Terre des Brouilly
Du changement dans la continuité

David Duvernay
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Les trois nouveaux coprésidents présentent les grandes lignes du projet des crus brouilly et côte-de-brouilly.

Du changement dans la continuité

Comme une passation de pouvoir. Jeudi 3 décembre, à l’Espace des Brouilly à Saint Lager, les trois nouveaux coprésidents des crus brouilly et côte-de-brouilly, Emmanuel Jambon, Olivier Pezenneau et Robert Perroud, ainsi que les autres membres du bu­reau ont retrouvé leurs prédécesseurs (Loïc Condemine et Claude-Édouard Geoffray), ainsi que les responsables de l’Espace des Brouilly et le person­nel du cru (Nancy Blondin) et de l’ODG (Nathalie Chuzeville).

Entre transmission des dossiers, ré­partition des tâches et réorganisation du fonctionnement interne, la nouvelle équipe dirigeante se dit prête « à pour­suivre ce qui a été mis en place. On veut continuer sur la même dynamique, mais aussi l’améliorer, la rendre plus attrac­tive pour que les vignerons de nos deux crus viennent à nous », commentent Em­manuel Jambon et Olivier Pezenneau, les deux nouveaux coprésidents, avec Robert Perroud, le seul à être resté en poste. « On veut fédérer les opérateurs. C’est la base d’une AOC. C’est une marque collective et on défend tous le même mail­lot. Si nos crus sont plus forts, les vigne­rons le seront aussi », confirme-t-il

Rendre leurs appellations plus fortes et plus attractives auprès des acheteurs. L’ambition est clairement affichée par les trois coprésidents. Et les moyens alloués aussi. En juin 2021, des vigne­rons des deux crus participeront au sa­lon professionnel Wine Paris, qui devait se tenir du 15 au 17 février. Toujours si les conditions sanitaires le permettent, Terre des Brouilly s’associera à nouveau à l’événement Bienvenue en Beaujono­mie, organisé par Inter Beaujolais. « Avec la Covid-19, nous avons revu à la baisse nos projets ces derniers mois. Mais c’est pour mieux rebondir ensuite », promettent-ils. En matière de communication, Terre des Brouilly va encore renforcer ses outils, avec l’embauche d’une personne en­tièrement consacrée à l’animation des réseaux sociaux. « On a les compétences et le savoir-faire. Mais le faire savoir, c’est encore plus important », ajoute Robert Perroud.

Lieux-dits et brouilly blanc 

Enfin, les deux crus vont continuer à inviter et/ou rencontrer des profes­sionnels du monde du vin (journalistes, sommeliers) pour leur donner envie de défendre les vins de l’appellation. Gaétan Bouvier meilleur sommelier de France en 2016, fait déjà partie des adeptes des crus brouilly et côte-de-brouilly. Régu­lièrement, ces derniers mois, il a été invité à participer à des dégustations et des visites dans les vignes. « Il vient en toute amitié, et aussi parce qu’il est tombé amoureux de nos deux crus. Il trouve justement que le Beaujolais n’est pas à sa juste place. C’est un convaincu. Maintenant, il faut en attirer d’autres », reconnaissent-ils.

Les trois coprésidents font aussi de la valorisation un enjeu majeur. Elle passera évidemment par la montée en gamme des deux appellations. Sur ce dossier fortement soutenu par l’ODG de l’Union des crus, les crus brouilly et côte-de-brouilly sont sur la bonne voie. Un dossier pourrait être déposé auprès de l’Inao dans les deux prochaines an­nées. « La montée en gamme est égale­ment un projet propre à chaque domaine. Les producteurs sont de plus en plus à revendiquer des lieux-dits. Mais ils doivent continuer à valoriser leurs cuvées et ne pas hésiter à augmenter les prix », exhorte Emmanuel Jambon.

Enfin, produire un brouilly blanc, idée di­vulguée par Robert Perroud lors de l’as­semblée générale de Terre des Brouilly en 2019, continue de faire son chemin. « Nous avons les terroirs pour. Et ce qui est rare se valorise très bien. Il ne faut pas tout miser sur une couleur. Certes, c’est un projet à long terme. Mais l’Inao se félicite de notre réflexion et qu’une appellation prenne une telle initiative, au-delà des évolutions du cahier des charges. Une appellation existe pour vivre… », conclut Robert Perroud.