Coopératives viticoles : le plan de la dernière chance ?
FILIÈRE / Le Conseil général de l'alimentation, de l'agriculture et des espaces ruraux (CGAAER) a publié le 16 mars son rapport consécutif à sa mission d’appui à la restructuration des caves coopératives viticoles1. L’institution appelle à une transformation profonde du modèle pour assurer sa survie.
C’est un constat sans appel sur la fragilité des 550 caves coopératives françaises que dresse le CGAAER dans son dernier rapport. Il revient notamment sur les crises qui ne cessent de converger dans ce secteur d’activité, à commencer par la déconsommation structurelle en France qui constitue le premier facteur de déstabilisation : de 100 litres par habitant et par an en 1975, la consommation est tombée à 34 litres aujourd'hui, avec une chute marquée des consommateurs réguliers (seulement 11 % en 2022). À cela s'ajoute un recul global des marchés à l'export, particulièrement vers la Chine et les États-Unis, où la France voit sa part de marché s'éroder face à la concurrence espagnole et italienne. Entre 1998 et 2024, la France a vu ses volumes exportés chuter de 22,3 % (environ 3,7 millions d’hectolitres). De plus, les aléas climatiques répétés (gel, sécheresse, grêle) ont réduit les rendements, rendant les outils de production souvent surdimensionnés et augmentant les charges fixes par hectolitre produit. Cette situation globale a conduit à un endettement critique, avec un encours financier global estimé à plus de 250 millions d'euros en 2025. Des bassins comme le Bordelais, l...
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