Jeunes agriculteurs
Regarder vers l’extérieur

Marie-Cécile Seigle-Buyat
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Rémi Laffay a été élu président de JA du Rhône pour deux ans. Installé dans l’Ouest du département, à Amplepuis, il parle d’une génération d’agriculteurs à renouveler dans les cinq prochaines années. Et pour cela, valoriser l’image du métier pour l’ouvrir à d’autres profils est un enjeu majeur.

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Droit réservé

Entre le Rhône et la Loire, il a dû choisir. Et l’attractivité lyonnaise a été plus séduisante. La particularité du Gaec familial dont fait partie Rémi Laffay se trouve être l’implantation de l’exploitation sur deux départements. « Le bâtiment principal est situé à Lay
(42) alors que le siège social est à Crocomby un lieu-dit d’Amplepuis », précise le nouveau président des Jeunes agriculteurs du département. Parce qu’il a été soutenu dans son installation en janvier 2012, l’agriculteur de 29 ans veut à son tour s’investir pour les autres. « J’ai été épaulé, je veux rendre la monnaie de la pièce et défendre les aides qui sont essentielles dans l’élevage. De plus, le syndicat est moteur dans les démarches d’installation, un sujet majeur. D’ici cinq à dix ans, une vague d’agriculteurs va partir à la retraite. Depuis quelques semaines, on entend une volonté de relocaliser la production, mais sans agriculteurs ça va être compliqué. » Un objectif qui pourrait bien être la ligne conductrice de son mandat de deux ans : « la technologie nous accompagne chaque jour un peu plus, mais il va manquer de main-d’oeuvre et c’est bien ce que nous allons défendre avec les sept membres du bureau : l’installation et travailler sur le renouvellement. » Alors comment séduire une nouvelle génération d’agriculteurs ?

Être agriculteur, c’est être un bon gestionnaire

« On doit aller chercher du monde ailleurs que dans le seul héritage familial et cela passe par valoriser l’agriculture. Même si ce n’est pas le coeur de notre métier, je pense que nous ne pouvons pas négliger cette communication, à nous de la prendre en main. Être agriculteur aujourd’hui, c’est produire, vendre et surtout être un bon gestionnaire. »
À l’Ouest du département, sur un relief accidenté, le basketteur d’Amplepuis ne pensait pas s’installer si rapidement. Comme souvent, c’est l’opportunité qui dessine la route. Après un bac scientifique, il poursuit sur un BTS production animale à Ressins (42). S’il savait que sa voie professionnelle était l’agriculture, Rémi, bon élève, a choisi de suivre des études générales source de plus de débouchés. « J’ai eu l’opportunité de reprendre la ferme de mon voisin. Sans cette option, je serais peut-être allé en licence agricole. » Avec son père Christian et son oncle Jean Paul, le Gaec se compose d’une centaine de laitières montbéliardes pour une production de 800 000 l/an collectés par la coopérative Sodiaal.

Réflexion sur la gestion des stocks

L’exploitation s’étend sur 135 ha dont une large partie en herbe naturelle. » La gestion des stocks le pousse à la réflexion. « On n’achète pas de stock en herbe, contrairement au maïs ensilage, maïs épis, ou encore le soja. En huit ans, nous sommes passés de 30 à 15 ha de maïs que nous compensons avec de l’herbe. Acheter du maïs peut coûter moins cher que le produire. » Par ailleurs, d’autres réflexions le nourrissent, notamment comment produire sans eau, rallonger la rotation des cultures, arrêter de labourer grâce au semis direct… « Des exploitations écologiquement et économiquement rentables, c’est possible. Nous pouvons avoir une ferme d’une dizaine de vaches à destination de la vente directe et d’autres d’une centaine de bêtes destinées au circuit long. Il n’existe pas qu’un seul modèle de réussite. »

Cédric Perrier