Déconfinement
Enseignement agricole : les élèves retrouvent les bancs de l’école

Marie-Cécile Seigle-Buyat
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Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Éducation nationale, a annoncé que « toutes les écoles seront rouvertes en France ». Quid de l’enseignement agricole ? Entretien avec Nathalie Prudon-Desgouttes, responsable formation à la Draaf Auvergne-Rhône-Alpes.

Enseignement agricole : les élèves retrouvent les bancs de l’école
Nathalie Prudon-Desgouttes, responsable formation à la Draaf Auvergne-Rhône-Alpes.

Comment se déroule la reprise de l’enseignement agricole en Auvergne-Rhône-Alpes ?

Nathalie Prudon-Desgouttes : « À l’heure d’entamer la phase 2 du plan de déconfinement, nous sommes heureux d’annoncer que 110 de nos 118 établissements publics et privés ont rouvert leurs portes. Les huit restants se trouvaient dans l’impossibilité matérielle d’accueillir des internes. La reprise se fait en douceur avec 5 à 8 % des effectifs présents en classe pour la première journée. Certains établissements avaient déjà rouvert depuis le 11 mai dernier, mais ce jour marque la reprise officielle de l’ensemble des voies de formation. Toutes les consignes de reprise nous sont fournies dans une note support du plan de réouverture des établissements de l’enseignement technique agricole qui est ensuite déclinée au sein de chaque établissement. Tous ont travaillé à un plan de réouverture qui leur permette d’accueillir les élèves dans le plus grand respect des mesures sanitaires. »

Comment garantir aux parents que les mesures sanitaires adéquates seront appliquées ?

« Avant d’ouvrir, l’ensemble des établissements ont travaillé sur un plan de reprise. Ils ont procédé à une étude de leurs capacités d’accueil et en fonction de celles-ci ont choisi de réduire, ou non, le nombre d’élèves accueillis. Tout est inspecté, du nombre de places disponibles dans les amphithéâtres, les classes et les restaurants jusqu’aux blocs sanitaires en passant par la taille des chambres pour les internes. Au jour de la reprise, nous enregistrons 367 internes inscrits contre près de 20 000 habituellement. Nous constatons aujourd’hui que de nombreuses familles ont décidé de ne pas faire revenir leur enfant à l’école, craignant notamment de devoir utiliser les transports scolaires. Les établissements sont loin d’être surpeuplés ce qui permet d’accueillir ceux qui viennent dans les meilleures conditions possibles. »

Quels sont les élèves qui seront accueillis en priorité dans les établissements agricoles ?

« Le principe, c’est d’accueillir tout le monde. Nous n’accueillons pas d’élèves dans le cadre du dispositif Ulis (Unités localisées pour l’inclusion scolaire, ndlr) mais nous aurons une attention particulière pour les élèves en situation de handicap. Concrètement, chaque établissement demeure aujourd’hui libre de faire revenir à l’école telle ou telle classe en fonction de ses capacités d’accueil et des priorités définies. Certaines équipes pédagogiques ont par exemple choisi de privilégier des niveaux ayant habituellement un examen à la fin de l’année. Dans chaque établissement, la stratégie de reprise dépend aussi du nombre d’élèves qui vont réellement revenir. Tout se fait sur la base du volontariat, et d’après les estimations que nous avons faites avant la reprise, environ 20 à 25 % des élèves devraient revenir à l’école. »

Les examens de fin d’année et les stages pourront-ils se dérouler normalement ?

« Cette année, comme dans l’ensemble des établissements en France, les examens terminaux ne pourront avoir lieu et seront remplacés par du contrôle continu. Dans l’enseignement agricole, le contrôle continu est pensé pour former les élèves en vue de réussir leurs examens et permettra donc de les évaluer sans difficulté. Les épreuves de rattrapage sont quant à elles maintenues. Nous savons bien que les taux de réussite seront supérieurs à ceux des autres années mais nous n’avons pas le choix, il faut s’adapter à cette période particulière. Concernant les stages, ils n’étaient pas formellement interdits pendant la durée du confinement mais ils pourront officiellement reprendre pour tous les élèves de plus de 16 ans. Dans le cadre de la formation continue, les contrats professionnels ont pu se dérouler sans difficulté et vont aujourd’hui se poursuivre. »

Propos recueillis par Pierre Garcia