Grêle : "'C'est colossal"
Dans la nuit de jeudi 16 à vendredi 17 juillet, un orage de grêle s’est abattu dans le Rhône dévastant sur son passage des hectares de vignes sur le territoire de l’appellation beujolais villages notamment.
Au lendemain de l’orage de grêle qui s’est abattu sur une partie du territoire rhodanien, David Ratignier, vice-président de l’ODG beaujolais – beaujolais villages n’en revient toujours pas. « Nous avons battu le record de surfaces touchées en une nuit. C’est colossal, souffle-t-il. Nous avons vu comme une vague passer au-dessus de la montagne. C’était assez impressionnant à voir, c’était très chaud. » Aux alentours de 21 h, jeudi 17 juillet, la grêle et le vent ont, en effet, déferlé pendant « vingt à trente minutes » sur le vignoble beaujolais et les vergers du département. Le territoire des beaujolais villages a été dévasté. « Plus de d’une douzaine de communes ont été touchées, certaines pour la première fois, d’autres pour la deuxième fois depuis le début de l’été », souligne le viticulteur quelque peu désemparé.
Ainsi, dans le Beaujolais, la grêle s’est abattue sur Vaux-en-Beaujolais, Le Pérréon, Saint-Étienne-des-Oullières, Saint-Étienne-La-Varenne, Odenas, Charentay, Quincié, Marchampt, Lantignié, Régnié, Saint-Joseph, Fleurie, Villié-Morgon et Chirouble. Ailleurs, la grêle a également touché des terres agricoles sur le secteur de Saint-Didier-sous-Riverie, Chabannières… Contrairement aux orages habituels, celui-ci a impressionné le représentant professionnel par sa largeur. « Dans le passé, nous avions des couloirs de grêle de quelques centaines de mètres de large, hier [jeudi 16 juillet], c'était deux à trois kilomètres. A priori, nous sommes davantage sur un phénomène tropical. C’est impressionnant. »
« Entre 50 et 100 % »
La stupéfaction passée, l’heure est au bilan. Selon les toutes premières estimations du président des beaujolais-villages, plus de 2 000 hectares de vignes ont été touchés en un seul bloc et les dégâts s’évaluent « entre 50 et 100 %. Seules les vignes sous filet ont été épargnées ». « Le feuillage est complétement haché. Nous en avions laissé un maximum pour lutter contre la sécheresse et ça marché, soupire David Ratignié. La maturité va être impactée. La vendange va certainement être retardée. » Au-delà de cet épisode chaotique, le représentant professionnel s’inquiète pour l’avenir. « S’il s’agit des orages qui nous devons subir à l’avenir, nous devons fonctionner autrement », explique-t-il. Plusieurs professionnels s’accordent toutefois à reconnaitre une efficacité au système paragrêle mis en place. Plusieurs ont affirmé qu’une grêle « fine » était tombée.
Multirisques
D’autant plus que les orages de grêle ne sont pas les seuls phénomènes climatiques contre lesquels les viticulteurs doivent lutter. « Nous devons faire face à des gels de plus en plus précoces, à des sécheresses récurrentes, à la grêle et au surplus d’eau à l’automne. Nous faisons également face à une baisse de la consommation. Le système administratif français ne nous aide pas beaucoup non plus. Si nous continuons ainsi, c’est certains nous allons perdre des producteurs », conclut David Ratignier.