FCO
Les éleveurs ont besoin de clarté

Emmanuelle Perrussel
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De nombreux éleveurs sont actuellement confrontés de près ou de loin à la problématique de la FCO vis-à-vis des veaux partant vers l’Espagne et l’Italie. La Loi de Santé animale vient en effet remettre en cause les accords existants ; tout est en cours de rediscussion dans un contexte radicalement différent.

Les éleveurs ont besoin de clarté

Malgré tout, il est certain que la nouvelle réglementation européenne vient conforter la vaccination comme principal outil permettant l’export des animaux. Elle laisse cependant aux états la possibilité de déroger. Ainsi, l’Italie et l’Espagne ont indiqué vouloir maintenir la possibilité de dérogation par une désinsectisation suivie d’une PCR 14 jours après, ou d’une absence de PCR sur les veaux lorsque le cheptel souche est vacciné pour l’Espagne, ou lorsque les mères sont vaccinés sont pour l’Italie. Mais attention, rien n’est validé à ce jour !

Généraliser la vaccination des cheptels était depuis plusieurs années la solution qui aurait permis de fluidifier les échanges commerciaux à moindre coût. Il aurait fallu pour cela s’engager de façon massive dans cette voie. Cette position a toujours été tenue par le GDS du Rhône qui a fortement incité les éleveurs dans ce sens. Malheureusement cette position n’a pas été défendue par la majorité des acteurs de l’élevage. Nous en payons donc le prix aujourd’hui.

Ce n’est pas à l’échelle départementale que se jouent ces évolutions, mais à minima l’échelle régionale et bien sûr à l’échelle nationale. Si la vaccination reste en théorie la solution, la réalité nous oblige à tous nous adapter. Vacciner le cheptel ou les mères pour des veaux partant vers l’Italie ou l’Espagne ne garantit pas aujourd’hui l’absence de PCR, les délais de vaccin contraignent une anticipation qui n’est pas en phase avec la réalité pour les veaux laitiers ou mixtes… Nous le déplorons et attendons comme tous de la clarté.

Une période transitoire de 6 mois pour l’application de ces nouveaux textes est en discussion. Les nouvelles règles s’appliqueraient alors en octobre 2021. Rien n’est sûr à ce jour, et le fond du débat reste le même : sans la généralisation de la vaccination, les échanges continueront à être chers, complexes, et les éleveurs français continueront à en payer le prix fort.

Bruno Grange, GDS du Rhône