Une place à prendre

Cédric Perrier
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Comme pour l’ensemble des fruits de saisons, la récolte des fraises a débuté plus tôt que d’ordinaire ; elle s’annonce bonne. Historiquement terre de fraises, les monts du Lyonnais ont vu néanmoins la production diminuer de moitié en trente ans. Et pourtant, la demande est toujours aussi importante.

Une place à prendre
La récolte, ici dans les monts du lyonnais, a débuté quinze jours plus tôt que d’ordinaire.

Les monts du Lyonnais ont toujours été une terre de fraises. Pourtant, aujourd’hui beaucoup moins que dans les années 1990 où la production pouvait aller jusqu’à 500 t. « Il y a toujours de la demande mais l’activité est deux fois moins importante qu’il y a trente ans », note Jean-Bernard Cherblanc, directeur du secteur frais chez Sicoly.

Si cette saison s’annonce bonne avec un commerce très demandeur, c’est la quantité qui va manquer notamment en raison du Covid-19. L’Espagne est le principal fournisseur de fraises en France. « La fermeture des frontières plus la prise de conscience des Français pour le local font que nous allons manquer de marchandises. En mars de cette année, il y a eu du retrait sur les asperges et les fraises, ce que je n’avais jamais vu, dans le sud-ouest. Puis le gouvernement a incité la population à manger français et du jour au lendemain la consommation a explosé », se souvient celui qui vient d’être élu maire de Courzieu pour un second mandat consécutif.    

Une saison de mai à novembre

« Si on avait le double de quantité on ne se plaindrait pas. Les prix sont très biens, ça faisait longtemps », se réjouit Jean-Bernard Cherblanc, avant de poursuivre : « ça fait des années que je le répète. C’est dommage d’autant plus que nous avons des variétés très gustatives comme la magnum, charlotte, mara des bois… La saison peut aller jusqu’en novembre avec les remontantes qu’on peut cueillir trois fois dans l’année. »

Courzieu, capitale autoproclamée de la fraise 

Au total, c'est une vingtaine de producteurs de l’ouest lyonnais qui travaille avec la Sicoly. Et comme pour asseoir un peu plus cette légitimité, Courzieu s’est autoproclamée capitale de la fraise.

Qui de mieux placé que le maire pour en parler : « Il y a quelques années nous avions une fête assez connue autour de la fraise. Sur la commune, nous avons renommé les circuits pédestres de variétés de fraises avec des explications. Notre patrimoine fait également référence au fruit. » On l’aura compris, Jean-Bernard Cherblanc ne manque pas d’arguments pour inciter les agriculteurs à produire des fraises.