Portrait
Retour à la terre pour Nadine Jacquet

Emmanuelle Perrussel
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À Quincieux, Nadine Jacquet s’est installée à la suite de son papa en arboriculture et maraîchage. Elle mise sur la vente directe, avec un magasin à la ferme qui a ouvert le 1er juin. Rencontre.

Retour à la terre pour Nadine Jacquet

Elle ne voulait pourtant pas reprendre la ferme familiale. « J’ai toujours baigné dans le monde agricole : j’aidais mon père sur l’exploitation et je faisais les marchés avec lui jusqu’à mes 25 ans. Puis j’ai décidé de partir un an en Angleterre, j’ai ensuite travaillé dans le domaine de la comptabilité et dans l’import. Avec mon mari, nous étions installés dans le Sud de la France et je n’avais pas l’intention de devenir agricultrice », raconte Nadine Jacquet.

La 3e génération

En 2013 pourtant, lorsque son papa tombe malade et évoque l’éventualité d’arracher les vergers, Nadine a le cœur qui se serre à cette idée. Elle réfléchit donc à reprendre l’exploitation et s’installe quelques mois plus tard : le 1er mai 2014, après une formation arboricole en Ardèche. « La ferme, dont je représente la 3e génération, était en polyculture élevage à l’époque de mon grand-père. Mon papa avait arrêté l’élevage des vaches pour se consacrer à la production de fruits et de légumes. L’arboriculture représente 80 % de l’activité avec 3,7 ha de fruits : cerises, pêches, prunes, abricots, poires et pommes. En maraîchage, jusqu’à l’an dernier, je produisais seulement des courges, des salades et des courgettes en plein champ. Depuis cette année, je suis davantage diversifiée avec une gamme de légumes basiques de saison sur environ 5000 m2 », explique la productrice.

Celle-ci a fait le choix de commercialiser sa production exclusivement en vente directe sur les marchés de détail (Neuville-sur-Saône, quartier de la Croix-Rousse à Lyon, Caluire-et-Cuire) et depuis le 1er juin, via son magasin à la ferme. « Malheureusement, ma production fruitière a été presque totalement anéantie par le gel du mois d’avril. J’aurai peu de fruits à vendre. En cerises par exemple, il reste seulement 30 % des fruits sur 5 arbres sur 40. J’ai perdu 50 % de la récolte de pommes à venir et il me reste à peine 17 pieds de poire Lisbonne… J’avais pourtant aspergé mes vergers avant l’épisode mais cela n’a pas suffi. L’an passé, j’ai déjà perdu 20 % de mes pêches… Je vais surtout miser sur la production de légumes pour cette année », complète Nadine.

L’importance de la communication

Dans son magasin, il sera aussi possible de trouver une large gamme de produits locaux des environs tels que des yaourts, de la bière, du miel, des cardons, des confitures, de la charcuterie et du pain. Le magasin est aussi un relais colis, ce qui permet d’attirer une plus large clientèle. Nadine aime communiquer avec sa clientèle et répondre aux innombrables questions des gens. « J’apprécie de parler de mes méthodes de production : en agriculture raisonnée, j’ai installé des haies dans mon verger pour attirer une faune auxiliaire et des nichoirs à mésanges, je pratique le désherbage mécanique et je suis en train de passer en HVE (haute valeur environnementale). C’est prenant par contre, aussi j’ai recruté des vendeurs pour les marchés et le magasin, ce qui me laisse un peu de temps pour parler avec les citadins. J’ai également embauché Fabrice qui a suivi la préparation opérationnelle à l’emploi collective en maraîchage arboriculture (POEC) à la MFR de Chessy, pour la partie maraîchage. »

L’agricultrice donne rendez-vous le dimanche 13 juin pour sa journée portes ouvertes, qui lui permettra de présenter son nouveau magasin. « J’avais envie de réunir les producteurs qui vendent leurs produits via mon magasin. « L’idée est d’accueillir le public pour qu’il puisse voir les vergers. Ils pourront pique-niquer sur place et participer à quelques animations », annonce Nadine heureuse d’avancer dans ses projets. « J’espère agrandir mes surfaces et recruter de la main-d’œuvre. J’ai trouvé un équilibre et ne regrette pas ma reconversion professionnelle ! », conclut-elle.