L'info en bref
Engrais azotés, pesticides, génétique animale, gel...

Emmanuelle Perrussel
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L'essentiel de l'information agricole nationale et régionale de ces dernières heures, à lire chaque lundi, mercredi et vendredi dès 9 h.

Engrais azotés, pesticides, génétique animale, gel...

Engrais azotés : la hausse des cours alimente des craintes sur les disponibilités 

Dans un communiqué paru le 1er octobre, les céréaliers de la Coordination rurale (FGC) demandent au ministre de l'Agriculture « des garanties » face au « risque de pénurie d'engrais azotés » pour le début d'année 2022. Les cours de la solution azotée ont doublé depuis le mois de janvier, en raison d'une moindre offre de gaz naturel en Europe en provenance de Russie. La crainte du syndicat s'appuie sur la fermeture récente de deux usines d'engrais en Grande-Bretagne, particulièrement touchée par le manque de gaz naturel, mais aussi sur les expressions publiques du cabinet de conseil Agritel. « Cette hausse [des engrais] est à la fois un fardeau économique pour bon nombre de producteurs au niveau mondial, mais se pose également la question des disponibilités », affirmait l'analyste d'Agritel Arthur Portier sur Linkedin le 30 septembre. FGC demande à Julien Denormandie trois mesures : « faire preuve de transparence sur les réelles capacités de production des usines françaises et européennes, ainsi que sur celles de nos partenaires commerciaux, afin de limiter les mouvements spéculatifs » ; « faire suspendre les taxes anti-dumping sur les engrais azotés, afin de limiter la hausse des coûts » ; et « si cela est nécessaire, faire intervenir l’État pour sécuriser la production nationale et les importations d’engrais azoté, et assurer la priorité logistique de cette ressource stratégique ».

 

Viande : pénurie de bouchers au Royaume-Uni, possibles abattages massifs 

Le Royaume-Uni manque actuellement de milliers de bouchers, faisant craindre des pénuries de produits traditionnels pour Noël et des abattages massifs faute de pouvoir transformer la viande, selon des professionnels du secteur. L'Association britannique des transformateurs de viande (BMPA) a expliqué au quotidien The Times publié le 1er octobre que le secteur manquait de 15.000 bouchers, ce qui avait forcé le secteur à se concentrer sur l'approvisionnement des supermarchés en morceaux de viande de base. « Nous aurions vraiment dû produire des aliments de Noël à partir de juin ou juillet, mais ce n'est pas le cas jusqu'à présent », a-t-il détaillé, avertissant « qu'il y aura des pénuries d'aliments festifs, comme les saucisses roulées au bacon», un met prisé des Britanniques pour les fêtes. La pénurie de bouchers pourrait entraîner l'abattage de 150.000 porcs dans les dix prochains jours, a averti le Syndicat national des agriculteurs. Ces bêtes "n'entreront pas dans la chaîne alimentaire" et seront plutôt "incinérées" ou "jetées à la poubelle", faute de main-d'oeuvre suffisante pour traiter la viande, a souligné sur la BBC le président de la National Pig Association, Rob Mutimer.

 

Pesticides de synthèse : un million de signatures pour les interdire d'ici 2035 

Une initiative citoyenne européenne pour « sauver les abeilles et les agriculteurs » a récolté plus d'un million de signatures à travers l'UE, obligeant la Commission européenne à décider d'une action pour y répondre. Lancée en 2019 avec le soutien de neuf ONG, l'initiative a recueilli jeudi soir à sa clôture 1.154.024 signatures. Ces signatures ont été essentiellement récoltées en Allemagne (570.973), en France (103.183) et aux Pays-Bas (102.228). « Nous demandons à la Commission de proposer des actes juridiques visant à supprimer progressivement les pesticides de synthèse d'ici à 2035, rétablir la biodiversité et aider les agriculteurs pendant cette phase de transition », demande le texte. Il demande également de « réduire progressivement de 80 % l'utilisation de pesticides de synthèse dans l'agriculture de l'UE d'ici à 2030, en commençant par supprimer les produits les plus dangereux, de manière à ne plus recourir à des pesticides de synthèse à l'horizon 2035 ; restaurer les écosystèmes naturels dans les zones agricoles pour que l'agriculture devienne un moyen de rétablir la biodiversité » ou encore de « réformer l'agriculture en accordant la priorité à une agriculture diversifiée et durable à petite échelle, en favorisant une augmentation rapide des pratiques agroécologiques et biologiques ». Les initiateurs de cette initiative vont rencontrer des représentants de la Commission européenne dans un délai d'un mois et pourront la présenter au Parlement européen dans un délai de trois mois. La Commission européenne a six mois pour présenter l'action qu'elle compte mener en réponse à cette initiative.

 

Génétique animale : les financements du Casdar se précisent 

La bonne nouvelle de l’Assemblée générale de Races de France le 30 septembre aura été le maintien de l’enveloppe à 8 millions d’euros du programme Casdar de génétique animale 2022-2027. L’ébauche du contenu attendu se précise clairement : les nouveaux financements se feront sous la forme d’appels à propositions de programme pluriannuel accessibles aux seuls organismes de sélection (OS), a expliqué Emilie Cavailles, cheffe du bureau du Lait et de la sélection animale au ministère de l’Agriculture. La commission thématique interfilières (CTI) « ressources génétiques » du 14 octobre, et dont les résultats seront publiés au BO-Agri fin octobre, finalisera les procédures d’accès. Quelques points inquiètent encore les professionnels : notamment que seules les OS soient éligibles à l’appel à projets ainsi que seuls les OS au statut PME soient éligibles à certaines enveloppes. Coté calendrier, les dossiers devront être déposés avant le 31 décembre « pour que les dépenses engagées dès le 1er janvier soient éligibles ». Devant le calendrier serré, le ministère tient à rassurer. Seuls des dossiers sous formes simplifiés seront demandés et ils pourront être complété jusqu’au 31 janvier. Le ministère assure également être à l’écoute pour décaler ces dates si nécessaire

 

Gel : le délai de demande de prise en charge des cotisations repoussé au 29 octobre 

Les agriculteurs et employeurs de main-d’œuvre impactés par le gel d’avril ont finalement jusqu’au 29 octobre pour faire leur demande de prise en charge de cotisations sociales, a annoncé la MSA dans un communiqué le 1er octobre. Ils disposent donc de trois semaines supplémentaires pour remplir et envoyer le formulaire adéquat à leur caisse locale de MSA, par rapport au délai du 8 octobre initialement prévu. Pour rappel, les agriculteurs et employeurs doivent remplir trois critères pour avoir droit à cette prise en charge exceptionnelle de cotisations : un chiffre d’affaires (CA) agricole supérieur à 50 % du CA total ; un CA moyen des activités liées au gel supérieur à 50 % du CA total (sur l'un des trois derniers exercices clos) ; et un taux de perte de récolte d’au moins 20 %. Pour connaître les taux de perte calculés par la commission départementale d’expertise, la MSA invite les intéressés à consulter «l e site web de leur préfecture ou à prendre contact avec leur direction départementale des territoires ou leur chambre d’agriculture ».