L'info en bref
Prix alimentaires, sécheresse, fraudes à la PAC, influenza...

Léa Rochon
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L'essentiel de l'information agricole nationale et internationale de ces dernières heures, à retrouver en quelques brèves. 

Prix alimentaires, sécheresse, fraudes à la PAC, influenza...

Prix alimentaires : Bercy écarte le retour des promotions à 50% 

Le gouvernement ne proposera pas d'autoriser les promotions à 50% sur les produits alimentaires, a appris une journaliste de l'AFP le 5 juillet auprès de Bercy, une décision prise après la forte opposition des représentants des agriculteurs à cette suggestion formulée par le ministre de l'Économie Bruno Le Maire la veille. Après avoir reçu le 5 juillet la présidente de la FNSEA Christiane Lambert et Arnaud Gaillot, président des Jeunes agriculteurs (JA), le ministre «s'est engagé à ne pas mettre en œuvre cette proposition, qui n'était encore qu'une suggestion, à l'issue de la mission confiée à l'Inspection générale des finances (IGF)» sur la formation des prix alimentaires, explique-t-on au ministère de l'Économie. Une décision saluée par un communiqué de la FNSEA et des JA, qui y voient un message «capital» à l'endroit des agriculteurs et de la grande distribution. Actuellement, les enseignes ne peuvent proposer des promotions qu'à hauteur de 34%, une règle censée protéger la rémunération des producteurs de denrées Le 4 juillet, le ministre de l'Économie Bruno Le Maire avait annoncé la création d'une enquête de l'IGF pour vérifier la formation des prix des produits alimentaires en cette période d'inflation, notamment après que le président du comité stratégique des centres E. Leclerc, Michel-Édouard Leclerc, avait jugé «suspectes» certaines hausses de prix demandées par les industriels. En parallèle, la France insoumise et le Rassemblement national avaient demandé la création d'une commission d'enquête parlementaire.

Fraudes à la Pac : la Cour des comptes de l'UE sonne l'alarme 

La Pac est la «proie privilégiée des fraudeurs» qui exploitent «les failles» des contrôles nationaux, a averti le 5 juillet la Cour des comptes de l'Union européenne, recommandant d'«agir davantage» pour traquer les contrevenants. Les montants signalés comme «frauduleux» par les États membres représentaient pour 2016-2020 seulement 0,09% des aides de la Pac, mais «ces chiffres ne donnent pas une image complète», estime l'institution basée à Luxembourg. Ainsi, sur un échantillon de 698 paiements de la Pac au cours de la période 2018-2020, la Cour a identifié des «erreurs» dans 101 cas et pour 17 d'entre eux, estime que le soupçon de fraude existe. Les dossiers ont été transmis à l'Olaf (Office européen de la lutte anti-fraude) ou au Parquet européen, compétents pour enquêter.«Plus les critères sont complexes, plus le risque est grand, notamment dans les aides au développement rural: certains demandeurs omettent des informations-clés ou créent artificiellement les conditions pour être admissibles», soulignent les experts de la Cour dans leur rapport. Pour toucher l'aide aux PME agricoles, certaines exploitations ne déclarent pas leurs liens avec d'autres groupes: par exemple, une coopérative lituanienne a bénéficié de 200.000 euros, alors qu'elle était filiale d'une grande multinationale et ne pouvait pas prétendre à cette subvention.

Affichage environnemental : le Planet Score va se lancer en rayon cet été 

Le Planet score, affichage environnemental développé par l’Itab et soutenu par les ONG et plusieurs distributeurs, devrait s’afficher dans les prochaines semaines dans les rayons, ont dévoilé les partenaires de l’expérimentation à l’occasion d’un événement le 5 juillet. «Dès l’été 2022, le Planet-score figurera sur les emballages de nos produits», indique Benoit Drouin, vice-président des Fermiers de Loué dans le dossier de presse. De même, annonce Alix Renaud, chargée de développement chez Olga (ex-Triballat-Noyal), le Planet score figurera «sur tous les opercules des pots de 400 g de Sojade dans plus de trente pays». Chez Naturalia (groupe Monoprix), Allan Zeitoun confie également que l’on «se pose la question de faire du on-pack». Du côté de chez Franprix, ou même de Monoprix, l’expérimentation de l’affichage reste en revanche pour l’heure réservée aux commandes en ligne. «L’affichage sur les emballages est vraiment l’idéal», encourage Sabine Bonnot, présidente de l’Itab et architecte du Planet score, alors que le rapport du gouvernement publié en janvier 2022 ouvre la porte à un affichage dématérialisé en ligne. Les modalités, comme les modes de calcul, seront au cœur des travaux de l’Ademe et des discussions qui se poursuivent, en vue de généraliser un affichage avant 2026, comme prévu par la loi climat. Parallèlement, le Planet Score serait en discussions avec des entreprises, ONG et gouvernements d'autres pays européens, dont l'Allemagne, l'Italie, ou les Pays-Bas.

Sécheresse : l'Italie décrète l'état d'urgence dans cinq régions du Nord 

L'Italie a décrété le 4 juillet l'état d'urgence dans cinq régions du Nord et annoncé le déblocage d'un fonds de 36,5 millions d'euros pour faire face à la sécheresse qui frappe la plaine du Pô depuis plusieurs semaines. Le Conseil des ministres a approuvé l'instauration de l'état d'urgence en Émilie-Romagne, Frioul-Vénétie Julienne, Lombardie, Vénétie et dans le Piémont jusqu'au 31 décembre, a annoncé le gouvernement dans un communiqué. La péninsule italienne est confrontée à une vague inhabituellement précoce de chaleur assortie d'une absence de précipitations, notamment dans la plaine agricole du Pô, frappée par sa pire sécheresse depuis 70 ans. L'état d'urgence vise à accorder «des moyens et des pouvoirs extraordinaires" pour assurer la mise en oeuvre des interventions urgentes nécessaires pour garantir la sécurité publique, la réparation des dommages subis par les biens publics et privés et les conditions de vie normales de la population. Selon le plus grand syndicat agricole du pays, Coldiretti, la sécheresse menace plus de 30% de la production agricole nationale et la moitié des élevages dans la plaine du Pô, où l'on produit notamment le jambon de Parme.

Insectes : une 4e espèce obtient le feu vert de l’Efsa pour la consommation humaine 

L'autorité européenne de sécurité sanitaire (Efsa) a rendu le 4 juillet un avis positif à la consommation humaine de scarabée buffalo (Alphitobius diaperinus), a indiqué l’entreprise française Ynsect le 4 juillet. Cet avis va désormais être soumis à la Commission européenne afin de préparer un projet de règlement autorisant la commercialisation du produit au sein de l'UE. Une autorisation finale qui pourrait être finalisée pour le début de 2023. Cet avis positif résulte d'une demande soumise par Ynsect Netherlands (anciennement Protifarm et désormais détenu par l’entreprise française). Le scarabée buffalo devient ainsi la quatrième espèce d’insecte à recevoir ce feu vert de l’Efsa. Il est destiné à devenir une source de protéines animales, sachant que la consommation de protéines animales augmentera de 52 % entre 2007 et 2030, d’après la FAO, citée par Ynsect. En l'occurrence, les insectes seraient incorporés dans les aliments sous forme d'ingrédients alimentaires et non pas commercialisés en l'état. L’entreprise amiénoise publie à cette occasion une enquête qu’elle a confiée à OnePoll, société anglaise de spécialisée dans les sondages en ligne, selon laquelle 53% des Français seraient prêts à consommer des aliments à base de protéines d’insectes.

Céréales ukrainiennes : le cargo russe Zhibek Zholy toujours au large des côtes turques 

Un cargo battant pavillon russe, au centre d'une bataille diplomatique entre Kiev et Moscou, restait ancré le 5 juillet au large de la Turquie en mer Noire pour le cinquième jour consécutif, a constaté une équipe de l'AFP. L'Ukraine, qui accuse la Russie de voler ses récoltes de blé, affirme que le Zhibek Zholy, parti jeudi du port ukrainien de Berdiansk, sous occupation russe, est chargé de 7.000 tonnes de céréales obtenues illégalement. Une source diplomatique turque a affirmé le 5 juillet à l'AFP qu'une «inspection» était en cours à bord. Moscou a reconnu la veille que le navire battait pavillon russe, mais a rejeté toute faute. «Nous devons examiner la situation», a déclaré à des journalistes le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov. «Le navire apparaît comme russe et bat pavillon russe. Je pense qu'il appartient au Kazakhstan et que la livraison initiale était prévue dans le cadre d'un contrat signé entre la Turquie et l'Estonie», a affirmé le ministre. Le ministre kazakh de l'Industrie, Kairbek Uskenbayev, a précisé que le Zhibek Zholy, propriété de la compagnie ferroviaire nationale du Kazakhstan, Temir Zholy (KTZ), avait été «loué». Malgré la pression ukrainienne, la Turquie, membre de l'Otan, reste muette depuis vendredi au sujet du navire.

Porc : la Chine étudie le recours à ses réserves pour contenir les prix 

La Chine envisage de puiser dans ses réserves nationales de porc pour stabiliser les prix de la viande et enrayer la spéculation, a indiqué le 5 juillet la puissante agence de planification économique (NDRC). Au menu d'innombrables plats, le porc, qui est la viande la plus consommée en Chine, a vu son prix bondir le mois dernier de plus de 30% sur un an, selon le ministère de l'Agriculture et des Affaires rurales. La NDRC attribue cette flambée à une «réticence irrationnelle à vendre» de la part de certains producteurs, qui préfèrent attendre afin de maximiser leurs gains, dans un contexte de poussée inflationniste dans l'alimentaire au niveau mondial. Pour stabiliser les prix et éviter tout mécontentement populaire, le planificateur économique a ordonné mardi aux producteurs d'abattre les porcs «à un rythme régulier» et mis en garde contre toute «manipulation» de l'offre et de la demande. Le recours aux réserves nationales de porc est par ailleurs «à l'étude» pour mettre davantage de viande sur le marché et ainsi faire baisser les prix, a ajouté le planificateur.

Assemblée nationale : «pas de sectarisme», promet un nouveau député RN viticulteur 

Dans un entretien à paraître dans le prochain numéro d'Agra presse, le nouveau député du Rassemblement national (RN) Grégoire de Fournas, viticulteur dans le Médoc, annonce qu'il ne fera pas montre de «sectarisme» vis-à-vis des projets de textes agricoles de la majorité présidentielle. «Sur l’ensemble des projets de loi, et pas seulement en agriculture, nous n’aurons pas de difficultés à voter les dispositions qui iront dans le bon sens, explique le jeune député de 37 ans, qui vient d'intégrer la commission des affaires économiques. Nous n’avons pas de sectarisme». Plusieurs dossiers agricoles devraient être examinés par l'Assemblée dans l'année: le chèque alimentaire et le budget de la réforme de l'assurance à l'automne, puis la loi d'orientation sur l'installation l'été prochain. «J’attends de savoir ce que contiendra cette assurance récolte. Si nous sommes dans l’enfumage et qu’il n’y a que des mesures cosmétiques, nous aurons des exigences à poser. Il y a souvent beaucoup de communication autour de projets qui ne sont pas à la hauteur des enjeux.»

Influenza : le Cifog demande à son tour des indemnisations économiques rallongées 

Dans un communiqué du 5 juillet, le Cifog (interprofession du foie gras) demande que les indemnisations pour les pertes économiques dues à l’influenza aviaire «couvrent le vide sanitaire global subi jusqu’au 30 juin 2023». Alors que le maillon génétique a été fortement affecté par l’épizootie en Pays de la Loire, «les couvoirs ne pourront fournir que 50% des animaux nécessaires au redémarrage», estime le Cifog. Résultat: les éleveurs touchés par la première vague de l’épizootie (Landes, Gers, Pyrénées-Atlantiques) ont pu «remettre un premier lot de canetons en élevage», mais ils «subiront des vides sanitaires bien au-delà des quatre semaines habituelles». Ceux affectés par la seconde vague (Pays de la Loire, Quercy-Périgord) «ne disposeront pas de canetons en quantité suffisante». Quant aux zones indemnes (Alsace notamment), elles «ne sont pas livrées en canetons à la hauteur de leurs commandes». Le Cifog appelle donc à trouver une «solution» pour les éleveurs des zones indemnes, habituellement indemnisés par le FMSE (Fonds de mutualisation des risques sanitaires et environnementaux). Avant le Cifog, Anvol (interprofession des volailles de chair), ainsi que la Conf’ et le Modef, avaient demandé des indemnisations rallongées.

Porc : en AG, Inaporc veut tracer des perspectives malgré la crise 

Alors que le secteur porcin est en crise depuis un an, entre prix de vente insuffisant et flambée de l’alimentation animale, l’interprofession Inaporc s’est employée à tracer des perspectives lors de son assemblée générale, le 5 juillet à Paris. Premier signe d’espoir: la récente remontée des prix à la production (1,822 €/kg au MPB le 4 juillet) «Le marché se rééquilibre un peu, mais il faudrait encore 10 à 20 ct€/kg pour équilibrer les comptes des éleveurs», selon son vice-président, l’éleveur François Valy. Autant de hausses que la filière compte «répercuter jusqu’au consommateur final», selon le président d’Inaporc Thierry Meyer. Autre indicateur encourageant: une consommation en hausse de 2,5% sur un an (chiffre FranceAgriMer de fin mars). Les sujets de réflexion ne manquent pas à Inaporc: communication, contractualisation (notamment pour les jeunes éleveurs), segmentation, déploiement du concept «Le Porc français» en restauration, etc. «Une réflexion est en cours pour bâtir une démarche RSE de filière», a encore annoncé M. Meyer, avec une «première réunion à l’automne». «Nous avons un objectif commun: soutenir les éleveurs et rassurer le marché», a lancé le ministre de l’Agriculture Marc Fesneau, venu conclure les travaux.

Grandes cultures : appel à une politique «ambitieuse» après l'arbitrage du PSN (syndicats) 

«Il y a urgence à réaffirmer une politique agricole concrète et ambitieuse», ont déclaré le 5 juillet les associations spécialisées Grandes cultures de la FNSEA. Dans un communiqué, l’AGPB (producteurs de blé), l’AGPM (maïs), la CGB (betterave), la Fop (oléoprotéagineux) réclament notamment l’adoption du PSN, déclinaison française de la Pac, qui doit «respecter les grands équilibres trouvés» lors des concertations. Par ailleurs, les syndicats attendent la dérogation concernant les jachères pour l’an prochain, la réaffirmation du principe «pas d’interdiction sans solution», un «engagement fort» pour la révision des objectifs de la stratégie européenne De la ferme à la table. Et d’appeler aussi à «tenir les promesses de la loi d’orientation sur le développement de l’assurance récolte» ; décliner sur le terrain le Varenne de l’eau. «Les pouvoirs publics doivent mettre en œuvre un plan de souveraineté azote et renforcer le plan protéines végétales» comme annoncé, poursuit le communiqué.

Méthanisation : sans élevage, la production de biomasse alimentaire peut diminuer 

Un des principaux effets négatifs que peut entraîner la méthanisation sans élevage avec comme substrat des Cultures intermédiaires à vocation énergétique (Cive) est une production de biomasse alimentaire diminuée, indique une étude publiée le 5 juillet par le Centre d’études et de prospective du ministère de l’Agriculture. Cette étude, réalisée par AgroParisTech et l’Inrae, a été menée auprès d’agriculteurs associés aux onze unités de méthanisation sans élevage d’Île-de-France. «La méthanisation peut s’accompagner d’une baisse de la production de biomasse alimentaire, en raison de la modification des assolements et de la baisse du rendement des cultures alimentaires qui suivent les Cive d’hiver. En effet, la présence de Cive en hiver impose un semis tardif des cultures de printemps, ce qui pénalise la production». Les agriculteurs «cherchent à maximiser les rendements des Cive», afin que ces dernières assurent une part importante de l’alimentation du méthaniseur limitant ainsi le recours aux co-produits agroindustriels, aux biodéchets alimentaires et aux cultures dédiées, analyse l’étude. En revanche la production de biomasse totale de l’exploitation est augmentée, le bilan énergétique également ainsi que le stockage du carbone dans le sol.