JAttitude
Le retour à la terre de Samuel Pupier

Zoé Besle
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Tous les mois, retrouvez le portait d’un adhérent aux Jeunes Agriculteurs avec notre chronique « JAttitude ». Réinstallé depuis le 1er septembre 2019 en Gaec avec son associé Mathieu Ponchon, Samuel Pupier, président de canton des JA de Saint Laurent de Chamousset, nous ouvre les portes de son exploitation, basée à la Valletière, sur la commune de Haute Rivoire.

Le retour à la terre de Samuel Pupier
Après six ans passés seul sur l’exploitation de ses parents, Samuel Pupier a travaillé un an et demi en tant que salarié dans une enseigne de jardinerie. Il s’est réinstallé en Gaec à la rentrée 2019.

Il n’aura pas quitté le monde agricole très longtemps. À 30 ans, Samuel Pupier, aujourd’hui basé à Haute Rivoire avec son associé Mathieu Ponchon, a recédé à l’appel de la terre en 2019. Après une première installation seul en 2012 sur l’exploitation de ses parents la Ferme des hirondelles, située à Saint Laurent de Chamousset, Samuel Pupier passe 6 ans à s’occuper d’un petit troupeau d’une vingtaine de vaches laitières. Il décide de tout quitter et travaille en tant que vendeur dans un magasin Gamm Vert. « Au bout d’un an et demi, j'ai décidé de me réinstaller. Le contact avec les animaux me manquait, et puis c’était compliqué pour moi d'avoir un chef et des horaires fixes. Je voulais redevenir mon propre patron, et travailler dehors surtout ! », résume Samuel Pupier. Le 1er septembre 2019, il se réinstalle au GAEC des deux Tilleuls avec Mathieu Ponchon à Haute Rivoire, à 40 km de Lyon. L’exploitation, d’une superficie totale de 86 hectares, a pour activité principale la production de lait : 430 000 litres chaque année, que les deux exploitant vendent à Danone. Le troupeau est composé de 60 vaches, dont une cinquantaine de génisses. L’exploitation est composé de deux sites, un de 50 hectares, un site à 7 kilomètres le d’exploitation principale d’une trentaine d’hectares où se trouvent les génisses.

Une agriculture en recherche d’autonomie

Outre la production laitière, Samuel Pupier et Mathieu Ponchon cultivent l’ensemble de l’alimentation de leurs vaches avec du maïs, des céréales et de l’ensilage d’herbe. Malgré les difficultés liées aux prix du lait, Samuel est heureux d’avoir repris du service « C’est une fierté de pouvoir nourrir notre pays, et aussi d’exercé le métier que j’ai choisi, j’en suis très content ». Sensible aux enjeux environnementaux, les associés du Gaec des deux Tilleuls tendent à une agriculture plus RES tueuse de la nature. Ils ont réalisé un diagnostic avec Danone pour chiffrer leur emprunte carbone « Les résultats étaient bons, mais nous avons pris plusieurs décisions pour l’améliorer ». Pour le jeune agriculteur, il est important de raisonner « par rapport à ce qui pousse, et non par rapport au nombre de vaches que l’on possède ». Pour améliorer la gestion de leur exploitation, lui et son associé ont décidé de moins labourer les parcelles et d’augmenter la proportion de semis directs. Ils essayent également de faire pousser plus de méteil, le mélange nécessitant peu de produits phytosanitaires lors de sa culture « Les sols ne sont jamais laissés nus, et on élève nos génisses un peu plus rapidement pour qu’elles produisent plus de lait au cours de leur vie », complète Samuel Pupier. « Il faut être le plus autonome possible, en respectant la nature et le sol ».

La force d’être à plusieurs                             

Aux agriculteurs de demain, Samuel Pupier conseille l’installation en Gaec plutôt que seuls. « L’investissement lié à l’exploitation est moins élevé, puisque il se fait à deux. Les décisions aussi se prennent à deux et de fait la pression du métier est partagée », constate le jeune agriculteur. Se lancer à plusieurs permet également de dégager du temps libre : malgré l’astreinte quotidienne que nécessitent la production laitière, Samuel Pupier et Mathieu Ponchon peuvent bénéficier d’un week end sur deux de libre et prendre des vacances, l’un pouvant remplacer l’autre. « Je pense qu’il est aussi important de travailler avant de s’installer : c’est une bonne chose d’aller voir ailleurs », constate l’agriculteur « Moi je n’avais pas eu cette chance, et le fait de travailler à l’extérieur m’a permis de mieux voir les bons côtés du métier d’agriculteur ». Pour lui, mieux vaut bien réfléchir son projet avant de se lancer, « prendre son temps ». Et si possible, le réaliser à plusieurs « quand on est tout seul, on a quasiment pas de vacances. Au-delà de ça, le Gaec permet aussi de libérer du temps dans la journée puisque qu’on est deux, et c’est important », conclut Samuel Pupier. 

« Il faut que les consommateurs sachent que nous travaillons bien : on produit de manière responsable, nos vache pâturent quasiment toute l’année à l’exception de l’hiver, mangent de la bonne herbe et produisent du lait de qualité, on fait attention au bien-être animal. Alors faites-nous confiance ! »