De nouvelles terres 

Cédric Perrier
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Viticulteur au Perréon, Jérémy Giroud a été élu secrétaire général adjoint des Jeunes agriculteurs au niveau national pour deux ans. Une suite presque logique. 

De nouvelles terres 
Jérémy Giroud élargit son champ d’action en devenant l’un des quatre secrétaires généraux adjoints des Jeunes agricultures, au niveau national.

Lundi, 19h30, Jérémy Giroud prend le train. Il reviendra au cœur de son Beaujolais trois jours plus tard. Le nouveau secrétaire général adjoint des Jeunes agriculteurs (JA) national  saura alors quelle région de France lui revient. Ce ne sera pas Auvergne Rhône-Alpes, ni un territoire limitrophe. Lors du congrès national des JA, le 28 octobre au soir, le viticulteur du Perréon a été élu au niveau national. « On m’a proposé d’être sur une liste et j’ai accepté », témoigne simplement le jeune homme de 34 ans. Cette nouvelle responsabilité s’est faite naturellement, comme quand il a rencontré les JA en 2013.

Les Beaujolais nouveaux approchent et la main d’œuvre n’est pas de trop. « À l’époque ça se passait place Antonin-Poncet, près de Bellecour. Il y avait besoin de monde pour aider aux préparatifs et c’est comme ça que j’ai intégré cette famille que sont les JA, avec l’appui de Sébastien Mazallon. » L’année suivante, il se donne comme objectif la place des Terreaux afin d’apporter plus de résonnance à la sortie des primeurs. Tous les jours, à la même heure, pendant plus d’une semaine, Jérémy Giroud appellera la mairie de Lyon. À force de ténacité, il obtiendra un rendez-vous avec l’adjoint de l’époque Alain Giordano, aujourd’hui conseiller municipal du 9e arrondissement, qu’il lui donnera son accord. L’événement passera un cap, tant au niveau de la fréquentation que des animations. C’était le début d’une suite prévisible.

Pour une agriculture locale 

« Aline Lardellier,  présidente des JA du Rhône, m’a proposé de devenir son secrétaire général, puis au côté de Nicolas Merle à la région Auvergne Rhône-Alpes (Aura) jusqu’en 2019. » La présidence des JA du Rhône ou d’Aura n’aurait pas été une surprise. « Je n’ai jamais demandé, c’est une succession de propositions. Quant à une éventuelle présidence : je crois qu’on est plus libre comme secrétaire général. »

La première chose que Jérémy Giroud fera une fois sa zone géographique identifiée : rencontrer le conseil d’administration, le président et le secrétaire général afin de comprendre les différentes problématiques de territoire. « Notre rôle demeure de faire fonctionner la vie du réseau, de suivre les dossiers et de faire remonter les informations de terrains aux principaux décideurs », commente celui qui aimerait par ailleurs suivre la thématique du foncier. Pour lui, tout le monde a sa place dans l’agriculture : conventionnelle, raisonnée, bio. Et l’installation demeure un enjeu majeur. « Je défends l’agriculture locale, du type familial, à taille humaine et jamais une agriculture de firme. Pour moi, un agriculteur monte sur son tracteur et travaille ses champs. Une exploitation doit être viable, vivable et transmissible. »

Par ailleurs, Jérémy Giroud trouve dans les récentes paroles du ministre de l’agriculture et de l’alimentation, Julien Denormandie, des mots courageux, comme quand il avance que « les agriculteurs sont les premiers écologistes. »

Dans son emploi du temps, Jérémy Giroud reconnait que « sans mes parents avec qui je suis associé sur l’exploitation qui compte 15 ha de vignes plus 20 ha de céréales, je ne pourrais pas autant m’investir. D’ailleurs j’ai été assez clair : comme pour les JA en région, je consacrerai deux jours par semaine à mon investissement national. »