L'info en bref
Mesures exceptionnelles vins fruits et légumes, photovoltaïques, porc, biocontrôle, etc.

David Duvernay
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L'essentiel de l'information agricole nationale et régionale de ces dernières heures, à lire chaque lundi, mercredi et vendredi dès 9 h.

Mesures exceptionnelles vins fruits et légumes, photovoltaïques, porc, biocontrôle, etc.

Vin, fruits et légumes : renforcement des mesures exceptionnelles européennes 

La Commission européenne a, comme attendu, adopté le 6 octobre des mesures renforçant les dispositions exceptionnelles mises en place depuis 2020 pour venir en aide aux secteurs du vin et des fruits et légumes. Pour le secteur du vin, ces nouvelles dispositions prévoient une augmentation jusqu'au 15 octobre 2022 de la contribution de l'UE à l'assurance-récolte (portée de 70 % à 80 %), un doublement de l’aide à la mise en place des fonds de mutualisation, et la prolongation d’une année supplémentaire des flexibilités déjà en place (possibilité de modification à tout moment des programmes nationaux, promotion, vendange en vert, restructuration…). En ce qui concerne le secteur des fruits et légumes, les compensations accordées pour une réduction de production (de 35 % au moins par rapport au niveau de l'année précédente) ne pourront pas être inférieures à 85 % du niveau de l'année dernière.

Photovoltaïque : le gouvernement facilite les projets sur les grandes toitures 

La ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili, a signé un arrêté facilitant le développement des projets sur les grandes toitures, a indiqué son ministère le 7 octobre. "Avec cet arrêté, tous les projets de moins de 500 kW, soit 5000 m² de surface, auront directement droit à un tarif d’achat sans avoir besoin de passer par un appel d’offres (contre un seuil fixé à 100 kW jusqu’à présent)", précise-t-il. Le feu vert du gouvernement pour cet arrêté était très attendu par plusieurs professions: agriculteurs, industriels, distributeurs, et tous les professionnels ayant des toitures d’une surface supérieure à celle des particuliers. "Cette décision est une bonne nouvelle pour développer les panneaux sur toitures et l’autonomie dans nos fermes", ont commenté les Jeunes Agriculteurs, par opposition à "la multiplication tous azimuts [du photovoltaïque] au sol". Celui-ci "comporte un réel danger d’artificialisation des sols et met en péril le modèle agricole", poursuit le syndicat.

Porc : les ventes de charcuterie en magasins progressent début 2021 (Fict) 

"La consommation à domicile de charcuterie résiste début 2021", a indiqué le directeur de la Fict (charcutiers industriels) Fabien Castanier lors d’une conférence de presse le 7 octobre. D’après Kantar, sur les huit premiers mois de 2021, les ventes en magasins progressent de 2,3 % en volume par rapport à la même période de 2019. "On reste prudent sur l’atterrissage pour l’année 2021", prévient-il, rappelant que la mauvaise météo de l’été s’est traduite par "des données de consommation peu florissantes". La consommation à domicile (incluant les produits importés) affiche un recul de 1,6 % par rapport aux huit premiers de 2020, année de pandémie qui a profité aux ventes en magasins. Sur l’ensemble de l’année 2020, ces ventes ont augmenté de 6,4 % en volume et 10 % en valeur. "Le prix moyen en hausse traduit une montée en gamme et une meilleure valorisation de la charcuterie", analyse M. Castanier. Un décalage encore plus frappant au regard des données de production agroalimentaire du ministère de l’Agriculture (qui intègrent les exportations): +4 % en valeur et -3 % en volume pour 2020. Pour M. Castanier, 'la baisse des volumes s’explique certainement par la fermeture de la RHD', qui représente environ un quart du marché de la charcuterie.

Œufs : après la Covid-19, retour à la normale pour les ventes en magasins (CNPO) 

Après l'explosion des ventes en 2020 sur fond de crise sanitaire, la croissance des achats à domicile d'œufs par les Français "retrouve son rythme de croisière", indique le CNPO (interprofession) lors d'une conférence de presse le 6 octobre. Sur les huit premiers mois de 2021, ces ventes ont progressé de 2,8 % par rapport à 2019. Elles sont en baisse de 9,7 % par rapport à la même période de 2020, alors que le confinement avait provoqué des achats de précaution par les consommateurs. "ll y a toujours de grosses difficultés en RHD, car il continue à y avoir du télétravail", nuance Maxime Chaumet, délégué général du CNPO. Pour la production (15,7 milliards d'œufs en 2020), "la tendance à la hausse devrait se poursuivre" en 2021, avec des prévisions de croissance entre 3 et 4 %. Côté export, l'amélioration de la balance commerciale entamée en 2020 (solde positif de 4 millions d'euros) se confirme au premier semestre 2021, avec une hausse des exportations et un recul des importations – en volume comme en valeur. Une évolution qui demande à être confirmée, car en partie liée à des éléments conjoncturels (influenza aviaire en Pologne, un important fournisseur de l'Allemagne).

Abeilles : les députés veulent en faire une «grande cause nationale» en 2022 

L'Assemblée nationale a demandé le 7 octobre au gouvernement de faire de la sauvegarde des abeilles, gravement menacées par les insecticides, les maladies et la prolifération du frelon asiatique, une «grande cause nationale» en 2022. Les députés ont adopté à l'unanimité une résolution en ce sens, non contraignante, présentée par le groupe LR dans le cadre de sa journée dite de "niche", réservée à un groupe minoritaire. Son auteur, le député Robert Therry, apiculteur, a souligné que ce combat était "une nécessité pour la survie de notre écosystème", en plus du poids économique de la filière. La résolution encourage notamment "le gouvernement à réfléchir à l'élaboration d'un plan national de lutte contre le frelon asiatique", prédateur largement responsable de "la disparition de près de 30% des colonies d'abeilles chaque année". La secrétaire d'Etat à la Biodiversité, Bérangère Abba, a de son côté rappelé les mesures du plan pollinisateurs. "Ce plan d'action est là, il est prêt à être mis en œuvre", a-t-elle déclaré. Fin 2020, une loi a autorisé, après de vifs débats parlementaires, le retour temporaire des néonicotinoïdes, insecticides nocifs également pour les abeilles.

Qualité de l’air : l’Anses recommande de suivre les nouveaux seuils de l’OMS 

Dans un avis publié le 6 octobre concernant les seuils de qualité de l’air, l’Anses recommande aux ministères "de réviser les seuils d’information/recommandation et d’alerte en tenant compte de ces récentes valeurs guides de l’OMS". Pour le dioxyde d'azote, l'un des principaux polluants aériens d'origine agricole, l'OMS avait invité les états à abaisser leur seuil de 40 à 10 microgrammes/m3 en moyenne annuelle, tout en maintenant le seuil horaire, correspondant aux alertes préfectorales, à 200 microgrammes/m3. Selon l’Anses, l'ensemble de "ces valeurs guides revues à la baisse s’accordent davantage avec les concentrations les plus faibles associées à des effets sanitaires observés dans la littérature", et "s’inscrivent donc dans le sens d’une meilleure protection de la santé". L’agence rappelle que le ministère de la santé et celui de l’écologie avaient déjà engagé des travaux "préalables à la modification du dispositif de déclenchement de mesures préfectorales" pour être envoyées en consultation au Conseil d'État fin 2021. L’administration prévoyait notamment d’aligner les seuils préfectoraux d’information et d’alerte avec les seuils retenus par l’indice de qualité de l’air Atmo. Pour le NO2, le seuil d’information devait ainsi déjà baisser de 200 à 120 microgrammes/m3.

Biocontrôle : un projet de décret consolide la définition des produits 

Un décret "fixant les conditions d’inscription sur les listes des produits de biocontrôle" a été notifié par le ministère de l’Agriculture le 30 septembre à la Commission européenne. Cela s’inscrit dans stratégie nationale, publiée en novembre 2020, qui vise notamment à "consolider la définition des produits de biocontrôle au niveau réglementaire afin de ne viser que les produits dépourvus de risque, ou présentant un risque faible pour la santé ou l’environnement, identifiés comme des alternatives aux produits de synthèse présentant des profils préoccupants". D’après le projet de décret, peuvent être inscrits sur les listes des produits de biocontrôle: "des substances d’origine naturelle animale, végétale ou minérale naturellement présentes et identifiées en l’état dans la nature, qui sont soit extraites d’un matériau source naturel, soit obtenues par voie de synthèse et sont strictement identiques à la substance naturelle ; des substances issues de procaryotes, eucaryotes unicellulaires ou champignons ; des micro-organismes et des médiateurs chimiques". En sont exclus notamment les produits contenant une substance active dont on envisage la substitution. Le texte aborde par ailleurs "les produits comprenant un dispositif associant un attractant à une substance active à effet insecticide" qui peuvent être inscrits "sur la base de la conformité du seul attractant (…), dès lors que le dispositif permet d’éviter la dissémination de l’insecticide dans l’environnement ».

Coopératives : Stéphane Travert nommé rapporteur d'une mission d’information 

L’ancien ministre de l’Agriculture Stéphane Travert a été nommé, par la commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale, rapporteur de la mission d’information sur les coopératives agricoles, a appris Agra Presse le 6 octobre de sources concordantes. Cette mission d’information avait été annoncée au début de l’été lors de l’examen de la loi Egalim 2 à l'Assemblée par le président de la commission des affaires économiques. Roland Lescure souhaitait notamment donner suite aux débats sur la transparence de l’information fournie par les coopératives à leurs associés coopérateurs.La coopération agricole se disait d'ailleurs sereine face à ses interrogations: "La mission d’information parlementaire (…) sera, pour la Coopération agricole, l’occasion de valoriser les atouts du modèle et de nourrir la dynamique d’amélioration continue dans laquelle les coopératives sont inscrites", assurait alors son président Dominique Chargé.