Chèvres
"Nous avions besoin de lait toute l'année"

Marie-Cécile Seigle-Buyat
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Depuis trois ans, à la Ferme des chevrotins à Longessaigne, une quarantaine de chèvres sur les 140 qui y sont élevées sont en lactation longue. Un choix stratégique pour assurer une production de lait toute l’année et assurer les commandes de fromages pendant les fêtes de fin d’année.

"Nous avions besoin de lait toute l'année"

À la Ferme des chevrotins à Longessaigne, la totalité de la production des 140 chèvres est transformée du lundi au samedi en fromages et yaourts sur la ferme, soit 100 000 l. « Nous transformons également 120 000 l de vaches que nous achetons », souligne Emmanuel Mure, l’un des deux associés de l’exploitation qui emploie cinq salariés. De quoi offrir aux consommateurs une large gamme de produits pour régaler leurs papilles.
L’ensemble des fromages et des yaourts sont vendus en direct à la ferme, sur des marchés et dans des magasins de proximité. Alors hors de question, le moment des fêtes venu de ne pas pouvoir offrir de quoi finir le repas avec des produits de la ferme. « Il fallait que nous trouvions une solution pour pouvoir produire du lait toute l’année », se souvient Emmanuel Mure. Dans un premier temps les éleveurs ont expérimenté le désaisonnement, une technique, aux dires de l’éleveur beaucoup plus onéreuse que la lactation longue et moins performante. Alors, il y a trois ans, les associés se sont lancés dans la lactation longue. Un pari gagnant pour l’exploitant.

Trois lots

Ainsi, chaque année, le troupeau de chèvres est alloté avec l’appui de Séverine Fontagnères de Rhône Conseil élevage. « Nous les répartissons en trois groupes. Nous sélectionnons d’abord celles que nous inséminons artificiellement (40) pour assurer le renouvellement génétique de notre troupeau. Ensuite, parmi les chèvres restantes nous choisissons celles qui seront en lactation longue. La production de lait est le premier critère de choix. Elles doivent produire au minimum entre 2,5 et 3 kg de lait de bonne qualité. Nous sélectionnons également les jeunes qui ont mis bas la première fois tardivement pour leur laisser un cycle complet ou encore les vieilles chèvres qui sont proches de la réforme, mais qui sont encore de très bonnes productrices (+2,5 kg). Le troisième lot regroupe les reproductrices en monte naturelle », explique l’exploitant. Un allotement indispensable pour l’éleveur bédouin : « pour moi c’était inconcevable de passer la totalité du troupeau en lactation longue car nous risquions la détérioration génétique puisque nous avions de fait moins de renouvellement et c’est à mon sens dangereux sur le plan sanitaire ». Toutefois, s’il ne reviendrait pas en arrière, Emmanuel Mure met en garde : « avant de se lancer il faut regarder l’agencement de son bâtiment et être sûr de pouvoir séparer les lots ». Autre point de vigilance soulevé par l’exploitant : le volume de cabris moins conséquent. Un point d’autant plus important pour les exploitations qui, comme la Ferme des chevrotins, transforment toute la viande de cabri en terrine, saucisses… ou découpent à la pièce.

Retrouvez les conseils technique de Séverine Fontagnères dans notre édition du 6 août.

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