L'info' en bref
Légumes espagnols "francisés", Bien-être animal, moisson

David Duvernay
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L'essentiel de l'information agricole nationale et régionale de ces dernières heures, à lire chaque lundi, mercredi et vendredi dès 9 h.

Légumes espagnols "francisés", Bien-être animal, moisson

Un grossiste soupçonné d'avoir "francisé" des centaines de tonnes de légumes espagnols

Un grossiste en fruits et légumes est au cœur d'une vaste enquête menée sous l'autorité du parquet de Tarascon, soupçonné d'avoir fait passer pour des produits français des centaines de tonnes de légumes espagnols, a annoncé le 5 mai la préfecture des Bouches-du-Rhône. "Dans cette affaire, le grossiste en fruits et légumes est suspecté d'avoir acheté en 2020 et 2021 plusieurs centaines de tonnes de légumes (courgettes, poivrons, courges, asperges...) et d'avoir maquillé leur origine. Les étiquettes des légumes indiquant +Espagne+ auraient été retirées des colis et des emballages et remplacées par des étiquettes indiquant une origine +France+", a encore ajouté la préfecture. "Ce grossiste pourrait également avoir agi avec la complicité d'un conditionneur de fruits et légumes chargé de reconditionner certains légumes en filet et d'y étiqueter l'origine France", a encore poursuivi la préfecture. "L'intérêt à la fraude réside dans les différences de prix et de saisonnalité des fruits et légumes entre les pays producteurs. Par exemple, en juin dernier, le poivron espagnol se négociait sur le marché de gros aux alentours de 2 euros/kg alors que le poivron français, dont la récolte débute à peine, s'achète à près de 3 euros/kg", a-t-elle aussi expliqué.

Bien-être animal : Denormandie réorganise les contrôles en abattoirs

Dans un communiqué paru le 5 juillet, le ministre de l'Agriculture Julien Denormandie annonce plusieurs mesures de réorganisation des contrôles en abattoirs. D'une part, de nouveaux contrôles vont être organisés en abattoirs d'animaux de boucheries, qui seront ciblés sur une pratique en particulier (ex. acheminement des animaux), et pourront être coordonnés sur l'ensemble des établissements français et de manière inopinée. Les contrôles actuels sont le plus souvent de portée générale, indique-t-on au cabinet du ministre. Deuxième mesure : le ministre a demandé l'instauration d'une "force d'inspection nationale en abattoirs" (Fina). Dotée de six agents, elle pourra intervenir "à n'importe quel moment et partout sur le territoire pour la gestion des cas les plus difficiles à la demande des préfets ou de la DGAL". Le ministre précise que ses moyens pourront être renforcés "au regard du retour d'expérience". Enfin Julien Denormandie annonce qu'il adressera cette semaine un courrier aux préfets pour "rappeler les principes de protection animale en abattoir et leur demander d'agir avec fermeté lorsque la situation l'impose". Le ministre s'était déplacé la veille en Charente-Maritime, pour rendre visite à l'un des 123 projets de modernisation d'abattoirs financés par le Plan de relance, pour une enveloppe totale de 115 millions d'euros.

La bouteille en verre toujours plébiscitée pour le vin

Dans une conférence de presse, le 6 juillet, la Fédération des industries du verre a dévoilé les résultats d’une étude CSA sur "la perception des Français à l’égard de l’emballage en verre dans l’univers du vin". Aux termes de ce sondage réalisé en avril 2021, il ressort que 94% des personnes interrogées ont déclaré avoir acheté, au cours des 12 derniers moins des bouteilles et 22 % des bag-in-box (cubis), 19 % ayant acheté bouteille et Bag-in-box et 3% uniquement des cubis. Pour 96 % des sondés, le verre reste "l’emballage de référence et inspire confiance". La bouteille en verre préserve l’authenticité du goût (96 %)  assure selon eux une meilleure conservation (93 %), est synonyme de mode vie à la française (93 %). Ils déclarent très majoritairement (87 %) être fiers quand ils l’offrent ou la débouchent lors d’un repas.  Ces mêmes sondés reconnaissent au verre des vertus écologiques (89%). Les industries du verre disposent de 20 unités de production en France pour 7000 emplois. Selon l’Agence de la Transition écologique (ADEME) le taux de recyclage du verre d’emballage atteint 76 % pour un volume de 2,2 millions de tonnes collectées et recyclées par an.

Agroalimentaire : lancement d’un code européen de bonne conduite environnemental

La Commission européenne, en coopération avec les parties prenantes du secteur, a lancé le 12 juillet un code de conduite pour le secteur alimentaire de l'UE. Signé par plus d’une vingtaine d’organisations professionnelles européennes – dont le Copa-Cogeca (producteurs agricoles) et FoodDrinkEurope (agroalimentaire) – ainsi qu’une quarantaine d’entreprises (Carrefour, Syngenta, Barilla…), ce code est destiné à aider la chaîne alimentaire à devenir plus durable et plus respectueuse de l'environnement dans la lignée des objectifs de la stratégie De la ferme à la table. Le document identifie trois axes prioritaires: promouvoir des modes de consommation alimentaire sains et durables ; améliorer la durabilité des processus internes des secteurs de la transformation des aliments, du commerce de détail et de la restauration; et améliorer la durabilité de la chaîne de valeur alimentaire en relation avec les producteurs primaires. A chacun de ces grands axes sont associés des listes d’actions indicatives à mettre en place pour y parvenir. Par exemple : réduire les émissions provenant de la production et de l'approvisionnement de 30% d'ici 2030, promouvoir un approvisionnement durable à l'intérieur ou à l'extérieur de l'UE ou soutenir l'utilisation durable des pesticides.

Colza : Soufflet sécurise les agriculteurs face au risque de re-semis

Le collecteur de grains Soufflet Agriculture propose aux agriculteurs de couvrir le risque de re-semis du colza, sa prise en charge variant de 90 à 180 €/ha, a-t-il annoncé le 5 juillet. Via cette offre gratuite, il "partage avec le producteur le risque de retournement du colza en cas de mauvaise levée ou d’aléas en végétation du semis jusqu’à la sortie d’hiver", selon le communiqué. L’agriculteur s’engage, en contrepartie, à respecter un cahier des charges concernant l’implantation, les semences, la fertilisation, la protection de la culture. "En cas de retournement malgré le respect du cahier des charges et confirmé par cartographie satellitaire de la biomasse des parcelles, Soufflet Agriculture prend en charge une partie des montants investis sur le colza", à savoir "de 90 à 180 €/ha selon la période de retournement". Le groupe précise avoir testé cette offre auprès de 400 agriculteurs sur quelque 10 000 ha en 2020-21. Bâtie avec le conseil en assurance Bessé Agro, elle est généralisée cette année.

La croissance de la production agricole mondiale va ralentir, selon la FAO et l'OCDE

La production agricole mondiale devrait continuer d'augmenter au cours de la prochaine décennie (+1,4% par an), en réponse à une demande croissante, mais à un rythme plus lent que celui observé au cours de la décennie précédente (+1,7% par an), estiment la FAO et l’OCDE dans leur nouveau rapport sur les Perspectives agricoles 2021-2030 publié le 5 juillet. Pour les principales cultures, la production devrait augmenter de près de 15% d’ici 2029 (soit 582 Mt), dont 375 Mt pour les céréales, 80 Mt pour les oléagineux ou encore 42 Mt pour les racines et tubercules. En revanche, comme la croissance des rendements se fera à partir d’une base plus élevée et que moins de terres seront mises en production (seulement 1,3% des terres cultivées connaîtront une expansion), la hausse de la production agricole devrait enregistrer un certain ralentissement pour la prochaine décennie, explique le rapport. Parmi les produits d’élevage, la production de viande devrait augmenter de 12%, grâce à des rapports de prix favorables. La volaille devrait connaître la croissance la plus rapide, avec une augmentation prévue de la production de 16% (20 Mio t). De son côté, la viande porcine devrait augmenter de 11 Mio t d’ici 2029 (9%). Toutefois, les produits laitiers devraient connaître la plus forte croissance (20%) au cours de la prochaine décennie en raison de la forte demande.

Moisson : l’UE face à une production abondante en céréales, mitigée en oléagineux

Les organisations et coopératives agricoles de l'UE (Copa-Cogeca) ont donné le 5 juillet leurs premières estimations de la future moisson européenne, en croissance sur un an mais avec des céréales à 292,45 Mt (+3,8 % par rapport à la moyenne quinquennale), des oléagineux à 30,12 Mt (-1,6 %). Côté céréales, la production est affichée meilleure que l’an dernier (+1,6 %) grâce à des surfaces et rendements plus élevés. Le blé tendre grimpe à 130 Mt (+7%), même tendance pour le blé dur (+4,3 %), alors que «la production de céréales de printemps est attendue en baisse» notamment pour l’orge (-5,4 %), le maïs (-0,8 %), selon le communiqué. Jean-François Isambert, le président du groupe de travail Céréales, nuance ces chiffres au vu d’une augmentation des coûts de production. Côté oléagineux, la production est affichée supérieure à celle de 2020 (+8,9 %) malgré des surfaces en repli (-1,3 %). Le colza monte à 16,75 Mt (+2,7 %), le tournesol à plus de 10 Mt (+17,4 %), le soja à près de 3 Mt (+20,2 %). Pedro Gallardo, le président du groupe de travail sur les oléoprotéagineux, souligne l’effondrement de la sole de colza (-7,6 % par rapport à la moyenne quinquennale): les agriculteurs "n’ont plus assez d'outils efficaces pour protéger le colza contre les ravageurs".