L'info en bref
Déclinaison française de la Pac, Macron aux Terres de Jim, prix du lait...

David Duvernay
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L'essentiel de l'information agricole nationale et régionale de ces dernières heures, à lire chaque lundi, mercredi et vendredi dès 9 h.

Déclinaison française de la Pac, Macron aux Terres de Jim, prix du lait...

Déclinaison française de la Pac : les régions rendront leur copie fin novembre

Dans le cadre de la concertation sur la déclinaison française de la Pac, le Plan stratégique national (PSN), le cabinet du ministre de l'Agriculture a convié les parties prenantes à une réunion le 9 septembre. La DGPE (ministère de l'Agriculture) et Régions de France doivent présenter la version de ce PSN qui avait été transmise à l'Autorité environnementale fin juillet. Les parties prenantes demandaient que ce document leur soit communiqué pour y trouver la réponse à de nombreux points de détail (p. ex. définition d'une bande tampon, largeur de fossés...), qui n'avaient pas été abordés par Julien Denormandie lors de la présentation de ces orientations mi-juillet. Le document qui sera présenté reste une "version de travail, non définitive", prévient-on à Régions de France. De son côté, l'institution doit dévoiler un "socle" de dispositions que chaque Conseil régional pourra mobiliser au titre des mesures non-surfaciques du 2d pilier de la Pac (DJA, aide à l'investissement). Mais la maquette finalisée des mesures adoptées par l'ensemble des régions françaises (pour 700 M€ de fonds européens) ne sera pas connue avant fin novembre, explique-t-on à Régions de France. Le ministère doit également présenter ce qu'il reste à arbitrer avant la remise du document à Bruxelles d'ici la fin de l'année. Il s'agit principalement de définir les notions de jeune agriculteur ou d'agriculteur actif.

Pac : un calendrier très serré pour finaliser les plans stratégiques

Le commissaire européen Janusz Wojciechowski a admis, en marge de la réunion informelle des ministres de l’Agriculture de l’UE, du 5 au 7 septembre en Slovénie, qu’il s’attendait à ce que les «négociations soient ardues, autour des mêmes points d'achoppement : ampleur des paiements redistributifs, écorégimes, part du bio…". Des négociations non seulement ardues mais aussi extrêmement serrées. Les eurodéputés de la commission de l’Agriculture doivent valider le 9 septembre l’accord trouvé avec les États membres sur les trois règlements de la future Pac avant un vote définitif en plénière probablement lors de la deuxième session du mois de novembre pour une publication au JO fin novembre ou début décembre. Les actes délégués et d'exécution des règlements ne pourront donc être adoptés qu’une fois ces formalités accomplies. La Commission européenne a donc proposé, de commencer à préparer des textes en amont sans quoi ils ne seront pas prêts avant la fin de l’année échéance à laquelle les Vingt-sept doivent avoir rendu leurs projets de plans stratégiques nationaux à Bruxelles. Certains États membres s’attendent déjà à des retards et ont demandé s'il y aurait une certaine flexibilité concernant la date limite du 31 décembre. A ce stade la Commission ne veut pas en entendre parler.

Pour Barbara Pompili, les ministères de l'Ecologie devraient "inclure l’agriculture"

"Il faudrait un ministère de la Transition écologique dans chaque pays, et celui-ci devrait inclure l’agriculture", s'est amusée Pompili en ouverture du congrès mondial de la bio à Rennes le 7 septembre, face aux félicitations des organisateurs pour le nom de son ministère. Gouvernement, collectivités, entreprises, producteurs : "nous devons avancer ensemble pour que demain la bio ne soit plus une exception, mais une norme", a poursuivi la ministre de la Transition écologique. Saisissant les paroles de Barbara Pompili au bond, le parrain du congrès, Nicolas Hulot, a appuyé cette proposition d’une tutelle commune pour l’agriculture et l’environnement : "On ne peut pas avoir en permanence deux ministères en conflit", estime le président de la FNH. L'adaptation institutionnelle pourrait selon Nicolas Hulot venir de la création d’un vice Premier ministre chargé du développement durable. Alors que les pouvoirs publics ont mis à l’agenda de la présidence française de l'UE de nombreux sujets environnementaux dont une initiative de sorties des pesticides, les clauses miroirs, et la lutte contre la déforestation, "nous ne ferons pas en neuf mois ce qu’on aurait pu faire en cinq ans, mais essayons au moins d’avancer sur des choses concrètes", encourage Nicolas Hulot.

Evènementiel : Emmanuel Macron se rendra aux Terres de Jim

Les services de l’Élysée ont prévenu la presse, le 7 septembre, de la visite du président de la République ce vendredi 10 septembre sur les rencontres Terres de Jim organisées par les Jeunes agriculteurs. Pour sa 7ème édition, l'évènement se déroule cette année à Corbières dans les Alpes de Haute-Provence. Emmanuel Macron sera accompagné du ministre de l'Agriculture Julien Denormandie. Au programme : "échanges avec les élus locaux et les représentants du monde agricole", "témoignages et échanges avec de jeunes agriculteurs" et "déambulation dans les allées". Ni le syndicat, ni le cabinet du ministre de l'Agriculture ne précisent si cette visite sera l'occasion d'annonces. Le Président a annoncé le 3 septembre au congrès de l'UICN que les aides du Plan de relance seront complétées "dans le cadre de France 2030 par un plan massif d’investissement pour accompagner nos agriculteurs". De son côté, le ministre de l'Agriculture doit présenter prochainement sa feuille de route « Numérique et agriculture ».

Prix du lait : les coopératives anticipent une hausse de 13 à 15 euros les 1000 litres

"Nous prévoyons une hausse du prix du lait payé aux producteurs adhérents des coopératives de 13 à 15 euros les 1000 litres sur 2021", a révélé Damien Lacombe le 7 septembre lors de la conférence de rentrée de la Coopération laitière dont il est le président. Les producteurs se réjouiraient bien de cette annonce si les charges de production n’avaient pas explosé dans leurs exploitations. Les coopératives les estiment entre 15 et 18 euros les 1000 litres selon les exploitations. "La hausse des prix va à peine couvrir cette hausse", déplore Damien Lacombe. "Il est nécessaire de revaloriser le prix sur les exploitations, assène-t-il. Mais aussi au niveau de la transformation". En effet le maillon industriel fait également face à d’importantes hausses de charges (+50% sur le plastique, +54% sur le polystyrène par rapport à l’année précédente). "Nous demandons aux distributeurs 5 à 7% de hausse des tarifs pour combler la hausse des charges sur toute la chaîne de valeur", indique le président de la Coopération laitière. "C’est un message que nous passons chaque année lors de négociations commerciales avec la grande distribution, admet-il. Mais cette année, c’est un absolu nécessité!"

Vin : le ministère affine sa prévision, la production française devrait chuter de 29%

La production française de vin devrait chuter de 29% par rapport à 2020, pour s'établir à 33,3 millions d'hectolitres, en raison d'un épisode sévère de gel printanier et de la pression des maladies de la vigne durant l'été, selon une nouvelle estimation du ministère de l'Agriculture. Début août, Agreste, le service statistique du ministère, avait prédit une récolte en baisse de 24% à 30% en 2021 (entre 32,6 millions et 35,6 millions d'hectolitres). Au 1er septembre, il confirme que la production sera "historiquement basse, inférieure à celles de 1991 et 2017 affectées elles-aussi par un gel sévère au printemps". Elle devrait être de 25% inférieure à la moyenne des récoltes des cinq dernières années. La météo estivale humide dans une partie de la France a favorisé le développement de maladies (mildiou et oïdium), ce qui accentué les pertes. Les vendanges seront plus tardives qu'en 2020, qui avait été une année précoce, souligne Agreste. Dans la première quinzaine d'avril, la quasi-totalité des bassins viticoles français avaient subi plusieurs nuits consécutives de gel sévère, alors que la vigne avait déjà commencé à bourgeonner en raison d'un hiver clément. En 2021, le rendement devrait être proche de celui de 1977, année où la récolte viticole avait été réduite par un gel destructeur et des précipitations estivales.