Quinzaine de la transmission
Un exemple à Sourcieux-Les-Mines

Emmanuelle Perrussel
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Michel et Colette Desbois, éleveurs caprins ont transmis leur exploitation à Laura Martinez et Mickaël Bonnard début 2020. Ils témoignent.

Un exemple à Sourcieux-Les-Mines

Du fait du reconfinement, l’animation dans le cadre de la Quinzaine de la transmission a dû se dérouler en plus petit comité que ce qui était initialement prévu. Elle a pris la forme d’un témoignage croisé de Michel et Colette Desbois, éleveurs caprins aujourd’hui à la retraite et de leurs repreneurs Laura Martinez et Mickaël Bonnard, en présence de Véronique Villalta, conseillère répertoire départ installation à la chambre d’agriculture du Rhône.

Quelques mois après avoir transmis officiellement leur exploitation, Michel et Colette Desbois reviennent sur leur parcours. « Nous avons créé la ferme en 1993 avec l’appui de la chambre d’agriculture après avoir exercé pendant dix ans diverses activités salariées. Des éleveurs ovins nous ont d’abord loué 12 ha de terrain et cédé un bâtiment. Et au fil du temps, les surfaces ont évolué jusqu’à ce que nous atteignions notre rythme de croisière avec l’élevage de 80 chèvres, pour 50 000 l transformés en totalité sur l’exploitation. La production de fromages a toujours été écoulée sur la région lyonnaise : vente aux particuliers, comités d’entreprises, épiceries, GMS, Amap… », détaille Michel Desbois.

Audit puis mises en relation

Les années passent et en 2016, l’heure de la retraite approchant, le couple d’éleveurs décide de faire appel à la chambre d’agriculture pour réaliser un audit de la ferme. « C’est une façon d’avoir une vision globale de l’entreprise afin de mieux préparer la transmission. Cet audit, qui met en relation le capital et le revenu, nous a rassurés en nous montrant que nous pouvions transmettre un outil et une activité viables. Nous avons ainsi pu avancer », poursuit le jeune retraité. Inscrits au Répertoire départ installation, les époux Desbois ont été mis en relation avec une dizaine de candidats à la reprise. « Certains projets correspondaient moins à ce que l’on pensait transmettre. Rapidement, la question de l’habitation s’est posée. De notre côté nous étions ouverts : soit nous cédions le logement avec la ferme soit nous conservions notre maison. »

C’est cette 2e option qui a été choisie par Laura Martinez et Mickaël Bonnard, le jeune couple originaire de la Loire qui a rencontré M. et Mme Desbois en avril 2019. Mickaël est fils d’agriculteur et a suivi des études agricoles. Il a travaillé en tant que salarié et lorsqu’il a rencontré Laura, assistante vétérinaire en reconversion professionnelle, c’était sur une exploitation caprine. Ils ont travaillé un an ensemble puis Laura a passé son BPREA* tandis que Mickaël travaillait chez ses parents. Leur projet d’installation a germé dès 2017 : ils se sont inscrits au RDI de la Loire, ont visité des exploitations dans plusieurs départements à la recherche d’une exploitation caprine avec une activité de transformation.

Rencontres et coup de cœur

« Après plusieurs rencontres infructueuses, je me suis remise à chercher pendant ma grossesse et je suis tombée sur l’offre de Colette et Michel. Quinze jours après, nous nous sommes rencontrés sur place à Sourcieux-Les-Mines. Nous avons eu un coup de cœur pour le cadre et la proximité avec Lyon. Le seul frein pour nous était le logement, nous n’avions pas les moyens, par chance nous nous sommes entendus avec les cédants. Ils ont gardé leur maison et nous avons trouvé une location dans le village », détaille Laura.

Après le déclic de la confiance réciproque, les étapes se sont enchaînées : démarches à l’installation avec la chambre d’agriculture (PPP), promesses de bail auprès des propriétaires, stage test, signatures chez le notaire… « Début 2020, on a démarré officiellement, on expérimente encore beaucoup et on prend nos marques. On a mis notre patte à la fromagerie et on a misé sur la communication. Nous aimerions développer davantage la vente à la ferme, trouver d’autres marchés et passer en agriculture biologique », ajoutent les associés du Gaec la Ferme de Milo.

De leurs côtés, Colette et Michel Desbois soufflent et profitent de leur temps libre. « On entretient de bonnes relations avec Mickaël et Laura et on intervient s’ils nous le demandent. Il faut savoir se mettre en retrait et laisser la place. La transmission est une histoire de rencontre, de beaucoup de volonté de part et d’autre et un peu de chance… », conclut Michel.