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Moulin-à-Vent et Chiroubles : des crus en quête d’évolution

Simon Alves
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En raison du contexte sanitaire, les appellations moulin-à-vent et chiroubles ont remplacé leurs traditionnelles assemblées générales par des lettres d’information. Un bilan écrit de l’année 2020 qui dresse aussi les perspectives et pistes d’évolution pour les mois à venir.

Moulin-à-Vent et Chiroubles : des crus en quête d’évolution

Il ne fallait pas compter sur des réunions en physique pour les crus du Beaujolais. Les appellations moulin-à-vent et chiroubles ont en effet dû jouer la carte distancielle et différée pour leurs assemblées générales ces dernières semaines, par la diffusion de lettres d’information pour leurs adhérents. Une mesure liée évidemment au contexte sanitaire. Cela n’a pas empêché les présidents de chaque cru de présenter leurs rapports moraux respectifs. Côté moulin-à-vent, si le covid 19 a pu entraîner l’annulation de plusieurs opérations presse, l’appellation compte capitaliser sur sa bonne notoriété. « Nous réfléchissons à une nouvelle stratégie de communication qui doit se rapprocher à la fois des consommateurs et des metteurs en marché tout en continuant les relations avec la presse », écrit Bruno Pin, président du cru. L’AOC veut aussi finaliser son site internet pour améliorer sa communication digitale.

Côté commercialisation, le caveau du cru situé à Romanèche-Thorins va connaître quelques changements de fonctionnement avec l’embauche d’une nouvelle salariée dès le 16 août pour développer les ventes du lieu. « Je souhaite que le caveau redevienne un lieu d’échanges et de propositions ouvert à tous, explique Bruno Pin. Il peut devenir une belle vitrine pour notre appellation. » La lette d’information a aussi fait le bilan en chiffres de l’année 2020, avec 626 hectares récoltés (2,36 % de moins qu’en 2019) pour 29 280 hectolitres de la part de 232 récoltants. La vente en négoce a chuté de 28 % par rapport à l’année précédente avec 10 129 hectolitres et légèrement augmenté (+ 3 %) pour la vente directe. Dans sa commission technique, l’AOC a annoncé aussi la mise en place des visites vignes pour assurer le respect de son cahier des charges. Moulin-à-vent a également lancé depuis mars la démarche de reconnaissance officielle des lieux-dits, à l’instar de fleurie, juliénas, côte de brouilly et brouilly.

Le «repositionnement stratégique» de chiroubles

Chez le voisin de chiroubles, il était surtout question de « repositionnement stratégique », selon les termes du rapport moral de Pierre Prost, président du cru. Une évolution qui est passée par la naissance de Chiroubles, Terroir d’altitude. « Cette stratégie met en avant les singularités de Chiroubles, qui nous sont spécifiques : altitude moyenne de 410 mètres, coteaux marqués, terroir homogène 100 % granitique, détaille le viticulteur. Ce qui se traduit par des vins élégants et équilibrés, alliant maturité et fraîcheur. » Une ligne directrice qui, selon l’appellation, a les faveurs des clients et de la presse dans un contexte de réchauffement climatique, et qui sera présentée prochainement aux négociants bourguignons et à la presse.

Parce que la communication demeure un axe majeur de promotion des vins du cru, plusieurs actions ont été engagées, dont la création d’un nouveau logo et d’une charte graphique, la refonte du site internet ou encore la réalisation de panneaux lumineux panoramiques avec photos. Côté finances, le résultat du rapport financier est « tout juste positif » selon Anthony Charvet, trésorier du cru, avec un montant de 226,12 euros. L’absence de manifestations en période de crise sanitaire a évidemment joué. Les chiffres clés du cru présentent eux 12 926 hectolitres récoltés sur 277 hectares et 144 récoltants en 2020. La vente en négoce (5039 hectolitres) comme en direct (6466 hectolitres) a augmenté par rapport à 2019. Enfin, comme pour l’ensemble des crus, les visites de vignes seront réalisées, 20 % de l’appellation devant être vérifiée chaque année. n