L’info’ en bref
MAEC, photovoltaïque, Egalim 2, fruits et légumes...

David Duvernay
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L'essentiel de l'information agricole nationale et régionale de ces dernières heures, à lire chaque lundi, mercredi et vendredi dès 9 h.

MAEC, photovoltaïque, Egalim 2, fruits et légumes...

MAEC : un rapport commandé par le ministère défend des mesures non-zonées

Dans une étude parue le 1er juin à la demande du Centre d’études et de prospective (CEP, ministère de l'Agriculture), des expertes liées au cabinet Oréade-Brèche estiment que certaines mesures nécessitant peu d’adaptation locale pourraient "faire l'objet de MAEC non zonées". Rappelant que la plupart des MAEC sont actuellement mises en œuvre grâce à des PAEC (programmes agro-environnementaux et climatiques), les auteures citent parmi les mesures "dézonables" l’entretien d’arbres isolés, la réduction des produits phytosanitaires par paillage ou diversification, ainsi que les "mesures systèmes herbagers et pastoraux". «Les PAEC nécessitent des moyens humains et financiers consacrés à la co-construction et à la vie du projet", rappellent les expertes. Concernant les huit PAEC étudiés, "le suivi-évaluation reste un point faible", soulignent les auteures, insistant sur le manque d’accès aux données. Seules quelques Régions, comme Rhône-Alpes et Centre-Val-de-Loire, auraient selon elles mobilisé les PAEC "pour opérer une sélection réelle" sur les MAEC, la plupart des autres recourant plus simplement aux zones d’actions prioritaires (ZAP). Or la sélection des projets, insistent les expertes, "doit s’appuyer sur des critères transparents".

Contrats photovoltaïques : l'APCA et la FNSEA plaident la particularité agricole

L’Assemblée permanente des chambres d’agriculture et la FNSEA demandent au gouvernement d'intégrer la particularité agricole dans le projet de révision tarifaire photovoltaïque présenté le 2 juin par le gouvernement. "Il est nécessaire que les particularités des projets agricoles soient prises en compte : la FNSEA et l'APCA poursuivront leur combat pour exclure les bâtiments à vocation agricole du dispositif" de révision, lancent les organisations dans un communiqué le 4 juin. Ce projet de révision "menace de faillite plus de 500 producteurs". Le gouvernement prévoit de "revoir la rémunération de certains contrats d’achat de l’électricité pris au titre des arrêtés tarifaires de 2006 et 2010", indique le ministère de la Transition écologique dans un communiqué du 2 juin. Il s’agit de tarifs photovoltaïques qui avaient été conclus à des niveaux incitatifs pour les producteurs pendant cette période pionnière de l’électricité photovoltaïque. Mais la révision prévoit aussi "une clause, dite de sauvegarde, visant à maintenir la viabilité des producteurs et prévoit à ce titre une possibilité d’analyse individuelle des dossiers", précise le ministère. C’est sur le respect de cette clause que la FNSEA et l'APCA attendent le gouvernement dans la consultation publique qui vient de commencer.

Fruits et légumes prêts à l'emploi: coûts de production en hausse, alerte le SVFPE

Le SVFPE, syndicat des fabricants de produits végétaux frais prêts à l’emploi (salades en sachet, etc.), s’alarme d’une "hausse généralisée" des coûts de production. Dans un communiqué du 7 juin, il évoque une hausse "record" des coûts d’emballage en plastique et en carton, ainsi qu’une "flambée des tarifs liés au transport". Des surcoûts qui s’ajoutent aux "lourds investissements" engagés dans la transition agroécologique et l’économie circulaire (notamment agriculture bio, réduction des phytos et adaptation au changement climatique), ainsi qu'au manque à gagner lié à la fermeture de la RHD depuis le début de la crise sanitaire. "La juste valorisation des fruits et légumes frais prêts à l’emploi doit permettre d’agir réellement en faveur de la pérennité du maraîchage en France et de la production française", clame le SVFPE, qui s’inquiète d’une diminution du nombre de maraîchers.

Egalim 2 : le rapporteur travaille sur des réglages pour une loi «moins contraignante»

Interrogé par Agra Presse le 8 juin, Grégory Besson-Moreau, auteur et futur rapporteur de la proposition de loi (PPL) "visant à protéger la rémunération des agriculteurs", aussi appelée Egalim 2, affirme avoir "rassuré" les acteurs des filières alimentaires qui avaient pu émettre des craintes sur le texte. "Nous avons travaillé sur des propositions d’amendements pour faire en sorte que le texte de loi soit moins contraignant tout en gardant l’objectif de meilleure transparence pour une meilleure rémunération des agriculteurs en sécurisant le secret des affaires", explique le député de l’Aube. Si les consultations sont encore en cours pour calibrer ces nouveaux amendements, l’élu explique "travailler pour plus de transparence auprès de la grande distribution, plus de protection sur la construction du tarif pour les industriels et pour le monde agricole, pour plus de protection lorsqu’il souhaite saisir le médiateur". "Nous avons trouvé un équilibre entre la grande distribution, l’agroalimentaire et l’agriculture", assure-t-il. L’examen de la PPL commencera le 15 juin en commission des affaires économiques, avant de se poursuivre en plénière le 24 juin.

Grains : la récolte prévue à la hausse en orge d’hiver, au plus bas en colza (ministère)

Le service statistique du ministère de l’Agriculture (Agreste) a publié le 8 juin ses premières estimations de récolte de grains, montrant des orges d’hiver en forte hausse, le colza au plus bas sur 20 ans. "La production de colza d’hiver, inférieure à 3 Mt, serait la plus faible depuis 2001", selon une note. Pourtant, son rendement est attendu en légère hausse, à 30 q/ha (contre 29,3 q/ha l’an dernier). Mais les surfaces accusent un net repli (-11,5 % sur un an). La région Centre-Val-de-Loire se distingue avec une production de colza en hausse de 6,9 % sur un an, quand les régions de l’Est subissent un fort recul : -58 % en Lorraine et -46 % en Champagne-Ardenne. "La production d’orges d’hiver est estimée en forte hausse (+19,3 % sur un an), à 7,7 Mt, grâce à une hausse des surfaces et surtout des rendements", d’après Agreste. La sole serait en légère progression sur un an (+2,7 %), mais inférieure à la moyenne quinquennale (-9,4 %). Le rendement, à 64,1 q/ha (contre 55,2 q/ha en 2020) dépasserait la moyenne 2016-20 (62,0 q/ha).

Petites retraites agricoles : la PPL Chassaigne largement remaniée en commission

La commission des affaires sociales de l’Assemblée a adopté, le 8 juin, la proposition de loi du député André Chassaigne (PCF) sur la revalorisation des pensions de retraites agricoles les plus faibles, amputée de trois articles. Exit les articles 4 et 5 sur la création d’une taxe additionnelle pour financer la réforme. Exit, aussi, l’article 2 sur l’élargissement de l’accès au complément différentiel de retraite complémentaire obligatoire (CDRCO) aux conjoints collaborateurs et aux aides familiaux. Les députés centristes Nicolas Turquois et Jacqueline Dubois ont argué que ceux qui cotisent moins (les aides familiaux et conjoints collaborateurs) ne peuvent avoir la même retraite que ceux qui cotisent plus (les exploitants). L’article premier visant à aligner la pension majorée de référence des conjoints collaborateurs et aides familiaux (PMR2) sur celle des chefs exploitants (PMR1) a été conservé, ce qui permettra un gain moyen mensuel de 62€ pour les bénéficiaires. Mais il a été au passage amendé pour supprimer la convergence entre la PMR et les règles plus favorables du minimum contributif (Mico, en vigueur dans le régime général) que souhaitait M. Chassaigne.