« Nous sommes prêts et ne lâcherons rien »
Syndicalisme / À l’appel de la FNSEA et de Jeunes agriculteurs, le réseau départemental est mobilisé depuis la nuit du 4 janvier. Des actions symboliques sont menées partout dans le territoire pour dire non au Mercosur, à la baisse du budget de la politique agricole commune, à des interdictions de substances sans alternatives et aux distorsions de concurrence.
« Il faut qu’il [Le Premier ministre, Sébastien Lecornu. NDLR] voit très concrètement ce qu’est la colère agricole sur l’ensemble du territoire. Nous avons appelé nos réseaux départementaux à se mobiliser », affirmait Arnaud Rousseau, le président de la FNSEA sur CNews le 4 janvier alors qu’une rencontre avec le Premier ministre était programmée ce mardi 6 janvier. Un appel entendu par les adhérents de la FDSEA 69 et de Jeunes agriculteurs du Rhône qui se sont mis en ordre de marche dès la nuit du 4 janvier dans le territoire. Des actions qui se sont poursuivies le 5 janvier au soir. « Nos actions sont symboliques pour clamer haut et fort que l’agriculture du Rhône, de France et d’Europe traverse une détresse profonde. Toutes les filières, élevage, viticulture, arboriculture, grandes cultures… sont touchées. Les charges explosent, les prix s’effondrent, les contraintes s’accumulent. Et pendant ce temps, l’État continue d’empiler les règles sans donner de perspectives claires aux agriculteurs. Cette nuit, nous avons décidé de bâcher les radars et d’installer des banderoles le long des routes avec des messages clairs, car nous avons le sentiment d’être flashés en permanence et nous voulons rendre visibles nos alertes chaque jour », déplorait Élise Michallet, la présidente de la FDSEA 69, le 4 janvier lors du bâchage des radars. Le 5 janvier, en fin de journée, des feux de colères étaient allumés à Brussieu et Cailloux-sur-Fontaines.
Mercosur : « Une déflagration »
Pour les responsables syndicaux, « le point de rupture est proche » pointant du doigt la signature « probable » de l’accord commercial avec les pays du Mercosur dans les prochains jours. « La mobilisation du monde agricole européen à Bruxelles le 18 décembre dernier, où nous étions plus de 10 000 à clamer notre colère aux portes du Parlement européen à payer. La signature a été repoussée, mais la menace plane toujours », rappelle Élise Michallet. Arnaud Rousseau sur CNews assimile d’ailleurs cette signature, si elle devait avoir lieu, à une « déflagration pour le monde agricole qui se défend depuis des années sur le sujet. […] Pour nous c’est toujours Non, nous n’accepterons jamais de voir importer en Europe des produits qui ne respectent pas les normes européennes que l’on nous impose pour le bien des consommateurs, la qualité nutritive et alimentaire de nos produits. Encore une fois, nous le comprenons, mais on ne peut nous dire pour vous ce sont les contraintes, les normes, les règles et pour les autres c’est la liberté du marché. »
2026, une année de combat
Alors pour les responsables syndicaux il est certain que « 2026 sera une année de combat ». « Nous sommes prêts et nous ne lâcherons rien, harangue la présidente de la FDSEA 69 qui affirme que les actions pourraient se poursuivre toute la semaine. Nous clamons haut et fort non au Mercosur, non à la surréglementation, non à la baisse du budget de la politique agricole commune (pac), non à l’interdiction de substances sans solutions viables, stop aux distorsions de concurrence… Quand nos fermes sont dans le rouge, nous devons lever le pied et ne pas accélérer et foncer contre ceux qui nourrissent nos concitoyens. » À bon entendeur.
Marie-Cécile Seigle-Buyat