Made in Viande (Exclu Web)
Du pré à la boucherie

David Duvernay
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Deux éleveurs de Bourg-de-Thizy et Palinges en Saône-et-Loire témoignent de la collaboration humaine et commerciale qu'ils entretiennent avec la boucherie Martel (Liergues) et son gérant Florent Marchet.

Du pré à la boucherie
Jean-Christophe Touillon et Sylvain Vallet, deux éleveurs heureux de fournir Florent Marchet, gérant de la boucherie Martel à Liergues.

Vendredi dernier, Florent Marchet, gérant de la boucherie Martel à Liergues (Porte des Pierres dorées), avait invité à son animation Made in Viande (du 24 au 31 mai) deux éleveurs locaux : Jean-Christophe Touillon, éleveur, naisseur et engraisseur en race charolaise, à Palinges en Saône-et-Loire, et Sylvain Vallet, éleveur ovin à Bourg-de-Thizy. Très attaché aux circuits courts, c’est donc par leur présence que le jeune boucher a voulu montrer à ses clients une collaboration humaine ponctuée d'un approvisionnement local. "La première fois que j’ai rencontré Florent Marchet, c’était au marché à Saint-Christophe-en-Brionnais (71). Nous avions échangé quelques mots puis il m’avait acheté mes deux vaches", se souvient l’éleveur du Gaec Touillon (185 vaches allaitantes), inscrit au Herd Book. Et depuis ce jour-là, le boucher s’approvisionne auprès de cette ferme, spécialisée aussi dans l’élevage de veau reproducteur, en achetant chaque année une quinzaine de jeunes vaches, de 3 à 5 ans, pesant entre 500 et 680 kg. "Le feeling est bien passé entre nous. Il vient sur notre exploitation pour choisir les animaux. Surtout, il achète les vaches sur pied. C’est moins fréquent actuellement. On est forcément heureux de travailler avec des bouchers comme lui. Et en matière de valorisation, nous sommes mieux récompensés que si nous passions directement par un chevillard", retient Jean-Christophe Touillon.

"Un essai concluant"

"Un essai concluant"

Dans les monts du Beaujolais, à Bourg-de-Thizy, Sylvain Vallet ne peut que se satisfaire également de la collaboration qu’il a pu nouer avec la boucherie Martel, une entente humaine et commerciale qui dure depuis une quinzaine d’années maintenant. L’éleveur, à la tête d’un troupeau de 350 bêtes sur 55 ha de prairies naturelles, a voulu suivre le même chemin que ses parents, en continuant la vente d’agneaux à des bouchers de la région. "Notre rencontre, c’était à Chénelette. Une pure coïncidence. Nous avions convenu d’un essai qui s’est avéré concluant. Et aujourd’hui, je travaille avec cinq bouchers, dont la boucherie Martel principalement", explique l'homme qui a d'ailleurs exposé quelques bêtes de son troupeau, devant l'entrée du magasin. Comme son homologue de Saône-et-Loire, Sylvain Vallet est régulièrement en contact avec Florent Marchet, qui récupère les carcasses des animaux abattus à Saint-Romain-de-Popey. "J’essaye de fournir des agneaux tout au long de l’année. Ce qui m’impose de désaisonnaliser mon troupeau pour avoir des naissances tout le temps et des agneaux engraissés. En termes de prix, on trouve un compromis en fixant un prix d’achat à l’année. Mais c’est valorisant également". 

Podcast de l'IAR - La viande et l'élevage vue par Jean-Christophe Touillon (éleveur)