L'info' en bref
Chartes ZNT, Comptes de l'agriculture 2020, Lait de chèvre...

David Duvernay
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L'essentiel de l'information agricole nationale et régionale de ces dernières heures, à lire chaque lundi, mercredi et vendredi dès 9 h.

Chartes ZNT, Comptes de l'agriculture 2020, Lait de chèvre...

Chartes ZNT : relance des concertations en préfecture (Matignon)

Matignon indique ce 7 juillet à Agra Presse qu’une instruction a été envoyée aux préfets pour relancer les concertations autour des chartes départementales d'application des zones de non-traitement (ZNT), faisant suite de la décision du Conseil constitutionnel de mars dernier annulant le texte réglementaire encadrant l'élaboration de ces documents. "Ces consultations seront effectuées par les préfets (et non plus les chambres d’agriculture) et selon les principes du code de l’environnement", souligne Matignon à Agra Presse, précisant que les concertations devront être lancées entre le 5 et le 16 juillet. "Ce sont désormais les préfets qui sont en charge, mais certains ont déjà contacté les élus agricoles pour mener à nouveau ce travail de concert", confie Christian Durlin, vice-président de la commission environnement de la FNSEA. Et de préciser que le syndicat majoritaire aurait préféré que la reprise de la consultation soit réservée "à quelques cas particuliers". Saisi par d'une Question prioritaire de constitutionnalité par Générations Futures, le Conseil constitutionnel avait annulé en mars 2021 les dispositions de la loi Egalim détaillant la méthode de concertation autour des chartes. Pour les Sages, la concertation tenue avec les seuls représentants des habitants à proximité des zones traités ne satisfaisait pas aux exigences de la Charte de l'environnement.

Comptes de l'agriculture 2020 : le «PIB agricole» chute moitié moins que prévu

L’Insee a publié le 7 juillet les comptes provisoires 2020 de l’agriculture, montrant une baisse de 2,6 % en euros courants de la contribution du secteur au PIB (valeur ajoutée brute au coût des facteurs), moins dans le rouge que prévu sous l’effet de meilleurs prix des grains. Exprimé par actif, ce « PIB agricole » connaît une diminution de 0,9 % sur un an, de 3,3 % en euros constants. L’année 2020 a été marquée par des accidents climatiques (sécheresse, canicule), amputant les volumes de produits végétaux de 4,8 %, et par les fermetures des restaurants, la peste porcine africaine (PPA), faisant plier la valeur des produits animaux de 0,9 %. Mais un début de flambée des prix des grains est intervenu, qui participe à une révision le 7 juillet du « PIB agricole », en recul mais moitié moins que prévu en décembre. L’Insee confirme en revanche un peu plus la baisse des subventions (-5,6 %) "en raison principalement de la disparition du crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE), transformé en allègement de cotisations patronales au 1er janvier 2019". Enfin, les consommations intermédiaires affichent un repli de 2%, "du fait essentiellement de la moindre consommation d’engrais et de la baisse des prix de l’énergie".

Comptes de l’agriculture 2020 : les organisations entre alarmisme et vigilance

La baisse du « PIB agricole » (valeur ajoutée brute au coût des facteurs) de 2,6 % en 2020, selon les comptes de l’agriculture établis le 7 juillet par l’Insee, suscite chez les organisations des commentaires entre alarmisme et vigilance. Du point de vue de la FNSEA, "les agriculteurs ne sont pas récompensés de leurs efforts" : s’ils ont fait preuve de résilience face à la crise de la Covid-19, le résultat brut du secteur baisse pour la deuxième année de suite. La fédération dit "attendre beaucoup des travaux du Varenne agricole (…), des suites de la proposition de loi Besson-Moreau ou encore du Plan de relance". A la CR, l’accent est mis sur la dégradation du solde des échanges extérieurs de produits agricoles (-437 M€). Elle pointe l’"échec des politiques agricoles européenne et française qui ne permettent plus de nous battre avec des pays ne respectant pas nos normes de production". Côté APCA (chambres d’agriculture), on souligne une baisse des investissements "depuis dix ans". "Au moment où se dessinent les contours de la prochaine Pac, il faut garder à l’esprit que les agriculteurs français ont besoin d’un horizon clair et visible pour la conduite et la modernisation de leurs exploitations", déclare le président Sébastien Windsor.

Lait de chèvre : la Fnec alerte sur la hausse historique des charges en élevage caprin

La Fnec (éleveurs de chèvres, FNSEA) alerte, dans un communiqué du 7 juillet, sur la hausse des coûts de production de lait de chèvre qui atteignent "des sommets historiques en 2021" Le syndicat pointe la forte progression de l’Ipampa (indice des prix d'Achat des moyens de production agricole) du lait de chèvre : « les indices de février (109,6), mars (110,4) et avril 2021 (111) sont les plus élevés depuis janvier 2005, dépassant même l’indice le plus élevé constaté jusqu’à aujourd’hui en décembre 2012 (108,3) ! ». Cette hausse se traduirait, dans les exploitations, par un surcoût de 30 à 50 €/1000 litres selon les régions portant le prix de revient du lait de chèvre à 840 €/1000 litres en moyenne. Aussi, la Fnec "demande à tous les opérateurs de s’engager à revaloriser le prix du lait de chèvre dans les prochains mois pour permettre aux éleveurs de passer cette période de hausse des charges historique et ne pas mettre en danger la dynamique de la filière caprine". Lors des dernières négociations commerciales annuelles entre la grande distribution et ses fournisseurs qui se sont finalisées au 1er mars, le syndicat demandait une valorisation du lait de chèvre à hauteur de 790 €/1000 litres.

Climat : Bruxelles envisage un objectif de neutralité pour l'agriculture, les sols et la forêt

La Commission européenne va bien proposer d’intégrer à l’avenir les émissions hors CO2 de l’agriculture dans le cadre de la révision de la réglementation sur l’utilisation des terres, le changement d’affectation des terres et la foresterie qui sera présentée le 14 juillet avec le reste du vaste paquet d’ajustement de la législation européenne aux nouveaux objectifs climatiques. Selon un projet qui circule déjà à Bruxelles, à partir de 2031, le champ d’application du règlement pourrait être élargi aux émissions hors CO2 du secteur agricole (méthane, oxyde d’azote). Une fois l’agriculture incluse, le règlement fixerait un objectif de neutralité climatique au plus tard en 2035 pour les émissions et les absorptions de GES de l’ensemble de son nouveau périmètre renomé Agriculture, foresterie et autres utilisations des terres (AFOLU). Après cette date, l’objectif serait de parvenir à des émissions négatives afin de compenser en partie les rejets d’autres secteurs non couverts par le règlement. En attendant, Bruxelles compte relever l’objectif d’absorption nette du secteur LULUCF à 310 millions de tonnes d’équivalent CO2 d’ici 2030 contre 225 millions de t aujourd’hui. Ces absorptions seront réparties entre les États membres à partir de 2026 afin de déterminer des objectifs nationaux contraignants à atteindre.

Affichage environnemental : l'Itab publie sa méthode soutenue par les ONG et la bio

Quinze organisations, dont plusieurs associations de protection de l’environnement comme le WWF ou Générations Futures, ainsi que le Synabio (transformateurs et distributeurs spécialisés) et la Fnab (agriculteurs bio), affirment publiquement ce 8 juillet leur soutien au Planet-score dévoilé par l’Itab, en demandant au gouvernement de s’en saisir "comme référence pour le futur affichage environnemental des aliments". Développé dans le cadre de l’expérimentation prévue par la loi Agec de 2018, ce système de notation "permet de corriger les biais et les lacunes de l’analyse du cycle de vie (ACV)", selon le communiqué envoyé par les organisations. Comme le Nutri-score, le Planet-score propose une note générale entre A et E, complété par quatre sous-indicateurs sur les pesticides (effets sur la santé humaine), la biodiversité, le climat, et le bien-être animal. "80% des consommateurs préfèrent un affichage avec ces différents indicateurs à un affichage simplifié (note unique)", soulignent les organisations, sur la base d’un sondage mené début juin 2021. Comme l’illustre le communiqué, alors que le lait d’alpage était moins bien noté que le lait de vache élevées en bâtiment dans le cadre de la base Agribalyse développée par l’Ademe, le Planet-score accorde une note A au premier, et E au second. Par un communiqué du 8 juillet présentant ses propres conclusions, Interbev "salue l’initiative", en précisant que les indicateurs proposés "sont en phase avec nos constats et propositions".

Viandes rouges : Jean-Pierre Bonnet nommé à la tête des filières Labels rouges

Jean-Pierre Bonnet a été nommé président de Fil rouge, la fédération interprofessionnelle des Labels rouges boeuf, veau et agneau, annonce la structure dans un communiqué paru le 8 juillet. Jean-Pierre Bonnet est éleveur de vaches de race Limouse Label Rouge à Chateau-Chervix (87), et président de l'Organisme de défense et de gestion (ODG) Limousin Promotion. Il remplace Pierre Cabrit.