Flavescence dorée : la bataille rang par rang
Viticulture / Dans les vignes du Beaujolais, une menace invisible continue de rôder chaque été : la flavescence dorée. Insidieuse, coûteuse et sans remède curatif, cette maladie réglementée progresse de cep en cep, portée par un insecte discret mais redoutable. À l’issue de la campagne 2025, la filière dresse un constat lucide : la pression reste contenue, mais la vigilance ne peut souffrir aucun relâchement.
La flavescence dorée n’a rien d’une maladie nouvelle. Identifiée en France dans les années 1950, cette jaunisse de la vigne s’est installée durablement dans plusieurs bassins viticoles. En cause : un phytoplasme, organisme microscopique qui circule dans la sève et finit par condamner la plante. Les symptômes sont désormais bien connus : feuilles jaunies ou rougies, rameaux qui n’aoûtent plus, grappes flétries, baisse de vigueur… À terme, le cep dépérit.Mais ce n’est pas la maladie seule qui inquiète, c’est sa capacité de diffusion. Car la flavescence dorée ne se transmet ni par le vent ni par la pluie, mais par un vecteur ultra spécialisé : la cicadelle Scaphoideus titanus. Ce petit insecte, qui ne vit que sur la vigne, hiverne sous forme d’œufs dans l’écorce du bois. Au printemps, les larves émergent, se nourrissent de sève et deviennent infectieuses après avoir piqué un cep contaminé. Tout l’été, elles disséminent ensuite le phytoplasme de pied en pied.Surveillance rangéeC’est pourquoi, chaque fin d’été, le Beaujolais bascule en mode prospection. Rang après rang, cep après cep, des équipes sillonnent les parcelles. Viticulteurs, jeunes installé...
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