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"Je partage les valeurs de Terra Vitis®"

David Duvernay
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Rencontre avec Anne-Laure Ferroir, la nouvelle directrice de la fédération nationale de Terra Vitis®, qui sera basée dans le Beaujolais, là où est née la démarche en 1998.

"Je partage les valeurs de Terra Vitis®"

Ça bouge au sein des fédérations régionales et nationale de Terra Vitis®. Comme indiqué dans notre édition papier de ce jeudi 1er juillet, Sylvain Paturaux préside désormais la fédération Beaujolais Rhône-Alpes. Le vigneron de Fleurie a pris ses fonctions en avril dernier, succédant à Jean-François Pluvinage. Pendant ce temps, à la fédération nationale, un nouveau duo vient d’être nommé à sa tête. Il est composé du nouveau président Benoit Ab-der-Halden, à la place de Jean-Michel Baudet, et d’une nouvelle directrice, Anne-Laure Ferroir, remplaçante depuis le 3 mai de David Michelis.

Des valeurs partagées

Pour les opérateurs du Beaujolais, ce nom résonne forcément. Depuis 2018, Anne-Laure Ferroir occupait plusieurs postes clés à Inter Beaujolais. 
Ingénieure en énergie de formation, elle entreprend une reconversion en 2015. Passionnée par l’univers viti-vinicole depuis de nombreuses années, elle part plusieurs mois à la rencontre des femmes et des hommes qui font le vin en Amérique du Sud pour son projet « Au tour du vin ». "J’ai rencontré un sommelier, fait les vendanges et suivi les vinifications pour comprendre cette filière. J’ai aussi eu la chance de découvrir des vignerons en reconversion". De retour en France, elle rejoint la School of Wine Business de l’Ecole de Commerce de Dijon où elle obtient un Master Spécialisé en Commerce International des Vins et Spiritueux. Déjà portée par la volonté de promouvoir les pratiques de viticulture durable, elle obtient une mention spéciale du jury pour son mémoire de thèse « Le Vin au Vert : initiatives et alternatives pour une production durable ». "C’est un sujet qui me tenait à cœur. Et je savais qu’en Beaujolais des vignerons sont proches d’une viticulture responsable. Le Beaujolais est le berceau de Terra Vitis®. Et de fil en aiguille, cette chance de rejoindre la fédération nationale s’est présentée. C’est un aboutissement personnel et professionnel. Je partage les valeurs d’une démarche pertinente exigeante et pragmatique, avec un cahier des charges pensé par des vignerons, pour des vignerons. C’est une plus-value."

Nouvelles missions et nouveaux enjeux

Si dans le Beaujolais, la démarche semble quelque peu ronronner, avec une perte d’adhérents en 2021, en France, Terra Vitis enregistre un boom des adhésions (1800 adhérents, soit 45 000 ha), porté notamment par la région Rhône Méditerranée. "Nos enjeux, c’est de donner de la visibilité et de la notoriété à cette certification, auprès des viticulteurs et des acheteurs. Comment ? À travers un nouveau logo, des outils de communication et un site Internet que nous devons maintenant repenser. C’est aussi apporter des informations sur les démarches à suivre pour adhérer à Terra Vitis®. Enfin, il y a un enjeu de protection de la marque qui est reconnue par le ministère de l’Agriculture. Faisons maintenant en sorte que Terra Vitis® soit connu à l’étranger. Un pays comme la Suède s’intéresse à nous d’ailleurs."
Les objectifs sont clairs. Néanmoins, Anne-Laure Ferroir prévient : pas question de mêler communication et commercialisation. "Ce n’est pas notre rôle. La fédération nationale fait de la représentation et coordonne les actions de communication, pour qu’ensuite le commerce puisse se développer. Nos adhérents, en tant que premiers ambassadeurs, portent les valeurs de la démarche. Et ce sont à eux de vendre leurs vins". D’ailleurs, la fédération nationale entend  limiter la participation à des salons professionnels, "les budgets étant trop conséquents", comme le justifie Anne-Laure Ferroir .La présence de Terra Vitis® à des événements se traduira plutôt par la participation à des conférences et/ou des tables rondes.

Cahier des charges, l'exigence incarnée

L’un des missions récurrentes de Terra Vitis®, c’est l’évolution de son cahier des charges. "On est bien dans une démarche continue de progrès. On s’adapte aussi à la réglementation", rappelle Anne-Laure Ferroir. Et les sujets techniques prioritaires ne manquent pas, à commencer par la Responsabilité sociétale des entreprises (RSE), principe fondé sur les trois piliers du développement durable : la viabilité économique, sociale et environnementale. "L’objectif, c’est d’aller plus loin sur ces trois thématiques. L’approche carbone par exemple peut être un axe de travail. Il faut savoir que notre cahier des charges comprend pas moins de 80 exigences. L’idée ne consiste pas à en rajouter et/ou en retirer une, mais de le faire progresser, sans l’alourdir, ni subir des impasses techniques".