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Le Camp des Milles, dans le silence des briques

Histoire / Entre Aix-en-Provence et Marseille, le Camp des Milles surgit dans sa masse de briques rouges, intacte, brute, saisissante. Ancienne tuilerie devenue camp d’internement puis de déportation, il demeure aujourd’hui le seul grand camp français encore préservé. Un lieu de mémoire bouleversant, mais aussi un outil civique d’une rare force qui ne raconte pas seulement le passé : il interroge notre présent.

Par Rémi Morvan
Le Camp des Milles, dans le silence des briques
RM/IAR
Dehors, la vaste silhouette de l’ancienne tuilerie se dresse sous le ciel provençal. Une architecture industrielle massive, presque austère, qui semble encore porter en elle les traces de ce qu’elle fut.

Avant même de découvrir le site, une impression s’installe. Ici, on ne visite pas un monument comme un autre. Il faut montrer patte blanche pour y pénétrer. Détecteur de métaux, sacs contrôlés, étiquetage obligatoire : ce protocole surprend, déstabilise presque. Il agit pourtant comme une première bascule. Le visiteur comprend qu’il s’apprête à entrer dans un lieu à part, sensible, un lieu où l’Histoire ne se contemple pas à distance.Dehors, la vaste silhouette de l’ancienne tuilerie se dresse sous le ciel provençal. Rien d’ostentatoire. Pas d’effet spectaculaire. Juste cette architecture industrielle massive, presque austère, qui semble encore porter en elle les traces de ce qu’elle fut. Entre 1939 et 1942, des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants y furent internés, avant que plusieurs d’entre eux ne soient déportés vers Auschwitz.Des « briques humaines » dans l’ancienne usine de tuilesLe choc du Camp des Milles tient aussi à cela : son authenticité. Ici, les murs ne reconstituent rien. Ils ont vu. Ils ont contenu. Ils ont enfermé. Dans cette ancienne usine de tuiles, les internés vivaient au milieu de la poussière d’argile, qui imprégnait l’air,...

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