STATISTIQUES
Recensement agricole : prévu pour cet automne

Marie-Cécile Seigle-Buyat
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Opération décennale européenne obligatoire, le recensement agricole a pour objectif d’actualiser les données sur l’agriculture française. Le prochain interviendra à compter d’octobre. Une partie de la collecte des informations sera dématérialisée.

Recensement agricole : prévu pour cet automne

Parce qu’il offre une photographie instantanée de l’agriculture à travers ses hommes, ses territoires, ses productions, ses entreprises… le recensement agricole est un outil important pour le pilotage des politiques publiques (européenne, nationale et régionale). Les données collectées permettent notamment de constituer des références importantes pour tous les acteurs du monde agricole, pour l’analyse de l’agriculture française et de ses évolutions ; de mesurer le poids de l’agriculture française au sein de l’Union européenne ; d’organiser la répartition des moyens du contrôle sanitaire des élevages par un maillage optimal des vétérinaires et des inspecteurs français ; de faire évoluer les politiques sociales et de formation en agriculture, ainsi que de consolider les dispositifs européens d’accompagnement à l’installation ; de définir et d’ajuster des politiques alimentaires, nationales comme locales. Organisé tous les dix ans, le recensement revient cette année avec quelques nouveautés, parmi lesquelles une dose supplémentaire de collecte en ligne.

Qui est concerné ?

Toutes les exploitations agricoles seront invitées à répondre à ce recensement, aussi bien en France métropolitaine que dans les départements d’Outre-mer. Une seule personne sur chaque exploitation est invitée à répondre à l’enquête : c’est en général le chef d’exploitation. Les chefs d’exploitation dont l’activité agricole n’est pas l’activité principale sont également concernés. Ce recensement n’est pas spécifique à la France. C’est une opération européenne ; tous les États membres de l’Union européenne doivent le réaliser à la même période et collecter un socle commun de données. En plus de ce socle, chaque pays est libre de recueillir des informations complémentaires pour répondre à des besoins spécifiques.

D’octobre 2020 à avril 2021

La collecte des données se déroulera entre octobre 2020 et mars avril 2021. Elle se fera selon deux modalités simultanées: une collecte légère par Internet pour la majorité des exploitants et une collecte plus complète de données par un enquêteur, qui ne concernera qu’un nombre restreint d’exploitations. La majorité des exploitants sera invitée à répondre par Internet, de manière sécurisée, à un questionnaire. Cela leur permettra de répondre quand ils le souhaitent, sans attendre le passage d’un enquêteur. Pour approfondir certaines thématiques, un échantillon représentatif d’environ 70 000 exploitations métropolitaines recevra la visite d’un enquêteur qui les interrogera sur la base d’un questionnaire plus détaillé. Ce dernier permettra d’approfondir certaines thématiques (main-d’oeuvre et bâtiments d’élevage), conformément au règlement européen. Ce mode de collecte plus complet sera généralisé à toutes les exploitations de la Corse et des départements d’Outre-mer.

Le socle des déclarations Pac

L’objectif du recensement agricole 2020 est de connaître les productions des exploitations, avec la description des superficies cultivées et des cheptels, ainsi que les principaux facteurs de production mobilisés en agriculture, en particulier le foncier avec le mode de faire-valoir et la main-d’oeuvre occupée. Des questions porteront également sur l’engagement dans des démarches spécifiques (démarches de qualité et ou environnementales), sur la diversification des activités et les modalités de commercialisation des produits. Le questionnaire s’appuiera sur des informations déjà connues par ailleurs, avec pré remplissage des cultures, du cheptel… à partir des déclarations Pac. Les questions d’approfondissement qui ne seront posées qu’à certaines exploitations porteront sur l’élevage (logement des animaux, gestion des déjections animales, autonomie alimentaire), sur la main-d’oeuvre ainsi que sur d’autres caractéristiques générales des exploitations.

Sophie Chatenet