène, en fonction des vignes, de la période de taille, des cépages, etc. Les chardonnays sont les plus touchés car plus avancés et développés par rapport au gamay. On peut être pessimiste pour le chardonnay qui n'est pas fructifère à l'inverse des contre-bourgeons de gamay. Pour notre vignoble, c'est surtout désolant en raison de la dynamique positive sur les marchés. On a besoin de vin. On espère qu'il en restera plus qu'on ne le croit...", a commenté Daniel Bulliat.

Des arboriculteurs du secteur de Bessenay ont fait le déplacement sur les parcelles du cru fleurie pour tirer un bilan provisoire d'une situation néanmoins jugée "grave" par Franck Chaverot. "C'est également trop tôt pour annoncer des pourcentages de perte. Mais des arboriculteurs dont les vergers sont situés dans les bas-fons ont perdu 100 % de leur récolte. Nous étions plusieurs à lutter contre le gel avec différentes techniques. À - 3 °C, c'est efficace. En dessous, c'est trop compliqué... Mais il restera de la cerise", a ajouté l'arboriculteur de Bibost, afin de ne pas susciter d'inquiétudes auprès des consommateurs, position également adoptée par les responsables viticoles du Beaujolais.

Preuve de l'hétérogénéité des dégâts, sur un même cep, des bourgeons ont été épargnés par le gel, d'autres pas...

Rendez-vous dans un mois

Face à "ce nouveau drame", selon Pascal Girin, président de la FDSEA, "et qui concerne aussi le canton de Mornant" a complété Gérard Bazin, président de la chambre d'agriculture, Laurent Wauquiez et Christophe Guilloteau se disent prêts à apporter leur soutien aux filières touchées. Quelques heures avant sa visite dans le Beaujolais, le président de la Région Aura avait annoncé le déblocage en urgence d'un fonds de 15 millions d'euros. "Ces aides devront être complétées par des aides nationales et européennes. Le ministre de l'Agriculture a activé le dispositif de calamités agricoles. Mais ça ne sera pas suffisant. Un fonds spécial national doit être constitué. Car le danger, c'est la perte d'exploitations, voire de filières sur des territoires", a laissé craindre Laurent Wauquiez, réclamant tout comme Pascal Girin une refonte du système assurantiel. "Nous essayons aussi d'anticiper ces aléas climatiques comme pour la grêle et la sécheresse, avec des systèmes préventifs. Malheureusement, nous n'avons pas les ressources financières pour assumer des pertes comme celle-ci...", a déclaré le président de la FDSEA. Les élus et les responsables professionnels ont prévu de se revoir dans un mois pour tirer un bilan plus précis des dégâts.