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La double casquette de Xavier Rivoire

Simon Alves
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C’est à Corbas que Xavier Rivoire est installé depuis le départ à la retraite de son père Joseph en 2003. Il produit des céréales sur 90 ha et est salarié de la coopérative Oxyane. Rencontre.

La double casquette de Xavier Rivoire

Le monde agricole l’a toujours attiré. Après avoir obtenu son BTS agricole technologies végétales spécialité amélioration des plantes et technologie des semences, au lycée du Valentin dans la Drôme, Xavier Rivoire a fait ses armes en tant que salarié. Chez un maraîcher producteur de semences, à la coopérative Oxyane… avant de reprendre la suite de son papa, Joseph, en 2003 à Corbas, lorsque l’heure de la retraite sonne pour ce dernier. Il demeurera ensuite associé avec Anne-Marie, sa maman, pendant quelques années, jusqu’à son départ à la retraite à elle aussi. L’exploitation familiale est spécialisée en grandes cultures : orge, colza, blé et maïs grains et la production est livrée à Oxyane. En plus d’être chef d’exploitation, Xavier est depuis son installation salarié de la coopérative à laquelle il adhère.

S’assurer un revenu

« Pour la partie agricole, j’ai commencé avec une soixantaine d’hectares avant de reprendre environ 30 ha de l’exploitation de mon oncle à Communay lorsqu’il a pris sa retraite. Je cultive aujourd’hui 90 ha dont la moitié en maïs grains. Je travaille en lien avec un autre double actif : entraide et achat de matériel en commun. Je fais appel à une entreprise agricole lorsque c’est nécessaire pour les semis de maïs et les labours », détaille Xavier qui jongle entre ses deux métiers. « Mon activité de salarié m’assure un revenu fixe lorsque la conjoncture est difficile. Justement, on sort de deux à trois exercices compliqués à cause des aléas climatiques et des cours du marché trop bas. Pour cette année, nous étions assez optimistes, puis les pluies diluviennes de la première quinzaine de juillet ont atteint le potentiel de nos récoltes, qui pourtant semblaient prometteuses, avec du rendement et de la qualité. En effet, la pluie a fait baisser la qualité en impactant le poids spécifique des céréales. Par exemple, certains blés pourraient être déclassés en blés fourragers au lieu d’être destinés à la meunerie », poursuit le céréalier.

Au 15 juillet, celui-ci avait à peine moissonné 30 % de ses blés. Pour les autres cultures, « cette année, je n’ai pas d’orge car les corbeaux ont mangé les semis. J’en ai ressemé une partie mais les nuisibles sont revenus donc il y aura déjà une perte. J’ai également rencontré quelques problèmes avec les colzas. Semés en septembre 2020, ils ne sont pas sortis du fait de la sécheresse, j’ai mis du blé à la place », annonce le céréalier.

En revanche, le maïs a apprécié cette eau, même s’il lui faut également de la chaleur et de la lumière pour se développer. Xavier Rivoire voit aussi un avantage non négligeable au regard de ces dernières saisons : « à la mi-juillet, j’ai seulement fait un tour d’eau au printemps (début mai) ! ».

Les aléas du métier

Tributaire du climat, le métier d’agriculteur peut aussi être chahuté par des tensions avec les riverains et les contraintes d’une situation périurbaine. Xavier Rivoire sait malheureusement de quoi il parle. « On rencontre des problèmes de voieries qui nous empêchent de circuler avec nos engins agricoles. Et les gens nous regardent de travers lorsque l’on sort le pulvérisateur. Ils préfèrent le bio mais pourtant, ils se plaignent des mauvaises odeurs quand les agriculteurs épandent du fumier ! On a bien vu que lorsque l’on a commencé la lutte biologique contre la pyrale du maïs, en appliquant des trichogrammes, tout le monde avait l’air content. Les premiers temps, on le faisait à pied, puis l’année où on l’a fait par drone, on a eu des retours négatifs de certains riverains… On a par ailleurs constaté que lorsque le syndicat a diffusé un film sur l’évolution de l’agriculture sur notre secteur pour son 90e anniversaire, les gens avaient envie d’en avoir plus et de discuter avec les agriculteurs. C’est positif. »

Xavier Rivoire reste confiant sur l’avenir de l’agriculture sur son secteur, même si les exploitants sont de moins en moins nombreux et que la problématique foncière est prégnante. « Le remembrement réalisé il y a une trentaine d’années auparavant a quand même permis aux exploitants d’avoir des structures correctes. L’extension du réseau d’irrigation a pu aussi apporter l’eau à de nombreuses fermes », conclut l’agriculteur qui est aussi secrétaire du syndicat agricole de Corbas-Vénissieux-Feyzin et délégué structure sur le même périmètre