Fromages
Des éleveurs mobilisés

Emmanuelle Perrussel
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La filière du Rhône n'a pas trop souffert de la crise sanitaire grâce à la persévérance des éleveurs qui n'ont pas compté leur temps pour écouler leurs produits. Témoignage de Cédrine Louvier, de l'EARL du Rajoly à Saint-Pierre-de-Chandieu.

Des éleveurs mobilisés

À Saint-Pierre-de-Chandieu, l’EARL du Ranjoly composé de Cédrine Louvier et de ses parents, Annie et Robert, a su s’adapter à cette crise. La famille Louvier élève une quarantaine de vaches laitières de races prim’holstein et brune des Alpes sur 145 ha (100 ha de céréales et 45 ha de fourrages). Depuis 2010, ils sont équipés d’une fromagerie et transforment environ 30 % du lait, le reste étant livré à Sodiaal. Ils ont aussi démarré à ce moment-là leurs premiers marchés de détail (Saint-Pierre-de-Chandieu, Toussieu, Chaponnay) et la vente à la ferme du mercredi au samedi de 17 h 30 à 19 h.

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Les clients au rendez-vous !

Dès la mi-mars, les associés de l’EARL du Ranjoly ont été obligés de stopper les livraisons à la cantine scolaire de Saint Pierre et à la cuisine centrale de Saint Priest, ainsi que les marchés. Ces derniers ont repris à partir du 30 mai. « En revanche, on n’a jamais cessé de vendre à la ferme. Au contraire, puisque l’on a dû élargir les créneaux pour répondre à la demande. Les clients étaient au rendez-vous et on en a eu de nouveaux. Espérons qu’ils restent ! », détaille Cédrine. Revers de la médaille, il a fallu encore plus se retrousser les manches et réorganiser le travail de chacun. « Physiquement, cette période a été difficile. On a gardé notre gamme de produits laitiers : fromages lactiques de la faisselle au très sec, tommes à pâte pressée non cuite, yaourts nature, aromatisés sans colorant ni conservateur, à la confiture de fruits, crèmes dessert… On vend aussi des colis de viande (bœuf, veau de lait, porc…) et pendant la crise, on a également proposé la farine et les lentilles de voisins agriculteurs », poursuit la jeune femme.

Depuis, les gestes barrières sont appliqués à la lettre. « Les quinze premiers jours, nous avons testé les commandes par SMS et un système de drive mais c’était compliqué à gérer. On a préféré accueillir les clients sur le point de vente avec les aménagements nécessaires : distances de 1,50 m, masques, paiement par carte bleue… », ajoute Cédrine.

Pour la partie de la production livrée à Sodiaal, « la coopérative nous a demandé de baisser nos volumes. Comme nous avions de la demande pour la vente directe, nous avons augmenté la partie de lait transformé ».

Ces dernières semaines resteront gravées dans les mémoires mais Cédrine et ses parents n’en garderont pas un si mauvais souvenir car « les gens nous ont beaucoup remerciés d’être là pour les nourrir. Ça fait chaud au cœur ».