« Le choix de l’alimentation en eau est urgent »

Cédric Perrier
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Mikaël Gonin, éleveur à Amplepuis, tire la sonnette d’alarme.

« Le choix de l’alimentation en eau est urgent »
Mikaël Gonin (à gauche) propose trois solutions pour pallier le manque d'eau en période de sécheresse.

C’est un sujet récurrent et toujours plus sensible. Parce que l’eau demeure un enjeu aussi urgent qu’essentiel.

« Les dernières pluies remontent à début juin. Grâce à nos aménagements, dont une retenue alimentée uniquement par l’eau de pluie, on tient deux mois de plus qu’avant. Mais à partir de la semaine prochaine, on sera contraint de se brancher sur le réseau », constate un brin fataliste Mikaël Gonin, éleveur installé à Amplepuis.

Une sécheresse qui se répète depuis 2015

Depuis l’été 2015, l’agriculteur estime que le scénario de la sécheresse se répète chaque année. Il devient alors pressant de réagir.

Et pour cela, Mikaël Gonin interpelle directement les élus territoriaux : « je pense à trois solutions. La première, et l’alternative la plus simple, serait d’autoriser les retenues d’eau ce qui nous ferait gagner en autonomie. On pourrait également acheminer l’eau à l’aide de canalisations à usage professionnel, et pas seulement pour l’agriculture, depuis le Rhône, la Saône ou encore la Loire. Ici, dans le secteur d’Amplepuis, il existe un réseau d’irrigation avec la Loire à 20 km. Enfin, il faudrait repenser la tarification de l’eau potable et diviser son prix par trois. Aujourd’hui, on oscille entre 5 et 10 euros les 1000 l. »

L'eau de la machine à traire est recylcée 

En plus de sa retenue d’eau qu’il utilise pour l’irrigation et, dans une moindre mesure, à abreuver les vaches, l’eau de sa machine à traire est recyclée pour nettoyer le bâtiment de traite.

« Sur la culture fourragère on a fait le travail, mais elle est à 30 % de rendement. Ca va se jouer dans les deux prochaines semaines », prévient Mikaël Gonin. Il estime sa consommation d’eau quotidienne à 15 m3 pour l’ensemble de l’exploitation.